Gamaches et Oisemont : conditionnalité et
avenir du métier
Dominique Ozenne et Denis Beaucourt, respectivement
présidents des syndicats de Gamaches et Oisemont avaient fait le pari de
regrouper leurs assemblées cantonales, pour enrichir les discussions.
La matinée fut consacrée à la
réforme de la PAC, et notamment à la conditionnalité des aides. Les agriculteurs
de ces cantons se sont montrés inquiets du déroulement potentiel des contrôles.
"Il faut que nous sachions sur quoi nous serons
contrôlés exactement, les droits et les devoirs des contrôleurs, tout comme les
nôtres", a insisté un des participants. Dans ce secteur d'élevage,
la problématique majeure réside dans le bouclage des
animaux.
Martine Letellier, présidente de l'EDE, a rappelé les quatre moyens de notifier
les naissances et sorties d'animaux, en précisant pour chaque mode les avantages
et inconvénients : par courrier, le plus coûteux, par fax , mode
instantané, mais avec un risque de mauvaise transmission, le minitel et Internet
étant des moyens instantanés et fiables, le dernier étant amené à se
développer.
L'après-midi a été l'occasion d'échanger avec
Jérôme Bignon, dont la circonscription comprend ces deux
cantons, sur sa vision de la politique agricole. Interrogé par Etienne Thouret,
secrétaire général adjoint de la Fdsea, sur la lenteur de l'émergence des
biocarburants, le député s'est montré optimiste : "nous ne pouvons pas aller
contre le libre échange ; par contre, certains débouchés ne sont pas qu'un enjeu
commercial. Je suis persuadé que les biocarburants vont devenir une réalité, car
la société en a besoin
". Par ailleurs, il a vivement réagi sur les retards de paiement de l'Etat
(CTE, aides Laitières, Pmtva), estimant qu'il est anormal, dans quelque contrat
que ce soit, qu'une des parties n'assume pas son engagement. Point de vue qu'il
s'est promis de répéter au ministre lors de sa visite du 8 février.
Ham : Pac et
biocarburants
L'assemblée générale du
syndicat cantonal de Ham s'est tenue le 2 février à Matigny sous la présidence
de Philippe Vandermeir, avec la participation de Jean-Michel Serres, président
de la Fdsea et d'une quarantaine d'agriculteurs du canton.
Pour commencer l'assemblée, le président a
dressé un bilan des actions syndicales de 2004, puis la parole a été laissée à
chaque section. Divers sujets ont ainsi été abordés : la manifestation des
planteurs à Eppeville, une action efficace ; la situation désastreuse des
marchés céréaliers ; la conditionnalité des aides...
Certains élus locaux sont
venus participer à l'assemblée : Jean Boitel, conseiller général, Marc Bonef,
président de la communauté de communes, et Olivier Chapuis-Roux, vice président
du Conseil régional. Ils ont pu mesurer les inquiétudes des agriculteurs,
nombreuses en cette période de réforme de la PAC.
Autre sujet abordé,
les biocarburants .
Les agriculteurs ont manifesté leur impatience quant à l'avancement du dossier.
Jean-Michel Serres a indiqué qu'il profiterait de la visite du ministre de
l'agriculture dans la Somme pour lui demander des éclaircissements.
A l'issue de l'assemblée une démonstration de trituration de
colza a été effectuée.
Hélène
Chambellan
Quelques acquis syndicaux obtenus en
2004
Réforme de la
PAC
=
Conditionnalité
- Directives et réglements
La Fnsea a obtenu que
l'administration édite une liste fermée d'anomalies et de sanctions par texte
afin de rendre le système transparent pour l'exploitant. Néanmoins nous
contestons le nombre trop important d'anomalies sanctionnables et l'absence de
progressivité des sanctions.
Les anomalies non imputables à l'exploitant ont
été clairement identifiées et ne seront pas sanctionnables.
- Contrôle et sanction
La commission européenne
souhaite une application totale des textes et que toute anomalie, relevée lors
d'un contrôle, soit sanctionnée. La Fnsea n'a cessé de demander la mise en place
de la progressivité dans l'application de sanctions déclenchées par le non
respect des textes. Elle a demandé au ministre de l'Agriculture un report de la
mise en application des nouvelles règles et des assouplissements nécessaires
afin d'éviter toute sanction injustifiée en 2005 : les anomalies mineures
ne devraient pas être sanctionnées.
- Droits à paiement unique
La Fnsea a obtenu :
- Le recouplage de
certaines productions en totalité ou partiellement
- Un encadrement maximum
autorisé par l'UE des DPU afin de limiter la spéculation :
- un lien avec le
foncier : 1 ha active 1 droit
- un prélèvement maximum (50%) pour une cession
de droits sans foncier
- un prélèvement raisonnable et progressif en cas
d'agrandissement pour favoriser la solidarité professionnelle
- perte de
droits en cas de non-utilisations pendant 3 ans
- La limitation des
transferts de DPU au sein d'un département pour éviter que des zones entières ne
soient vidées de leur potentiel d'aides au 1er pilier de la PAC
- La fixtion
du montant des DPU alloués via la réserve sur des critères objectifs et non pas
systématiquement à partir d'une moyenne départementale
- Les assouplissements
des règles qui régissent les DPU pour ne pas remettre en cause le phénomène
sociétaire en agriculture
-
L'introduction possible d'avenants dans les actes de transferts d'exploitation
ou de parcelles intervenus entre le 1er janvier 2003 et le 15 mai
2004.