Edito février 2008
: Vous avez dit concertation ?
Le
séminaire laitier qui a eu lieu le 11 janvier dernier à Bruxelles sous l’égide de la Commission est riche
d’enseignements.
Il
a d’abord permis de dévoiler un peu plus les intentions de Madame Fischer Boel
en matière de prolongement de la réforme de Luxembourg dans le secteur
laitier.
Il
a aussi été l’occasion d’entendre les différentes organisations professionnelles
et de montrer qu’elles n’épousaient pas l’intégralité des orientations de la
PAC, que ce soit dans le monde de la production, de la transformation ou du
commerce. De même pour les
représentants du parlement européen.
Il
a enfin donné une vision plus claire des marges de discussion qu’entend laisser
la Commission dans le cadre du bulletin de santé. Et le moins que l’on puisse
dire est qu’elles semblent très étroites, malgré une volonté en trompe l’œil de
concertation.
On
a, en effet l’impression que la messe est dite.
Sur
la suppression du régime des quotas en 2015, le débat semble s’orienter sur la
seule option du pourcentage de hausses annuelles entre 2009 et 2015. 1 ou 2 %,
telle est la question.
Pour
la gestion des marchés, les restitutions et les aides à l’écoulement intérieur
sont déjà supprimées dans la tête de nos interlocuteurs. Quant à l’intervention,
la barre est placée très haut puisqu’il pourrait s’agir de sa suppression pure
et simple pour le beurre. De même il faudra batailler ferme pour maintenir une
aide permanente au stockage privé, qui est pourtant la base d’un système de
régulation saisonnière.
Stratégie
bien huilée, la Commission laisse quelques ouvertures qui peuvent permettre à
chaque chef de gouvernement de revenir avec un acquis arraché dans le
« round final »…
Le
débat sera également très sérieux sur les propositions plus horizontales, où
modulation, régime des aides directes, et second pilier, demanderont des
arbitrages extrêmement difficiles.
Si
les choses que l’on craint arrivent souvent plus vite que celles que l’on
espère, nous restons persuadés que notre avenir se jouera d’abord sur ce que
nous aurons la volonté de faire ensemble.
Ce
sera notre responsabilité de défendre un modèle économique et social face à une trajectoire du
« tout libéral ».
Henri
Brichart
Président
de
la FNPL