Cette mission consiste à prélever des cotisations
et à servir des prestations. A la MSA de la Somme, le montant des cotisations
s'est élevé l'an dernier à 103, 6 millions d'euros et celui des prestations à
265,8 millions d'euros. "Autrement dit, pour 39 euros de cotisé,
l'assuré touche 100 euros de prestations", a illustré Xavier
Haboury, directeur de la caisse départementale. Ce déséquilibre structurel doit
être compensé au niveau national par l'Etat, via le Fipsa (Fonds de financement
de la protection sociale agricole) qui a remplacé le Bapsa à partir de 2004. Le
problème est que l'Etat n'a pas tenu ses engagements, si bien que le régime
agricole se trouve aujourd'hui face à un déficit qui risque d'atteindre 4,8
milliards d'euros à la fin de l'année. "Nous avons une population plus âgée
que dans les autres régimes, un actif pour trois retraités, il est normal que
l'on fasse jouer la solidarité nationale", a plaidé Michel Morel, président
de la MSA de la Somme. "Le Fipsa doit être équilibré, sinon ce serait une façon
sournoise de remettre en cause le régime agricole. Un régime dont la légitimité
a pourtant été confortée par la forte participation aux dernières élections".
Les retraites : les deux tiers des
prestations
Ce déséquilibre
démographique se retrouve bien entendu dans la répartition des prestations. Sur
les 265,8 millions d'euros versés par la caisse de la Somme, 67% sont allés au
paiement des retraites. Les dépenses de santé représentent 27,5% des
prestations. L'an dernier, chaque assuré social agricole a reçu en moyenne 1 396
euros de remboursement des frais de soins et une consultation chez le médecin a
généré au total plus de 140 euros de dépenses, une somme en augmentation de 36%
sur cinq ans. Xavier Haboury a souligné à ce propos les actions menées par la
MSA en faveur de la maîtrise des dépenses de santé et qui ont quelque peu
anticipé sur la réforme de l'assurance maladie qui promeut l'organisation du
parcours de soin. C'est notamment le cas du réseau gérontologique fonctionnant
sur les cantons de Saint-Valéry et Friville-Escarbotin, l'un des dix-sept mis en
place en France par la MSA. Une enquête a montré que les malades y sont moins
hospitalisé qu'ailleurs et que le coût mensuel de leurs dépenses de santé est
inférieur de près de 23% à
celui des autres patients.
Les prestations familiales
représentent la portion congrue. Leur montant (près de 14 millions d'euros) a
pour la première fois cessé de diminuer depuis de nombreuses années. "On
peut voir dans cette évolution favorable la volonté du conseil d'administration
de la caisse de prendre des mesures concrètes pour que la MSA de la
Somme offre à ses ressortissants les mêmes prestations que
la CAF", a commenté Xavier Haboury.
Forte hausse des prestations d'action sanitaire
et sociale
Cette volonté d'atteindre la parité avec les autres
catégories de la population, en matière d'accès aux crèches et halte garderies
par exemple, se manifeste également dans l'action sanitaire et sociale menée par
la caisse. Dans ce cadre "extra légal", les assurés sociaux agricoles ont
bénéficié de 1,75 million d'euros de prestations, une somme en hausse de 33% par
rapport à l'année précédente. Le plan d'action sanitaire et sociale lancé en
2000 a permis de faire un gros effort en faveur des familles et des jeunes. Les
actions contre la précarité et en faveur personnes âgées n'ont pas été négligées
pour autant.
Le 2 juillet prochain sera posée la première pierre de la Marpa
de Bernaville, la cinquième du département. Ce plan arrivant à sa fin, la MSA de
la Somme réfléchit d'ores et déjà aux orientations à donner au plan suivant qui
se déroulera jusqu'en 2010.
Un autre dossier qu'il va falloir mener à bien,
c'est celui du rapprochement des trois caisses picardes. Après diverses
péripéties, un projet de constitution d'une fédération des MSA picarde est en
cours d'élaboration. Selon Michel Morel, cette fédération devrait être
constituée à la fin de l'année. Un pas important serait ainsi franchi vers la
création d'une caisse de MSA régionale.
Gérald Le Page
Alain Mariage, directeur de l'Urcam (Union
régionale des caisses d'assurance maladie) est intervenu lors de cette assemblée
sur la mise en œuvre de la réforme de l'assurance maladie.
Michel Morel, officier du
Mérite agricole
"Une
discrétion, une modestie qui cache bien la profondeur des sentiments qui
l'animent, un militant fidèle en conviction comme en amitié, une efficacité
tranquille, un jugement sûr, un autorité naturelle qui lui permettent
d'atteindre ses objectifs..., parmi lesquels l'unité de la MSA de la Somme,
l'exemplarité de la procédure des agriculteurs en difficulté, la réussite des
dernières élections...",
c'est en ces termes que Marcel
Deneux, sénateur de la Somme, a présenté Michel Morel avant de lui remettre
les insignes d'officier de l'ordre du Mérite Agricole à l'issue de
l'assemblée générale de la MSA de la Somme. Une distinction qui vient honorer une longue
carrière au service de la Mutualité sociale agricole.
Agriculteur à Bussy-les-Poix, Michel
Morel a été délégué communal en 1968, cantonal en 1971, administrateur en
1977 de la caisse départementale qu'il préside depuis 1988. Il est également
vice-président de la caisse nationale pour le premier collège et siège au Fipsa
(Fonds de financement de la protection sociale agricole). Il est par ailleurs
membre du Conseil économique et social régional.
"C'est la MSA qui est aussi honorée
aujourd'hui car les responsables des organisations agricoles sont portés par une
équipe",
a répondu Michel Morel.
Il a
attribué son engagement de responsable à sa curiosité naturelle, mais aussi à la
chance d'avoir rencontré des hommes qui l'avaient aidé à sortir de son
exploitation. "
Je suis très
soucieux de porter notre culture paysanne, nous avons un message
à faire passer à la
société", a-t-il affirmé. Le social a toujours été pour lui
quelque chose d'important. "La profession agricole n'est pas très portée sur
ce sujet, pourtant c'est une nécessité, il nous faut conquérir la parité avec
les autres secteurs socio-professionnels".
Michel Morel a tenu à associer son épouse Noëlle
à son action, soulignant à cet égard l'importance de la famille :
"il n'est pas pensable de prendre des responsabilités sans famille
unie".