Edito février
2007 : Satisfaction et encouragement
Les
élections aux Chambres d’Agriculture constituent un rendez-vous important dans
le monde agricole. En mesurant la représentativité des différents syndicats,
elles renforcent ou non notre capacité de défense de la profession. Si la France
est une des plus grandes nations agricoles, c’est bien parce que les paysans de
ce pays ont su, depuis des décennies, prendre collectivement leur destinée en
main au travers du syndicalisme que nous représentons. Malgré les difficultés du moment, les
résultats sont sans ambiguïté. Par leur large participation et leur choix, les
agriculteurs français nous ont conforté dans notre
stratégie de responsabilité et de solidarité. C’est important car les défis qui
sont devant nous nécessiteront plus que jamais une représentation forte et
unitaire. Alors même que la réforme de 2003 vient à peine de s’achever, il est
déjà question d’en modifier les règles du jeu.
Nous
devons affirmer haut et fort que l’agriculture et la production laitière européenne n’auront d’avenir qu’avec une
vraie politique agricole basée sur des organisations de marchés
solides.
Dans
certains autres pays de l’UE, les discours vont bon train pour achever le plus
vite possible le processus de libéralisation engagé en 2003 dans le secteur
laitier. En prônant ces réformes, on oublie trop rapidement les fondamentaux qui ont prévalu à la
mise en place de la PAC. Nous voulons promouvoir un modèle laitier européen
basé, bien sûr, sur l’économie, mais aussi sur la dynamisation de l’espace
rural, sur l’aménagement du territoire et sur la mise en valeur de nos terroirs.
C’est d’ailleurs ce que nous allons marteler au cours des prochains mois
en
commençant par une journée parlementaire au Sénat le 8
mars.
Nous
voulons aussi réaffirmer que le maintien d’un tissu laitier dans toutes nos
régions ne pourra se faire sans revenu pour les producteurs, dont l’essentiel
doit rester constitué par le prix du lait. Ce début d’année 2007 a montré que la
baisse n’était pas inéluctable et le moral des éleveurs en avait bien besoin. Là
aussi, c’est bien sûr le résultat d’une amélioration des marchés, mais c’est
aussi grâce à notre volonté d’équilibre de l’offre et de la demande et à celle
de négocier des accords interprofessionnels indispensables à la vie de notre
filière.
Les
producteurs de lait, par leur vote, nous ont montré que notre politique était la
leur. C’est pour nous une satisfaction, mais aussi et surtout un encouragement à
continuer à nous battre pour assurer leur avenir.