Dans la première casserie à Vimy, les œufs
étrangers représentent 25% du stock de l'entreprise Sovimo. Pour Franck
Menard, directeur du site, la situation est claire : "
on perd des marchés auprès des grandes surfaces du fait
des prix, alors on est obligé d'importer".
En effet, l'œuf français arrive chez l'acheteur
à 0,07 e pièce alors que l'œuf espagnol s'y place à 0,05 e.
Cette différence de prix s'avère facile à expliquer :
la différence de qualité
avec moins de bien-être animal, de contrôles sanitaires...
Pour Dominique Froment, président de la section avicole de la Fdsea 80, "il
faudrait que les normes soient appliquées dans tous les pays d'Europe". En fait,
la distorsion de concurrence ne se limite pas au simple aspect sanitaire mais
également à d'autres critères plus généraux tels que les 35 h par
exemple.
Autre distorsion qui apparaît encore plus injuste pour les producteurs, ce
sont les subventions européennes permettant le développement des ateliers à
l'étranger et qui viennent ensuite noyer le marché français. C'est ainsi que
l'Espagne a multiplié sa production d'œufs par trois en 10 ans. Les producteurs
français ne s'opposent certes pas au développement des filières étrangères, mais
encore faut-il qu'elles soient soumises aux mêmes contraintes afin de ne pas
créer de concurrence déloyale.
Toute la filière est menacée
Cette situation devient dramatique : les
producteurs n'ont plus les moyens de renouveler leur matériel, la vente des œufs
ne permet même pas de nourrir la poule qui les pond. Si cette situation perdure,
c'est la faillite assurée des producteurs !
A Béthune, la deuxième casserie avoue
importer 50% de ses œufs c'est à dire 60 tonnes d'œufs
étrangers par jour
! Ovonord se défend en précisant que des chartes sont signées avec les
producteurs.