Edito mai 2007 :  c'est le bon moment !

C’est paradoxal : alors que l’embellie sur un certain nombre de marchés de produits laitiers devrait nous inciter à l’optimisme, ne faut-il pas craindre une mauvaise année 2007 pour l’avenir des producteurs de lait ?

Nous savons tous que la filière laitière française doit continuer sa mutation pour se préparer à demain, or force est de constater que bien vite quand les choses vont mieux, l’immobilisme reprend le dessus.

Alors, bougeons.

La FNPL a toujours mis en avant l’équilibre de la production pour un équilibre des marchés ; alors n’ayons pas peur de donner un peu d’air aux producteurs si les conditions sont réunies. De même, poursuivons l’adaptation de notre système de gestion des quotas.

Alors, bougeons.

La France a un vrai problème de péréquation : péréquation du niveau des producteurs car nous ne savons pas gérer des différences de prix importantes et que cela ne peut qu’entraîner le prix de tout le monde vers le bas ; péréquation au niveau des entreprises pour avoir une vraie capacité d’orientation des fabrications et une vraie capacité de négociation avec la grande distribution.

Alors, bougeons.

Les transformateurs nous ont toujours dit qu’il n’est pas de période plus favorable pour passer des hausses que quand le prix du lait augmente ; la problématique du pouvoir d’achat ne doit sûrement pas se répercuter en bout de chaîne.

Alors, bougeons.

Sachons faire comprendre à la Commission Européenne que l’embellie de certains marchés ne doit rien à la réforme de Luxembourg et qu’il serait suicidaire de se baser sur cette période pour croire qu’il n’y aura plus de problème et sacrifier toute future politique laitière européenne.

Alors, bougeons.

Toute avance vers la libéralisation des marchés nécessite de donner aux producteurs des capacités à mieux s’organiser ; les pouvoirs publics doivent comprendre que la sacrosainte politique de la concurrence a ses limites.

Alors, bougeons.

Les producteurs de lait ont dû faire beaucoup de sacrifices ces dernières années et ils ne comprendraient pas qu’une meilleure situation des marchés ne se répercute pas rapidement et sensiblement sur le prix du lait.

Ne nous endormons pas, prenons notre avenir en main, soyons convaincants et faisons mentir le vieil adage qui dit « seule la nécessité fait loi ».

Henri Brichart
Président de la FNPL