Edito mars 2008
: Pouvoir vivre et
pouvoir d'achat
Il
fallait s’y attendre, la question du pouvoir d’achat des français étant au
centre des débats politiques, les médias se sont emparés du sujet pour dénoncer
la hausse des prix des produits alimentaires en ce début 2008. A la clef des
investigations journalistiques : « la hausse est sûrement due à
l’augmentation du coût des matières premières, mais pas seulement. A qui profite
le crime ? ».
Les
éleveurs que nous sommes, ne souhaitent pas rentrer dans cette polémique. Nous
avons souvent dénoncé l’opacité des négociations commerciales entre la grande
distribution et ses fournisseurs.
L’évolution
du prix du lait est certainement la seule donnée réellement transparente dans
tous ces débats. On peut d’ailleurs regretter que lors des baisses systématiques
de la période 2003-2006, les médias n’aient pas eu autant d’intérêt pour nos
difficultés.
Une
chose est sûre : les produits laitiers sont faits avec du lait. Une hausse
du prix du lait entraine donc nécessairement des hausses sur les produits
finis.
Il
est cependant dommageable que la mise en exergue de la hausse de certains
produits laitiers cache la réalité. Selon l’Insee, les prix des produits
laitiers ont augmenté de 6,5% entre novembre 2007 et janvier 2008. On est loin
des chiffres annoncés sur la même période par certains médias. Le consommateur
retiendra plutôt le +40% du produit X, ce qui peut se traduire par de la
défiance et une baisse de l’acte d’achat.
Ce
n’est pourtant pas le moment. La hausse du prix du lait a redonné confiance aux
éleveurs français et la collecte repart significativement à la hausse dans une
période déjà structurellement excédentaire du fait de la saisonnalité de la
production laitière.
A
la veille de notre Assemblée Générale, qui se tiendra les 19 et 20 mars prochain
à St Etienne, on ne peut que se réjouir que les producteurs de lait aient à la
fois du volume et des prix. Il faut cependant avoir toujours en tête que le
marché n’est qu’un équilibre instable entre l’offre et la demande. Si nous
voulons garder des prix suffisamment rémunérateurs, il faudra aussi gérer au
mieux l’offre de lait que nous mettrons sur le marché, quelles que soient les
décisions que prendront nos politiques.