Accès au marché
A côté du dossier des restitutions, celui de l'accès
au marché est l'autre priorité des représentants de la filière
laitière.
A Hong Kong,
les " avancées " de l'accord cadre de l'été 2004 ont été à peine
précisées : on sait désormais que les droits de douane sur les produits
agricoles seront classés en quatre " bandes " (catégories) selon
le niveau des droits et que la baisse des droits sera d'autant plus forte
que ceux-ci se situent dans une tranche élevée.
L'UE avait,
avant même la Conférence ministérielle de Hong Kong, fin octobre 2005,
déposé des propositions (sur les seuils des bandes et les réductions à
appliquer) à la limite du supportable dans le cadre de la PAC 2003. C'est ainsi
que l'offre communautaire portait notamment sur une réduction de 60% des droits
les plus élevés.
Les produits
laitiers et particulièrement le beurre et les matières grasses butyriques se
classant dans les bandes les plus hautes, aller plus loin dans les concessions
sur ces paramètres nous créerait de graves difficultés sur l'accès aux marchés.
Le risque est grand de voir nos marchés déstabilisés par des importations
massives à bas prix et l'UE " contrainte " de procéder à une nouvelle
réforme de la PAC avec de nouvelles baisses de prix.
L'OMC a certes
prévu la possibilité de définir un certain nombre de lignes de
" produits sensibles " soumis à une moindre réduction tarifaire
moyennant l'augmentation des contingents d'importation à droit réduit ou
nul.
Le problème
est que les différents paramètres (nouveaux tarifs, calcul des contingents...)
ne sont pas connus et qu'il est difficile de trancher entre les deux maux
possibles : des droits de douanes fortement abaissés avec un risque
d'importations quand les cours mondiaux sont bas ou des contingents
d'importation à droit réduit ou nul dont on est presque sûr qu'ils seront
remplis chaque année.