En présentant son exploitation, Bernard Mancaux a
interpellé le ministre sur les difficultés rencontrées par les éleveurs laitiers
: en 2000, il a dû faire abattre son troupeau suite à un cas de tuberculose.
L'aide de l'Etat pour remonter une étable était alors moitié moindre de celle
allouée dans des cas d'ESB. Une différence de traitement qui a mis à mal le
développement de son exploitation et qui traduisait déjà le manque de
cohérence des soutiens financiers de l'Etat à son agriculture.
Sujet que n'a pas manqué de
compléter Vincent Démarest, secrétaire général de la Fdsea, qui a cité au
ministre quelques chiffres propres à la Somme : une
dizaine de dossiers d'aide directe laitière, quarante éleveurs de vaches
allaitantes qui sont toujours en attente du règlement des dossiers déposés avant
le 30 juin 2004 (Jean-Michel Serres, président de la Fdsea et Philippe Fourdrin,
président de la section bovine ont d'ailleurs alerté Yves Berger, directeur de
l'Ofival sur ce sujet précis), et enfin 150 dossiers CTE qui seront restés en
suspens depuis septembre 2004. "Cette situation est
inadmissible
", a commenté Vincent Démarest, appuyé dans ce
sens par Jérôme Bignon, député de la 3ème circonscription, qui avait été alerté
en ce sens lors de l'assemblée générale des cantons de Gamaches et de
Oisemont.
Bernard Mancaux a également salué l'implication et la part active
de son salarié dans la reconstruction de son outil. A ce sujet, il a déploré le
plafond d'heures supplémentaires prévu dans la loi des 35 heures, et a plaidé
pour une réévaluation sensible de ce plafond, une mesure qui serait appréciée
particulièrement dans le secteur de l'élevage. Dominique Bussereau s'est bien
évidemment retourné vers Jérôme Bignon, pour qui l'après-midi allait être
consacrée à l'examen du projet de réforme des 35 heures, à l'Assemblée
nationale.
Trop de paperasses !
Bernard Mancaux a ensuite fait
part du désarroi de la profession devant la mise en place de la conditionnalité
des aides, avec une réglementation et une paperasserie en croissance permanente.
D'ailleurs, il a présenté au ministre l'ensemble des documents qu'il a à
remplir chaque année sur son exploitation. Message reçu par le ministre, qui a
réaffirmé son attachement à une simplification profonde des dossiers agricoles
et une mise en place intelligente de la réforme de la PAC.
Pour le
développement de la filière laitière, du moins le renforcement de sa compétitivité, Philippe Mabille,
président de l'Uplp a insisté sur l'urgence pour les éleveurs de pouvoir créer
des sociétés laitières. "La mise en place de ce
dispositif est d'autant plus attendue qu'elle pourrait être intégrée aux projets
de Pmpoa 2, et du plan Bâtiment
", a souligné
Martine Letellier, président de l'EDE, appuyée par Daniel Roguet, président de
la Chambre d'Agriculture. Ce dernier a déploré que l'Etat ait brisé la dynamique
du Pmpoa 2 et attribué à cette cassure les hésitations des éleveurs à s'engager
dans le Pmpoa 2.
Les inquiétudes des jeunes
Enfin, Olivier Thibaut,
secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, a attiré l'attention du ministre sur
les inquiétudes grandissantes pour l'installation des jeunes : en effet, la prise en compte des droits à paiement est complexe
dans les études prévisionnelles d'installation. Par ailleurs, les attributions
de quota laitier après la réforme doivent, selon les Jeunes Agriculteurs être
accompagnées de DPU pour se situer au même niveau qu'avant le découplage de
l'aide directe laitière
.
Enfin, Olivier Thibaut s'est inquiété du devenir des prêts
bonifiés, de la possibilité pour les jeunes de s'installer progressivement au
sein d'une société, ou de revendre du matériel dans les cinq ans si celui-ci a
été financé par un prêt bonifié
, ces deux derniers points étant remis en cause depuis
janvier 2005.
Le ministre s'est montré compréhensif des problèmes exposés,
tout comme les membres du cabinet présents qu'il a chargé d'approfondir les
sujets en suspens.
François
Magnier

Bernard Moncaux, agriculteur à Fluy, illustre sur son
exploitation les problèmes de l'élevage. Dominique Bussereau est accompagné de
gauche à droite par Fanny Argaud, chef du service production et économie
agricoles à la Ddaf, Fabienne Specq, directrice déléguée de la Ddaf, Olivier
Thibaut secrétaire général des JA et Jérôme Bignon député de la
Somme.