Agenda30/05/12 Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Plan du site Page précédente Page Suivante Imprimer  
    Actualités / 2002-2007 / 2005 / Mai
 
  Lancer la rechercheRecherche avancée








  5/26/2005
  DES REGLES POUR LES CONTRATS SAISONNIERS

MAIN D'OEUVRE : La loi est venue améliorer le statut des travailleurs saisonniers

Il ne suffit pas d'être agriculteur pour pouvoir conclure un contrat de travail "saisonnier ".
 
Les nombreux contentieux que doivent actuellement juger les Conseils de Prud'hommes montrent que le sujet est sensible et que les employeurs doivent être prudents s'ils veulent éviter une requalification de leurs contrats à durée déterminée saisonniers en contrats à durée indéterminée avec toutes les conséquences financières qui en découlent...
 
Une circulaire de décembre 1988 définit les travaux saisonniers comme étant " ceux qui sont normalement appelés à se répéter chaque année, à date à peu près fixe, en fonction du rythme des saisons ou des modes de vie collectifs, et qui sont effectués pour le compte d'une entreprise dont l'activité obéit aux mêmes variations ".
 
Avant de conclure un contrat saisonnier, il est donc essentiel de vérifier que les tâches qui seront confiées au salarié entrent bien dans cette catégorie. Par exemple, on ne peut pas embaucher un salarié en contrat saisonnier durant la période estivale si le travail confié consiste dans l'alimentation, les soins et la traite des bovins. Ce type de travail n'est pas saisonnier : il dure toute l'année de manière continue et ne dépend pas du rythme des saisons. Pour une telle tâche, il conviendra plutôt de conclure un CDD pour surcroît temporaire d'activité ou, le cas échéant, un CDD de remplacement. En revanche, on pourra conclure un CDD saisonnier pour la moisson, la récolte des fraises ou le triage des pommes de terre, etc. Il en ira de même pour toute autre activité saisonnière.
 
 
Peut-on renouveler un contrat saisonnier ?
La position de la Cour de Cassation en la matière est parfaitement claire : sauf clause de reconduction, la succession de contrats à durée déterminée saisonniers pendant plusieurs années n'entraîne pas une requalification en contrat à durée indéterminée si le salarié n'est pas engagé pour toutes les saisons, ni pendant la durée totale de chaque saison (C. Cass - Chambre sociale - 16 novembre 2004). En clair, cela signifie qu'il est donc possible de renouveler chaque année un contrat saisonnier avec la même personne sous réserve que les tâches accomplies restent bien saisonnières. Par exemple, un endivier qui emploie chaque année un saisonnier durant 4 mois pour le condionnement des endives est parfaitement dans son droit, et le contrat ne pourra pas être remis en cause s'il respecte également les conditions de forme fixées par le Code du travail. Rappelons à cet égard que le contrat doit impérativement être écrit, qu'il doit notamment préciser les tâches (saisonnières) à accomplir, la date de début et le terme (précis ou non). En revanche, une entreprise qui emploie un " saisonnier " 12 mois sur 12 tous les ans risque de se voir confronter à une requalification du contrat.
 
Concernant le renouvellement des contrats saisonniers, on notera également que la loi sur le développement des territoires ruraux vient d'apporter des améliorations sensibles au statut des saisonniers. L'article L 122-3-15 du Code du travail a été modifié pour permettre aux salariés sous contrat saisonnier de bénéficier des avantages liés à l'ancienneté. Désormais, la durée des contrats de travail à caractère saisonnier successifs dans la même entreprise doit être cumulée. Il en résultera bien sûr des conséquences en terme de prime d'ancienneté, mais aussi pour l'ensemble des dispositions des conventions collectives pour lesquelles joue l'ancienneté du salarié (salaire, prime, etc. : voir conventions collectives applicables).
 
Par ailleurs, l'article L.212-5-1 du Code du travail indique maintenant que le salarié dont le contrat à caractère saisonnier s'achève, peut demander à son employeur la conversion de ses droits à repos compensateur en indemnité afin de ne pas faire obstacle à un autre emploi ou au suivi d'une formation. En pratique, cette disposition a pour objet de permettre au saisonnier d'être libéré dès la fin effective des travaux. En agriculture, elle ne devrait guère trouver à s'appliquer puisque le calcul du repos compensateur s'effectue à l'année et qu'il faut dépasser 1860 heures de travail effectif par an pour en bénéficier. Ce qui semble peu compatible avec un emploi saisonnier.
Stéphane Lucereau

Source : FNSEA
Theme : Autre

Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Haut de page Page précédente Page Suivante Imprimer