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  2/18/2005
  LES PETITES PARCELLES ECHAPPENT A QUELQUES REGLES DU STATUT DU FERMAGE

DROIT : Un arrêté prefectoral fixe la superficie au dessous de laquelle les locations échappent en partie au statut du fermage.

La location d'une petite parcelle (moins de 50 ares dans la Somme) n'est pas soumise à l'intégralité des règles du statut du fermage. Pour qu'il en soit ainsi cependant, plusieurs conditions sont requises. En premier lieu, la superficie de la parcelle doit être inférieure au seuil fixé par arrêté préfectoral. On ne raisonne pas, bien évidemment, parcelle par parcelle. Si un propriétaire loue plusieurs parcelles dont la surface cumulée dépasse le seuil, l'ensemble des règles du statut du fermage s'applique. Ce seuil est déterminé, après avis de la commission consultative des baux ruraux, en fonction des besoins régionaux et locaux et de la nature des parcelles. Ce qui explique les différences de superficie d'un département à un autre. A défaut d'arrêté préfectoral, le statut du fermage demeure intégralement applicable. Si l'arrêté est modifié en cours de bail, il convient de prendre en compte la nature et la superficie maximale des parcelles telles que figurant dans l'arrêté en vigueur au moment du renouvellement du bail.
 
 
Comme un bail rural
Si le bien loué est divisé en cours de bail, faisant ainsi passer certains de ses éléments sous le seuil, le statut du fermage continue cependant à s'appliquer sur l'ensemble des biens loués jusqu'à l'expiration du bail.
En deuxième lieu, la parcelle ne doit pas constituer un corps de ferme. La notion de corps de ferme est relativement floue, le code rural n'en ayant pas donné de définition. Selon la jurisprudence, la qualification de corps de ferme est rejetée quand le fonds loué ne présente pas tous les éléments de nature à assurer son autonomie culturale. Enfin, la parcelle ne doit pas constituer une partie essentielle de l'exploitation agricole. Là encore, la notion est laissée à l'appréciation des juges. Si ces trois conditions sont remplies, la location du bien ne sera pas soumise à l'ensemble des dispositions du statut du fermage. Rappelons cependant qu'une location de petites parcelles s'analyse comme un bail rural. Dans ce contexte, l'exclusion du statut concerne uniquement les règles que la loi ou la jurisprudence écartent expressément. Le reste du statut demeure applicable.
 
Selon le code rural
Selon le code rural, les baux de petites parcelles ne sont pas soumis à la règle relative à la rédaction d'un écrit ou d'un état des lieux, tout comme à celles relatives au prix. Les règles relatives au tiercement en matière de métayage ainsi que celles concernant le droit de préemption sont également écartées. La durée du bail est déterminée librement par les parties.
Si la location est faite sans écrit, le code civil a vocation à s'appliquer. Ainsi, le bail d'un pré, d'une vigne ou de tout autre fonds dont les fruits se recueillent en entier dans le cours de l'année est censé fait pour un an. Celui de terres labourables, lorsqu'elles se divisent par soles, est censé fait pour la durée de l'assolement.
 
 
Selon la jurisprudence
Selon la jurisprudence, le preneur d'un bail de petites parcelles n'a pas droit à son renouvellement. Il n'est pas nécessaire, pour le bailleur qui veut mettre fin à la location, de donner congé 18 mois avant l'expiration du bail. Toujours selon la Cour de Cassation, les règles de conversion du métayage en fermage ne sont pas applicables aux petites parcelles. Outre ces exclusions, le statut du fermage s'applique. Ainsi, les tribunaux paritaires des baux ruraux sont compétents en cas de litige. Les cessions et sous-locations voient leur principe général de prohibition reconnu. Encore à titre d'exemple, le preneur sortant a droit à une indemnité de sortie pour améliorations culturales et foncières. Enfin, en matière de congé et bien que ses formalités soient allégées, celui-ci n'en demeure pas moins nécessaire en cas de location verbale. Celui-ci sera donné par écrit au moins six mois avant le terme. En cas de bail écrit, celui-ci cesse de plein droit à l'expiration du terme fixé, sans qu'il soit besoin de donner congé. Un aspect des locations de petites parcelles demeure fondamental. Les dispositions législatives, qui écartent l'application de certaines dispositions du statut du fermage, ne s'imposent pas aux parties. Les signataires d'un écrit portant location de petites parcelles peuvent parfaitement, d'un commun accord, soumettre le bail à l'ensemble des dispositions du statut.      
P. GAIGNE

Source : FNSEA
Theme : Autre

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