Paille : l’opération tire à sa fin
Pour la paille, l’heure du bilan approche, et le conseil d’administration a pu donner un pré-bilan de l’opération.
Le département de la Somme a donc mobilisé près de 23 000 tonnes de paille. 15% de cette paille ont pris l’eau sur les dessus de meules et a été redirigé vers d’autres usages (compost, champignons). 60% de cette paille ont été expédiés vers les éleveurs en difficulté, en premier lieu dans notre département, mais aussi aux éleveurs de Seine-Maritime, de l’Orne, du Morbihan, du Cantal, de l’Aveyron et de la Côte d’Or.
Le solde a donc trouvé une destination autre. L’opération a ainsi permis de garantir aux départements acheteurs un prix conforme aux engagements, et ce malgré la partie détériorée qui a été enlevée du circuit. Dès lors, les règlements des agriculteurs offreurs peuvent démarrer, et les premiers chèques arriveront dans les prochains jours dans les exploitations.
PAC : le verdissement accueilli avec méfiance
L’essentiel du conseil de la Fdsea a porté sur les premières annonces de la Commission européenne concernant la réforme de la PAC. Les responsables des sections économiques, notamment Dominique Fievez, soulignent le désengagement aveugle des politiques de gestion des marchés. "Nous ne pouvons pas accepter une disparition des quotas sucre aussi rapide que ce que propose la Commission et nous ne sommes pas les seuls.
Toute l’Europe betteravière est mobilisée et au dernier conseil des ministres européens, plusieurs voix se sont exprimées contre cette proposition, ce qui nous renforce dans l’action de la CGB". Le verdissement est accueilli avec méfiance. Le maintien des prairies permanentes est une mesure existante, certes, mais paralysante. La rotation des cultures ne pose pas de problème majeur, sauf dans le système d’élevage sur des surfaces poussant à la monoculture du maïs.
Ensuite, les 7% de surfaces environnementales nécessitent d’être clarifiées. Si seules les surfaces "sanctuarisées" sont retenues, alors ce sera une jachère imposée. Si des éléments linéaires comme des haies peuvent être retenus, alors se pose la question de la correspondance entre longueur et surface, car on voit bien que, avec les coefficients actuels, le seuil de 5% de SET n’est pas facile à atteindre partout.
Enfin, et c’est le sujet de toutes les craintes, le pas de temps de convergence des aides fait réagir les administrateurs de la Fdsea (voir ci dessous).
Pousser la contractualisation
Si la PAC ne résoudra pas la volatilité, il faudra trouver d’autres systèmes palliatifs. C’est bien l’équation que propose de résoudre la contractualisation inter-filière engagée cet été et qui peine à décoller. "A l’heure actuelle, qu’on soit vendeur ou acheteur de grains, la référence, c’est le Matif. Chacun paie des options pour se protéger des fluctuations. Ces options coûtent cher. Si l’on s’engage, l’un acheteur et l’autre vendeur, avec des règles claires, on fait au moins l’économie de ces options, et chacun y gagne, du céréalier à l’éleveur", a résumé Laurent Degenne.
Le conseil de la Fdsea souhaite donc prolonger cette réflexion et l’amener à une phase opérationnelle. En ce sens, les travaux ont été engagés avec plusieurs acteurs au sein du département.
Cotisation 2012 : montant fixé
Enfin, le conseil d’administration a fixé le montant de la cotisation 2012 à 3,75 €/ha, soit une évolution parallèle à l’inflation.
Derrière cette cotisation, de nouvelles compétences étoffent les missions de la Fdsea, telles que le droit commercial et l’analyse des contrats, et en 2012 un accompagnement plus poussé dans le domaine réglementaire.
|
Un programme politique chargé pour novembre
La Fdsea devrait vivre deux temps forts au cours de ce mois de novembre. Le premier réside dans une rencontre avec les parlementaires de la Somme pour échanger sur les problématiques foncières au sein du département. Autour de ce sujet, d’autres éléments seront développés, comme le coût du travail et la mise en oeuvre des mesures d’allègement, la convergence des retraites agricoles avec le régime général, l’installation des jeunes agriculteurs, et, sans doute, le projet de réforme de la PAC. Cette rencontre sera traitée la semaine prochaine. Autre temps fort, les présidents de la Fnsea, des Jeunes Agriculteurs, de l’Apca et de Coop de France doivent se rendre dans notre département pour finaliser l’engagement possible de l’agriculture en matière de biodiversité, sans pour autant renier l’obligation de productivité. Une rencontre qui permettra de mettre en lumière les apports bénéfiques de l’agriculture, mais aussi l’incohérence et l’improductivité de certaines réglementations qui s’enchaînent.
|
|
Laurent Degenne, président de la Fdsea
«On ne peut toucher aux DPU que si on nous donne les moyens de renforçer la rentabilité de nos outils d’exploitation»
Concernant la PAC, il ne faut pas griller les étapes. La première étape est de préserver un budget européen consistant, puis au sein de ce budget la part allouée à la France. Cette partie il revient à la Fnsea de la piloter et nous devons tous être derrière. Ensuite, se posera la question des filières. On sait que le postulat de base sera la convergence au sein de l’Etat. La marche est dangereuse. Faire sauter une trop haute marche aux systèmes ayant des DPU élevés revient à sanctionner les politiques de valeur ajoutée. C’est un non sens absolu. Je ne crois pas qu’on pourra recoupler toutes les productions, mais ce projet de PAC permet de maintenir le renforcement de la rentabilité de nos fermes. Et là, le projet peut avoir du sens. Si par une politique cohérente de renforcement de la compétitivité, de soutien à l’investissement dans toutes les filières, on peut, avec une partie des budgets, rendre nos fermes plus performantes, alors, et seulement alors, on peut discuter sur la convergence des DPU. L’argent, bien placé, peut libérer des énergies inexploitées. Nos fermes, notre secteur d’activité et notre pays ont une vraie balle à jouer.
|