Des producteurs organisés
(suite)
A cette époque, des producteurs ne disposant pas
individuellement d’une quantité de lait suffisante pour produire des meules de
fromage se sont réunis pour la fabrication en commun. Le système s’est développé
au cours des siècles pour la production de gruyère dans la région.
Ce sont les lois
françaises de la fin du 19ème siècle autorisant les syndicats et les
associations qui ont été à l’origine de l’important mouvement syndical et
coopératif agricole du 20ème siècle. Ainsi de nombreuses coopératives se sont
rapidement créées, notamment en Poitou-Charentes, dansla Région Parisienne, le Lyonnais, l’Alsace et
l’Ouest de la France. Parallèlement se formaient des groupements et des
syndicats de producteurs afin notamment de négocier un meilleur prix du lait.
L’idée d’un regroupement national fédérant ces structures locales a vu le jour
en 1920 avec la création de la CGL (Confédération Générale des producteurs de
Lait).
Dans les années 1930,
les 4/5 de la production laitière provenaient d’étables de moins de 5 vaches.
1/3 de cette production était collecté, 1/3 était autoconsommé et 1/3 était
vendu directement sous diverses formes. Déjà à cette époque, les principaux
dossiers suivis par la CGL étaient à la fois d’ordre économique, réglementaire
et technique (tel que la mise en place de la prophylaxie de la tuberculose
bovin).
Après la deuxième
guerre mondiale, s’est créée la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de
Lait) qui reste encore aujourd’hui le seul syndicat représentatif spécialisé
dans la défense des intérêts des éleveurs producteurs de lait, affilié au
syndicat agricole généraliste qu’est la FNSEA (Fédération Nationale des
Syndicats d’Exploitants Agricole).
Dès le départ la FNPL
centre l’essentiel de son activité sur la défense du revenu et des
prix.
A partir des années
1950, la FNPL s’oriente également vers des actions techniques en créant l’Union
des coopératives d’élevage et d’Insémination Artificielle et en se dotant d’un
important service technique à l’origine de l’Institut Technique de l’Elevage
Bovin (ITEB) devenu aujourd’hui l’Institut Technique de
l’Elevage.
C’est aussi dans les
années 1950 que la FNPL prône la nécessité d’un outil de régulation du marché
par le stockage, d’où la mise en place d’INTERLAIT avant l’entrée dans l’ère
européenne. Les instruments européens et nationaux de régulation et
d’orientation des marchés ont été ensuite repris par l’ONILAIT, l’Office du
Lait, regroupé aujourd’hui dans le cadre de l’Office de l’Elevage avec les
autres secteurs animaux, sous tutelle du ministère de l’Agriculture et du
ministère du Budget.