Instaurés
en 1984 par deux règlements du Conseil, ce dispositif réglementaire avait pour
but de limiter le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du lait
et des produits laitiers.
Il faut
se rappeler qu’à l’époque, le coût financier pour le FEOGA du secteur laitier
représentait près de 30 % de son budget. Aujourd’hui, le coût financier des
lignes budgétaires « lait et produits laitiers » n’est plus que
d’environ 2 ,5 % du budget communautaire (hors aide directe laitière intégrée
dans les DPU).
Simple
dans son principe (chaque producteur dispose d’un quota, qui, en cas de
dépassement, conduit au versement d’un prélèvement au profit du budget
européen), la mécanique des quotas laitiers est d’une singulière complexité
juridique.
Alors
même que ce régime de contingentement de la production ne devait être mis en
place que pour cinq ans, il a été régulièrement reconduit depuis
1984.
Pour
autant, ce dispositif est aujourd’hui vivement remis en cause à la fois par
la
Commissaire en charge de l’agriculture et du développement
rural, Mariann FISCHER BOEL et par certains états membres, tels que le Danemark
(3,23 % du quota européen), les Pays-Bas (8,03 % du quota européen), le
Royaume-Uni (10,60 % du quota européen), ou encore la Suède (2,40 % du quota
européen).
Conformément aux termes du compromis de Luxembourg, qui avait
prévu la rédaction en 2007 d’un rapport sur les quotas dans le cadre du bilan de
santé de la réforme de 2003, les discussions sur leur avenir ont commencé depuis
plus de un an à tous les niveaux, notamment au COPA/COGECA, sans qu’un consensus
ne puisse, à ce stade, se dégager sur une position commune concernant leur
devenir.
Comme
indiqué précédemment, le régime des quotas repose sur un principe de
contingentement de la production laitière, qui conduit en cas de dépassement de
son quota, à « pénaliser » de manière dissuasive le producteur en lui
demandant de reverser une somme d’un montant supérieur au prix du lait (0,2854 €
pour la campagne laitière 2006/2007, et 0,2783 € au kg de lait pour les
campagnes laitières 2007/2008 et au-delà).
Ce
prélèvement dissuasif a permis à la fois de maîtriser le niveau de la production
laitière européenne (qui a été volontairement réduite de 8 % lors des premières
années d’instauration du régime des quotas), tout en limitant la dépense
budgétaire communautaire.
Ce régime de contingentement de la production n’a pas empêché la
restructuration en douceur du secteur laitier, puisque ces 20 dernières années
ont vu un accroissement régulier du quota moyen des producteurs laitiers
français, ainsi que l’apparition de groupe industriels leaders au niveau
mondial.
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