"Pourquoi constate-t-on une
désaffection des producteurs vis à vis de leur syndicat ?"
C'est la question qu'a posée Patrick Plotin, président du syndicat des
producteurs d'endives de la Somme, en ouvrant le débat réunissant une vingtaine
d'endiviers du département ainsi que les présidents des syndicats de l'Aisne et
du Pas-de-Calais le 10 mars dernier à la Maison des agriculteurs à
Amiens. Christian Cuvelier et Jean-Marie Constant, le président et le directeur de
la FNPE (Fédération nationale des producteurs d'endives), et Jean-Michel Serres,
président de la Fdsea participaient à ce débat centré sur le thème :
"Quel projet pour le syndicalisme spécialisé ?".
En quelques saisons, le taux de syndicalisation a
fortement chuté chez les endiviers. Plusieurs raisons peuvent être avancées.
Pour les uns, c'est une économie surtout quand le commerce va mal, d'autres se
considèrent "à l'abri" dans l'organisation de producteurs à laquelle ils ont
adhéré. Le changement dans l'appel de la cotisation syndicale désormais basée
sur une attestation de tonnage a pu servir de prétexte. D'autres encore
considèrent qu'ils retrouvent toujours les mêmes têtes à des postes différents
ce qui, selon eux, empêcheraient certaines idées d'avancer. "Le
syndicat en est blackboulé", a résumé Patrick Plotin.
Alors comment faire ? Quelques pistes sont ressorties
du tour de table. D'abord, il paraît indispensable d'améliorer la communication
car les actions menées et leurs résultats ne sont pas connus de la base.
Illustration de cette lacune, l'intervention de la FNPE, couronnée de succès,
pour modifier les conditions de réalisation d'une promotion des endives par une
enseigne de la grande distribution. Une autre piste touche aux dossiers
transversaux comme l'environnement ou la main-d'œuvre que les organisations de
producteurs reconnaissent avoir totalement délaissée. Il s'agit bien de
reconnaître la spécificité de chaque structure et de renouer des liens pour
retrouver la cohérence. Chacun a reconnu aussi la nécessité de retrouver
l'esprit de famille qui faisait la force du syndicalisme endivier dans un passé
encore récent afin que les choix individuels soient respectés
.
Jean-Michel Serres a invité les endiviers à ne pas
toujours s'en tenir aux points de vue des fonctionnaires français mais de se
référer à Bruxelles pour l'application de certains règlements. Il a demandé à
être informé des attentes précises qui nécessitent l'appui ou l'intervention de
la
Fnsea.
Patrick
Desmedt