Le président de la République Nicolas
Sarkozy a évoqué une possibilité prochaine pour les
agriculteurs de lisser leurs cotisations de MSA afin de mieux répartir leurs
charges, en fonction de leurs aléas de revenus (voir notre précédente édition).
La Mutualité sociale agricole précise le fonctionnement de ce projet.
Les cotisations de MSA seraient
déduites du revenu imposable pour les agriculteurs qui sont dans le régime
annuel, ceux dont les cotisations sont assises sur l’année n-1, c’est-à dire sur
les revenus de l’année précédente. Ce régime n’est pas le plus fréquent parmi
les producteurs. Il correspond à 14 % d’entre eux, soit 10 000 personnes
environ, et 19% de l’assiette totale des cotisations de MSA.
Le principe du mécanisme proposé par
le président de République consisterait en un système de provisions effectuées
les années favorables en anticipation des années moins favorables.
Dans le système actuel, comme les
cotisations sont sur l’année n-1 (sur les revenus de l’année précédente), le
risque est que l’agriculteur ait à payer pendant la même année, l’année n, à la
fois des cotisations élevées, correspondant à l’année précédente favorable, et à
faire face à une situation économique difficile (des récoltes déficitaires ou
des chutes de cours). L’objectif est d’éviter ce scénario.
Provision : pas plus de 50%
Le fonctionnement du système proposé
est simple : il s’agirait d’étaler les charges en constituant une provision
pendant l’année favorable. Dès que l’agriculteur sait qu’il aura une année de
revenu supérieur à ses moyennes, il constituera une provision pour l’année
suivante, qui a des chances d’être moins bonne.
Le dispositif prévoit que la provision
ne pourra pas dépasser 50% du montant de la cotisation MSA.
Le système des provisions établies en
années de vaches grasses est déjà pratiqué par des exploitants, mais à titre
individuel. Il existe dans tous les domaines de l’économie, pour éviter d’avoir
à supporter une sur-fiscalisation l’année n+1 en même temps qu’un reflux du
revenu. Le dispositif prévu consisterait à institutionnaliser ce système de
provisions comptables, encouragé par la fiscalité, commente-t-on à
la MSA. Il ne
coûterait rien à l’État.