"Que l'on accuse pas la coopération d'être à
l'origine de la dégradation du revenu des producteurs. La coopérative est notre
bien commun, et ce sont des producteurs de lait qui la dirigent. Ce que nous
visons c'est la rémunération du producteur et non de
l'actionnaire". Marcel Herbet, président de la Clara, dont
c'était la dernière assemblée générale (lire par ailleurs), ne décolère pas :
"on nous reproche d'être les premiers à avoir baissé le prix du lait
aux producteurs. En 2004 bon nombre d'entreprises ont réduit diverses primes
sans que cela suscite beaucoup d'émoi dans le monde syndical
". Les relations syndicalisme-coopération ont d'ailleurs été l'objet de
la seule intervention faite par les délégués présents dans la salle. Preuve que
le malaise existe bien.
C'est
la dégradation du marché des laits de consommation, "un vrai
séisme
" d'après Marcel Herbet, consécutive à l'effet
domino tant redouté à la mise en place de la nouvelle PAC qui a provoqué cette
situation. Les dirigeants de Sodiaal, par l'intermédiaire de la Fncl ont
plusieurs fois alerté l'interprofession laitière sur ce problème. Sans écho.
Toutefois la conclusion récente d'un accord devrait ramener un peu de sérenité.
A condition d'éviter de nouvelles dérives.
A la baisse des cotations des produits
industriels et à l'effet domino s'ajoutent une consommation de produits laitiers
en régression et une ambiance très tendue sur les prix entre distributeurs et
industriels qui se vérifient sur les laits de consommations, emmental et
yaourts. Ce sont donc tous les marchés qui sont concernés. Dans ce
contexte très difficile, Sodiaal a un résultat net positif et conserve une
trésorerie excédentaire. Les filiales sont plus ou moins affectées par cette
conjoncture (voir ci-dessous).
Yoplait assure
l'équilibre du groupe
Sodiaal Industrie améliore ses
résultats par le fait qu'il y a moins de matière à traiter et par la poursuite
du développement de produits à valeur ajoutée. Mouvement stratégique majeur,
l'activité matière grasse est reconfigurée avec la création de Beuralia (filiale
commune entre Sodiaal, Entremont et Unicopa).
Pour
Cedilac-Candia, l'année a été fortement marquée par le rapprochement avec 3A, ce
qui amène le groupe à traiter 1,6 milliard de litres sur un marché de 3,4
milliards. Des économies sont faites sur les coûts de production mais cela ne
suffira pas. "Il nous faut une remontée des prix !",
espère Marcel Herbet qui se félicite "de la bonne marche des
fromageries Riches-Monts même si les marques connaissent un fléchissement de
consommation, les commodités progressant encore
". Là aussi il y
a eu restructuration industrielle, Les Fromageries Riches-Monts ont délégué
leurs fabrications d'AOC à la Laiterie Fromagerie Occitane au capital duquel le
groupe Sodiaal est entré.
Enfin
pour Yoplait qui assure quasiment seule l'équilibre du groupe, l'activité de
2004 s'est traduite par une forte augmentation des moyens publi-promotionnels,
le lancement de nouveaux produits et le "relancement
" de produits piliers. Ce qui a permis à Yoplait d'être la
seule marque à maintenir ses parts de marchés. 540 millions de litres (sur les
2,2 milliards) sont actuellement transformés en produits frais. Reprendre pied
dans Yoplait c'est donc apporter au groupe une sécurité
supplémentaire.
Michel Wibart