De Doha
à Hong Kong
La conférence ministérielle de Hong Kong a été une étape dans ce
qu'il est convenu d'appeler le cycle du développement ou cycle de Doha. Celui-ci
a été lancé en 2001 et est directement la conséquence de l'accord de Marrakech
signé en 1994. Dans ce dernier figure, en effet, un article 20 qui prévoit la
poursuite ininterrompue du mouvement de libéralisation du commerce mondial.
Hong Kong s'est
naturellement positionné comme une étape cruciale de l'histoire de l'OMC après
l'échec de la conférence ministérielle de Cancun à l'automne 2003. Nouvelle
Commission Européenne, Fast-Track* américain valide jusqu'à fin 2006, nouveau
directeur général, affirmation du leadership brésilien sur les pays en
développement, mise sur la table du dossier coton, sensibilisation à la cause
des pays les moins avancés ... beaucoup d'éléments étaient réunis pour faire
avancer l'énorme machine OMC. A contrario, un échec à Hong Kong aurait porté un
coup très dur au multilatéralisme.
Dans ces conditions,
l'Europe est arrivée à Hong Kong dans une position peu confortable : à
l'été 2004, un texte cadre avait été adopté prévoyant d'ores et déjà
l'élimination des restitutions et, fait aggravant, le commissaire européen au
commerce, M. Mandelson, avait fait une proposition d'entrée très
" ambitieuse " le 28 octobre dernier.
*pouvoir de négociation accordé par le
Congrès au Président des Etats Unis jusqu'en 2007