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    Edito / 2007
 
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  Edito septembre 2007 :   ALEA JACTA EST 

 

« Le sort en est jeté ?», l’Europe a décidé de rendre inopérantes l’ensemble des mesures de régulation des marchés. On va même jusqu’à découpler les aides pour permettre aux agriculteurs de « choisir librement » leurs productions en fonction de l’évolution des marchés. Le paquebot de la filière laitière se retrouve ainsi sans gouvernail. Pendant trois ans les éleveurs ont subi des baisses de prix liées à ce fantasme du « tout libéral ». 

Et puis, tout à coup, renversement de tendance. Le marché se reprend, puis se tend à tout rompre. On accuse maintenant le prix des matières premières de flamber et de réduire le pouvoir d’achat. Et pour aller au bout de la logique, et ainsi éviter toute remise en cause des analyses passées, on accuse les quotas d’être à l’origine du phénomène.

Pourtant, ils ont été augmentés ! Alors pourquoi la production laitière européenne a diminué ? 

Ne pouvions-nous pas imaginer qu’à force de trop baisser les prix, certains éleveurs se détourneraient du lait, ou, a minima, chercheraient à réduire leurs coûts, quitte à ne pas faire tout leur quota ?

Aujourd’hui, la production laitière peine à faire face à une demande en croissance, le prix repart à la hausse depuis quelques mois, et il semble que ce ne soit pas fini. Tant mieux pour les agriculteurs. Souhaitons qu’il ne s’agisse pas que d’une flambée de petit bois et que les prix agricoles vont, à terme, se recaler sur leur vraie valeur. Mais on peut également imaginer qu’aussi haute est l’envolée, aussi forte peut être la chute. Une situation, que ne peut pas absorber une production aussi lourde en investissements, et aussi faible en revenu. Alors, l’Europe doit tirer la leçon de tout cela : le secteur laitier a besoin de stabilité, les grands pays libéraux dans le monde l’ont bien compris. Retrouvons les instruments de régulation qui permettront un bénéfice aux éleveurs, comme aux transformateurs et aux consommateurs.

Nous croyons encore que le sort n’est pas jeté et que le bon sens peut l’emporter.

 

Henri Brichart
Président de la FNPL

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