MOYENNEVILLE : HORS ZONES VULNERABLES, IL Y A
AUSSI DES CONTRAINTES
"Moyenneville est un
canton qui n'est pas situé en zone vulnérable. Nous ne sommes pas non plus
concernés par Natura 2000, avons-nous vraiment à redouter la conditionnalité des
aides PAC ?"
L'entrée en
matière d'Olivier Faict, le président cantonal, lors de l'assemblée
générale qui a rassemblé une trentaine d'agriculteurs du canton, le 3 février à
Tours en Vimeu, posait clairement le débat. Toutefois poser la question c'est y
répondre un peu. Les agriculteurs du canton, en majorité des éleveurs de bovins,
échappent aux contraintes liées aux zones vulnérables, à savoir
l'établissement d'un plan de fumure, des restrictions en matière d'épandage
d'effluents et le respect d'indicateurs agronomiques. Contraintes qui restent
toutefois applicables aux élevages de plus de 40 vaches laitières ou allaitantes
ainsi qu'aux ateliers d'engraissement de plus de 50 bovins qui sont considérés
comme des installations classées. A noter qu'à la demande de la Fnsea, le seuil
de 40 vaches devrait passer à 50 cette année. Le principe en est acquis.
Revers de la médaille, les éleveurs du secteur ne
peuvent accéder aux aides du Pmpoa pour la mise aux normes des élevages alors
que cette obligation est bien réelle. Autre contrainte spécifique aux éleveurs,
et provoquant un tollé général, les anomalies pouvant être constatées dans
l'identification des bovins en cas de contrôle. Comment admettre qu'une boucle
manquante sur un ou plusieurs bovins puisse être sanctionné ? Alors que la
réglementation octroie un délai de 7 jours pour commander une nouvelle boucle
après la constatation de la perte ? L'administration française lave plus blanc
que blanc.
Alerté par la profession,
le ministre devrait proposer des assouplissements dans quelques
semaines.
L'assemblée générale a été également l'occasion de faire le
point sur l'avancement du projet de lutte contre le ruissellement et l'érosion
des sols sur le bassin versant de la Trie. Ce bassin s'étend sur une superficie de
8 400 hectares et présente une sensibilité importante vis-à-vis des phénomènes
de ruissellement et d'érosion des terres. Les pluies hivernales ou les orages
de printemps occasionnent divers types de dommages dans les communes du
bassin versant : inondations d'habitations, de voirie, de parcelles agricoles,
coulées de boues et érosion des sols. Les solutions envisagées passent par
des aménagements hydrauliques, restauration ou création de fossés, implantation
de bandes enherbées, plantations de haies ou reconversion de cultures enherbées.
De même l'amélioration des pratiques agronomiques est indispensable. C'est
pourquoi l'adhésion des agriculteurs à ce projet est essentielle a rappelé Philippe
Crimet, président de la communauté de communes du Vimeu Vert.
Michel Wibart
RUE : QUAND LES INDUSTRIELS EN
RAJOUTENT
L'assemblée du canton de Rue a rassemblé plus de
30 adhérents, qui ont se sont réunis le 3 février, à l'invitation de Dominique
Landrieu, président cantonal. Celui-ci a retracé une année 2004 dense pour
l'action syndicale avec, en point d'orgue, l'envoi des manuels conditionnalité,
qu'il a re-qualifié de "manuels du bon agriculteur". Qu'en sera-t-il dans les
secteurs des Bas-Champs, dans le Ponthieu comme le Vimeu, avec la mise en place
des bandes enherbées ? "Des solutions doivent être rapidement trouvées, pour
éviter que ces secteurs deviennent incultivables du fait des réglementations et
interdictions qui s'accumulent", a-t-il insisté. Cette accumulation de papier
est d'autant plus mal perçue que les contraintes imposées sur les pratiques
culturales (mélanges interdits, interdiction d'utilisation de produits
phytosanitaires sur les bandes enherbées, y compris hors des cours d'eau) sont
déjà synonyme de travail supplémentaire au champ et donc d'une disponibilité
encore moindre au bureau. "Un paradoxe bien français", a renchéri Vincent
Démarest, secrétaire général de la Fdsea, car, "comme on ne se satisfait pas des
réglementations européennes, on en rajoute à chaque fois !".
L'actualité dans l'ouest du
département
s'est focalisée sur le désengagement de Bonduelle qui a
laissé en terre des volumes conséquents de carottes cet hiver et qui a réduit
sensiblement les surfaces contractualisées pour l'an prochain.
Cette attitude ne manque pas de faire réagir les
producteurs qui voient là une conséquence directe de la concurrence
internationale à laquelle les agriculteurs français seront de plus en plus
exposés lorsque la réforme de la PAC sera en application dans sa totalité. Plus
de contraintes pour un même prix, la compétitivité des agricultures français
pourra-t-elle se redresser? Un vaste débat qui s'est prolongé autour du verre
qui a conclu l'après
midi.
François Magnier
COMBLES : DE NOUVELLES OPPORTUNITES POUR LES
AGRICULTEURS
Une trentaine de personnes était réunie pour
l'assemblée générale du canton de Combles. Xavier Flinois, président cantonal, a
commencé par un tour d'horizon de l'actualité agricole, insistant notamment sur
le libéralisme de Bruxelles laissant le champ libre à la concurrence mondiale
(Brésil, Etats-Unis...). Le bilan de l'année 2004 pour chaque production a ensuite
été dressé. On constate une bonne année pour la pomme de terre fécule, en
revanche que ce soit la pomme de terre de consommation, les endives, ou encore
les céréales et les oléo-protéagineux, les prix ne suivent pas.
Le tourisme
a été abordé rapidement. Dans le cadre d'une démarche transfrontalière, les
subventions de l'Europe peuvent aller jusqu'à 55% du montant d'un projet. Mais
il faut trouver un projet similaire chez un de nos voisins européen et la
barrière de la langue et les différentes réglementations sont de gros obstacles.
La procédure est longue et le manque de coordinations entre organismes ne
facilite pas les démarches.
Michel Randjia, vice-président de la Fdsea, a présenté la démarche "En avant Somme"
qui appelle un investissement fort de la profession. Le
canton de Combles fait partie du Plateau Picard Nord. Dans cette
région, des groupes de travail ont commencé à réfléchir sur la filière lait, les
nouveaux débouchés comme les biocarburants, la filière bois
énergie.
Dominique Camus, conseiller général, a souligné
que le développement de la filière biocarburant dépend d'une volonté politique.
Or, celle-ci est freinée par le puissant lobbying des pétroliers. La production
d'essence étant excédentaire en France, ces derniers n'ont aucun intérêt à
investir dans la production d'éthanol. Dominique Camus a aussi évoqué le projet
"Agro Sphère" qui vise à attirer les industries agro-alimentaires dans le
département. Concernant le tourisme, des projets germent également pour
accueillir les étrangers venant sur le circuit de la guerre 14-18. Pour
terminer, la discussion s'est portée sur le canal Seine Nord dont la
construction suscite beaucoup d'interrogations.
CHAULNES et ROSIERES : L'ORAGE DE
GRELE DU 22 JUILLET A ETE PENALISANT
Hubert Lebrun, président
cantonal de Chaulnes et François-Xavier Desmarquet, président cantonal de
Rosières, ont décidé cette année d'organiser une assemblée générale commune de
leurs deux cantons. Elle s'est tenue à Chaulnes le 28 janvier en présence de
Christophe Buisset, secrétaire général adjoint de la Fdsea avec la participation
de Georges Dengreville, représentant Groupama. "Nous
avons les mêmes soucis et les mêmes préoccupations, ce qui justifie de se
retrouver ensemble", a souligné François-Xavier Desmarquest.
L'orage de grêle et la
tornade du 22 juillet étaient encore bien présents dans les esprits. Hubert
Lebrun a déploré certaines de ses conséquences, notamment l'obligation de rachat
de pommes de terre pour ceux qui ont des contrats avec l'industrie. Une réponse
aux aléas climatiques tels que la grêle, le vent mais aussi le gel, l'eau ou la
pluie pourrait être le contrat d'assurance récolte. Cela suppose une
participation financière de l'Etat sans qui le surcoût serait exorbitant. Le
principe semble acquis du côté du ministère mais les modalités ne sont pas
fixées. "Sachons prendre nos responsabilités car lors
des bonnes années, personne ne veut bouger
", s'insurge
Christophe Buisset. Il considère qu'il faut concevoir l'assurance pour passer le
coup dur et éviter le risque de mise en péril de l'exploitation. "Dans un
secteur grêlé, mieux vaut assurer un capital réduit sans franchise ou la plus
basse possible", a expliqué Georges Dengreville.
De son côté François-Xavier Desmarquet s'est dit
préoccupé par l'impact de la régionalisation des aides Pac chez certains de nos
voisins. Il craint la distorsion de concurrence entre agriculteurs qui va suivre
l'attribution des droits à paiement. "Celui qui voudra
cesser la production de pomme de terre sera dissuadé de le faire puisqu'il
n'aura pas de référence sur ses hectares. Il sera donc incité à poursuivre son
activité et il contribuera à alourdir le marché"
, a-t-il
expliqué. Localement, les agriculteurs des deux cantons sont confrontés aux
difficultés de respecter les cahiers des charges de leurs acheteurs de céréales,
de légumes et de pommes de terre à proximité des centres d'enfouissement
technique de Lihons. Les dégâts des lapins et la prolifération des chardons le
long des voies du Tgv et de l'A29 sont sources de mécontentement alors que les
rendez-vous avec les interlocuteurs concernés tardent à se
concrétiser.
Patrick Desmedt
PERONNE : LE CANAL SEINE NORD SUSCITE DES
QUESTIONS
L'assemblée cantonale de
Péronne s'est déroulée le 4 février. Elle a réuni une quarantaine de personnes
sous la présidence de François Cousaert qui avait souhaité intervenir sur un
dossier qui préoccupe le canton : le canal Seine
Nord
.
Vincent Foucrier de la mission Voies navigables
de France (VNF est venu présenter les éléments du projet. Il a expliqué que ce
projet est conçu aux normes européennes du transport à grand gabarit permettant
les convois de 4 400 t (contre 700 t pour le canal du Nord actuel). La phase
d'étude a démarré le 15 octobre va durer jusqu'à la déclaration d'utilité
publique dans le courant de l'année 2007. Elle a pour objet de préciser la bande
dans laquelle s'inscrira le tracé de référence de l'ouvrage au sein du fuseau.
Le représentant de VNF a rappelé que sur le tracé de105 km, 46 km sont dans la
Somme.
Vincent Démarest, secrétaire général de la Fdsea,
a rappelé que la profession agricole est bien organisée lors de la réalisation
d'infrastructure et dispose de moyens pour défendre les intérêts de ses
mandants. L'intérêt est d'aborder avec VNF très en amont l'ensemble des effets
induits du projet Seine Nord après les avoir recensés afin d'étudier et de
rechercher des solutions pour y remédier. Comme l'a indiqué Gilles Grardel,
responsable du service foncier à la Chambre d'Agriculture : "Les sujets importants pour la profession sont les apects
fonciers, l'hydraulique, l'indemnisation, la restructuration des exploitations
agricoles ainsi que la gestion des excédents de déblais
".
Lors de
l'assemblée, François Cousaert a souhaité faire le point sur le dossier des
intempéries du 22/07/04. Il a rappelé que la profession s'est fortement
mobilisée sur le dossier, et qu'un dossier calamité a été monté pour les pertes
de fonds. Les échanges se sont poursuivis autour du verre de l'amitié.
Odile Dalle
HALLENCOURT : POUR UNE MEILLEURE
APPROCHE DE LA PAC
Une quarantaine d'agriculteurs du canton
d'Hallencourt ont répondu à l'invitation de Gilbert Duchemin , président
cantonal, en participant à l'assemblée générale qui s'est tenue le 19 janvier à
Hallencourt en présence de Vincent Démarest, secrétaire général de la Fdsea.
Gilbert Duchemin a fait un large tour d'horizon sur la dernière récolte et ses
rendements plutôt bons dans l'ensemble.
Certains disfonctionnements, comme le retard dans le
versement des primes à la vache allaitante ont également été dénoncés. "C'est l'évolution des prix en blé et en maïs qui nous
inquiète le plus",
a-t-il souligné.
Ensuite, Gilbert Duchemin a tenu à expliquer en
quoi consistent les services de la Fdsea
proposés aux adhérents cette année pour les accompagner
dans la meilleure approche possible de la nouvelle Pac journées d'informations,
permanences : journées de formation sur la tenue du cahier d'épandage et sur la
conditionnalité, vérification des droits à paiement unique et transferts de ces
droits, etc ...En outre, les 37 cantons du département sont répartis entre six
animateurs afin de développer la complémentarité avec le président cantonal.
Cette nouvelle organisation est en train d'être mise en place. Cette
préoccupation du terrain rejoint le thème de l'assemblée générale de la Fdsea du
22 février qui sera "plus syndicale qu'économique" selon l'expression
de Vincent Démarest car il s'agit de privilégier les hommes avant les
aspects financiers.
Quelques exemples d'acquis syndicaux obtenus en
2004
Abandon de la
redevance azote :
A la demande de la
Fnsea, le projet d'une redevance sur l'azote contenu dans les engrais et dans
l'alimentation du bétail a été abandonné. Cela représentait plusieurs millions
d'euros chaque année pour l'agriculture.
Retour de la Tgap phytos aux
Agences de l'eau :
La Fnsea a obtenu
que les 40 millions d'euros prélevés chaque année sur les phytosantaires au
titre de la taxe générale sur les activités polluantes, soient affectés aux
agences de l'eau. Jusqu'à présent cette somme alimentait le budget général de
l'Etat. Elle sera consacrée, si la loi sur l'eau le confirme, aux actions en
faveur de l'environnement.