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  6/16/2005
  FAIRE BORNER SON TERRAIN

DROIT : Le bornage consiste à marquer la ligne de séparation de deux terrains contigus. Il peut être amiable ou judiciaire.

Le bornage amiable ne pose en soi aucune difficulté particulière. Les propriétaires des terrains souhaitent cette opération et ils en confient la réalisation à une personne compétente, à savoir un expert-géomètre. Celui-ci procédera aux investigations nécessaires et constatera le bornage dans un procès verbal que les parties signeront. Ce document constituera alors un titre définitif dont les données seront reportées au cadastre. L'opération change de contexte lorsqu'un conflit existe entre les deux propriétaires concernés. Le bornage devient alors une question judiciaire. L'article 646 du code civil dispose que tout propriétaire peut obliger son voisin au bornage de leurs propriétés contiguës. Cette contrainte s'opérera par le biais d'une procédure diligentée devant le tribunal d'instance. Pour être recevable, l'action en bornage doit remplir un certain nombre de conditions. Les terrains à borner doivent tout d'abord être contigus. L'action en bornage ne peut concerner ensuite que des terrains et non des immeubles bâtis.

Elle est ainsi exclue quand il s'agit d'immeubles bâtis limités par leurs murs, quand il s'agit en fait de bâtiments qui se touchent. Les terrains doivent encore constituer des propriétés privées. Une action en bornage tendant à la délimitation d'un terrain privé et d'un bien du domaine public n'est pas possible (sauf si le bien appartient au domaine privé de la collectivité).
 
 
L'action en bornage est réservée aux personnes titulaires d'un droit réel sur le terrain à délimiter. Sont ainsi concernés les pleins propriétaires, les nu-propriétaires, les usufruitiers, les copropriétaires indivis... Les deux terrains à délimiter doivent d'ailleurs appartenir à des propriétaires différents.
 
Enfin, il ne faut pas, pour la recevabilité de l'action, qu'un bornage ait déjà eu lieu. Ainsi par exemple, un bornage réalisé contradictoirement, dont les résultats sont consignés dans un procès-verbal signé par les deux parties, exclura une action judiciaire en bornage.
 
 
Quant aux frais du bornage, l'article 646 prévoit qu'ils sont communs aux deux parties. L'usage est de partager en parts égales les dépenses exposées pour l'achat et la plantation des bornes et de faire supporter à chaque propriétaire les frais d'arpentage en proportion de la surface respective de leurs terres.       
Stéphane Lucereau

Source : FNSEA
Theme : Autre

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