Les bandes enherbées protégent les sols car elles
ralentissent le ruissellement, et limitent donc l'érosion, en réduisant la
charge limono-argileuse en suspension dans l'eau. Elles préservent
également la qualité de l'eau car elles filtrent l'eau qui ruisselle et
favorisent son infiltration.
Le ruissellement sur la parcelle est d'autant
plus fort et chargé de particules que la pente est importante, que le travail du
sol est réalisé dans le sens de la pente, que le sol est nu et émietté, que la
teneur en humus est faible. Pour réduire cet entraînement, la bande enherbée est
efficace de cinq manières :
- La sédimentation filtration : la rugosité de
l'herbe ralentit l'eau, ce qui favorise le dépôt de ses éléments terreux.
-
La rétention physico-chimique de surface : les débris végétaux et l'humus
superficiels fixent les substances organiques et minérales (fumier, lisier,
engrais, produits phytosanitaires...).
- L'infiltration : le chevelu racinaire
des graminées crée une forte perméabilité superficielle du sol.
- La
dégradation : l'activité biologique propre à tout couvert environnemental
dégrade activement les résidus organiques et minéraux venus du champ.
-
L'interception de la " dérive " : la bande enherbée constitue une zone tampon
capable d'intercepter une partie des produits phytosanitaires entraînés par le
vent.
Mais pour que ces dispositifs soient efficaces, ils doivent être placés
de manière pertinente : le long des cours d'eaux, division de grandes parcelles,
en aval des parcelles, en angle de parcelles (si dévers), dans les passages
d'eau, sur toute une parcelle (si elle est très humide) ou encore en banquette
d'absorption diffusion pour épurer l'eau de fossés de drainage.
Dans le même temps, la bande enherbée enrichit le
milieu par la biodiversité qui s'y développe (faune sauvage, insectes
auxiliaires de cultures et nécessaires à la chaîne alimentaire de la faune
sauvage).
L'agriculteur qui installe des dispositifs
enherbés en retire plusieurs avantages :
- il conserve son capital " terre et
fertilisants ",
- Il bénéficie d'une faune auxiliaire plus importante
(et donc aspire à ne plus envisager la protection des cultures par le seul
recours aux produits phytosanitaires),
- s'il est chasseur, il valorise son
territoire par une capacité d'accueil plus importante et des densités de gibier
potentiellement plus grandes,
- il améliore son image de marque en
participant activement à la préservation de l'environnement.
Avec ces dispositifs, les termes d'agriculture
"raisonnée", "durable", "intégrée" prennent tout leur sens soit
individuellement (qualification de l'exploitation, insertion dans une démarche
"Gestions de Territoire®"), soit indirectement et collectivement en participant
à la gestion de l'environnement.
Contact : Yannick Decoster/Aurélien Deceuninck -
Chambre d'Agriculture -
Tél. : 03 22 33 69 00