Une
délégation du syndicat des producteurs d'endives de la Somme composée de Patrick
Plotin, président, de Bénédicte Frassaint et Olivier Darras, membres du bureau
et Roger Rigolle s'est rendue au ministère de l'agriculture le 9 mars pour une
rencontre avec Mme Halley des Fontaines, conseillère auprès du
ministre.
Un rendez-vous organisé par Alain Gest, député de
la Somme, qui fait suite à la recommandation que lui avait faite Dominique
Bussereau lors de sa visite dans notre département en février (voir AAP du
11/2/05). Cette délégation était complétée par Christian Cuvelier et Jean-Marie
Constant, respectivement président et directeur de la FNPE et par Angélique
Delahaye et Bruno Scherrer respectivement, présidente et directeur de la
FNPLégumes.
Patrick Plotin a rappelé ce qui avait été dit au
ministre lors de sa venue dans la Somme à savoir que "la majorité des
producteurs d'endives situés dans le bassin de production du nord de la France
est en sursis c'est-à-dire en situation précaire, à la merci de la moindre
augmentation des charges et du moindre fléchissement du marché". La main-d'œuvre
représente 30 à 40 % du coût de production ; c'est une main-d'œuvre peu
qualifiée qu'il a fallu former sur place mais qui n'est fidèle qu'à 50 % en
moyenne. Sans tenir compte de l'impact de la réduction du temps de travail et de
l'augmentation de 32,6% du Smic en dix ans, ce qui a généré une augmentation de
44 % du poste main-d'œuvre alors que sur la même période le coût moyen réel de
la production n'a augmenté que de 13 % grâce aux efforts considérables des
producteurs pour maîtriser leurs coûts, a expliqué en substance Patrick Plotin.
Aujourd'hui, les endiviers ont besoin de soutien pour surmonter la crise
d'autant que des charges nouvelles sont apparues. Le ministère doit trancher par
rapport à la remise en cause de certains allègements de charges par la Caisse
centrale de Msa. Il doit intervenir dans l'application de la cotisation
solidarité que les endiviers en tant qu'employeurs ne rejettent pas mais
demandent qu'elle soit équitable. Depuis le 1er juillet 2004, ils s'en
acquittent alors que leurs salariés ne seront peut-être plus présents dans
l'entreprise le jour de la Pentecôte la saison étant terminée et ne
participeront donc pas à cet effort de solidarité.
Les endiviers demandent
également davantage de souplesse pour gérer le temps de travail de leurs
salariés. Il faut parfois changer plusieurs fois de conditionnement au cours
d'une même journée, ce qui demande des accommodements dans l'organisation du
travail. Pour cela, il faudrait pouvoir faire varier les horaires de travail des
saisonniers à temps partiel. Or, la modulation du temps de travail pour ce type
de contrat, tolérée pendant quelques années, a été remise en cause alors qu'elle
est autorisée pour les contrats saisonniers à temps plein. Il faudrait aussi
rendre plus attractif aux salariés le Cdi intermittent qui, pourtant, les
"sécurise".
Enfin,
les endiviers de la Somme bénéficiaires d'une enveloppe d'aide pour la
consolidation de leurs annuités d'emprunts ont demandé l'équité pour l'ensemble
des producteurs du même bassin de production. Sur ce point, Mme Halley des
Fontaines a bien fait comprendre qu'il n'y aura pas de rallonge. Cette dernière
doit adresser un courrier à Alain Gest à la suite de cette visite. Celui-ci
s'est engagé à en transmettre le contenu à Patrick Plotin dès
réception.
Patrick DESMEDT