Le courrier de la DGCCRF, adressé au Président du CNIEL, a
fait l’effet d’une bombe au sein de la filière.
Alors
que le Président de la République et le Ministre de l’Agriculture, dans leurs
différents discours, mettent en avant la nécessité de plus d’organisation de
filière, et au moment où la France défend à Bruxelles un mémorandum sur le même
sujet, alors qu’aux Pays Bas, Friesland et Campina qui contrôlent 80% du marché
hollandais du lait annoncent leur fusion, on interdit à l’Interprofession
française d’organiser l’économie laitière.
Les
recommandations d’évolution du prix du lait ont été instaurées avec l’aide des
Pouvoirs Publics en 1997. Depuis lors, elles ont sans cesse été encouragées par
cette même puissance publique ; elles ont permis d’établir une certaine
forme de sérénité au sein de la filière, malgré les difficultés de tous ordres,
en rééquilibrant les rapports de force dans une production où le lait doit coute
que coute, quitter les exploitations tous les 2 ou 3
jours.
Le
consommateur, lui non plus n’a pas eu à s’en plaindre, puisque l’évolution du
prix au consommateur, ces derniers mois en France, a été bien plus raisonnable
que chez tous nos voisins européens.
Alors
que cherche-t-on ? Que veut-on ?
Il
est de notre responsabilité de tenir compte de ce courrier et c’est pourquoi le
CNIEL cesse, sans délai, l’émission des recommandations.
Il
est aussi de notre responsabilité d’imaginer, dans la plus grande transparence
et en parfaite légalité, comme nous l’avons toujours fait, de nouveaux
indicateurs permettant au CNIEL de jouer son rôle d’organisateur de l’économie
laitière. C’est indispensable pour maintenir la confiance et la stabilité dont a
besoin une filière structurée ; c’est indispensable aussi pour assurer aux
consommateurs des produits laitiers tracés, de qualité, en quantité, et à des
prix raisonnables.
Mais
il est de la responsabilité des Pouvoirs Publics de tracer clairement la voie
sur laquelle ils souhaitent que nous poursuivions notre chemin.
Le
secteur laitier réclame stabilité, équilibre et prévisibilité.
C’est uniquement sur ces principes que nous saurons
répondre aux grands enjeux de demain.
Henri Brichart
Président de la
FNPL