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  6/9/2005
  LES PRODUCTEURS D'OEUFS DENONCENT LA CONCURRENCE DELOYALE DE L'ESPAGNE

AVICULTURE : Les producteurs d'oeufs de la Somme et du Pas Calais contrôlent les importations dans deux casseries.

Les producteurs et les entreprises de la filière œuf française subissent, depuis un an, unecrise catastrophique. Alors que le niveau de production français revient à un niveau normal, les efforts de maîtrise réalisés par la filière française (régulation de l'offre, abattage anticipé des poules pour diminuer le volume d'œufs...) sont contrecarrés par des importations qui ne respectent pas les règles européennes auxquelles elles devraient pourtant être soumises.
 
 
C'est pour dénoncer cette concurrence déloyale qu'une douzaine de producteurs d'œufs de la Somme et du Pas-de-Calais ont investi le 2 juin dernier deux casseries d'œufs dans le Pas-de-Calais. L'objectif de cette démarche : détecter la présence d'œufs étrangers et s'assurer qu'ils sont bien soumis aux mêmes contraintes.

Dans la première casserie à Vimy, les œufs étrangers représentent 25% du stock de l'entreprise Sovimo. Pour Franck Menard, directeur du site, la situation est claire : " on perd des marchés auprès des grandes surfaces du fait des prix, alors on est obligé d'importer".
 
En effet, l'œuf français arrive chez l'acheteur à 0,07 e pièce alors que l'œuf espagnol s'y place à 0,05 e. Cette différence de prix s'avère facile à expliquer : la différence de qualité avec moins de bien-être animal, de contrôles sanitaires...
Pour Dominique Froment, président de la section avicole de la Fdsea 80, "il faudrait que les normes soient appliquées dans tous les pays d'Europe". En fait, la distorsion de concurrence ne se limite pas au simple aspect sanitaire mais également à d'autres critères plus généraux tels que les 35 h par exemple.
 
 
Autre distorsion qui apparaît encore plus injuste pour les producteurs, ce sont les subventions européennes permettant le développement des ateliers à l'étranger et qui viennent ensuite noyer le marché français. C'est ainsi que l'Espagne a multiplié sa production d'œufs par trois en 10 ans. Les producteurs français ne s'opposent certes pas au développement des filières étrangères, mais encore faut-il qu'elles soient soumises aux mêmes contraintes afin de ne pas créer de concurrence déloyale.
Toute la filière est menacée
 
Cette situation devient dramatique : les producteurs n'ont plus les moyens de renouveler leur matériel, la vente des œufs ne permet même pas de nourrir la poule qui les pond. Si cette situation perdure, c'est la faillite assurée des producteurs !
A Béthune, la deuxième casserie avoue importer 50% de ses œufs  c'est à dire 60 tonnes d'œufs étrangers par jour ! Ovonord se défend en précisant que des chartes sont signées avec les producteurs.
 
Mais en évoquant les chiffres, la réalité apparaît vite plus inquiétante que prévue : les deux casseries avouent avoir perdu des marchés au profit de casseries étrangères.
 
Depuis janvier, Ovonor a ainsi perdu un tiers de son volume habituel. Les casseries françaises affirment subir la même crise que les producteurs. Sovimo déclare avoir déjà réalisé deux plans sociaux du fait de ce contexte économique difficile C'est donc toute une filière qui est menacée avec ses emplois, ses producteurs et son dynamisme local.

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Source : FNSEA
Theme : Autre

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