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  11/3/2005
  SUR L'EXPLOITATION DU PARACLET- LE CHEMIN DE L'AGRICULTURE DURABLE

INITIATIVE : L'exploitation du Lycée Agricole du Paraclet veut favoriser la cohabitation entre la ville et la campagne. Elle propose un parcours de découverte des bonnes pratiques agricoles

Philippe Gribauval est à la tête de la ferme du lycée agricole du Paraclet depuis 1990. "La ferme, qui fait partie intégrante du lycée est un outil de développement et de pédagogie", explique-t-il. Dès son arrivée, son but a été de sensibiliser les élèves, qui sont les agriculteurs de demain, aux bonnes pratiques agro-environnementales.
 
Pour cela, Philippe Gribauval met en place une approche de conduite économique du blé (1992), puis la ferme devient agri-environnementale (1993) et en 2000, il signe un CTE.
 
Aujourd'hui, son nouveau challenge est la mise en place du "chemin de l'agriculture durable".
 
Dix années auront été nécessaires pour permettre à ce projet de voir le jour.
Situé non loin d'Amiens, le Paraclet est entouré de bois. Ceux-ci attirent les citadins qui viennent s'y promener, courir, faire du vélo, de la moto ou encore monter à cheval. "Le but du "chemin d'agriculture durable" est de faire comprendre que la campagne appartient à tout le monde et que la protection de notre patrimoine est un travail collectif que l'on soit de la ville ou de la campagne", précise Philippe Gribauval.

"Qu'est-ce que l'agriculture durable ? C'est une agriculture qui doit répondre à un besoin présent sans compromettre le développement des générations futures. Cela passe par le respect de l'environnement et la gestion de l'espace au profit de tous ; un approvisionnement en produit alimentaire de qualité, en quantité suffisante, la conservation du patrimoine sol et enfin, un revenu décent pour l'agriculteur", définit le responsable de la ferme.

Ce "chemin de l'agriculture durable" permet de montrer au travers d'une promenade les aménagements et les pratiques agricoles de l'exploitation. La promenade est ponctuée d'étapes avec des explications.

La conservation des races
Il s'agit de préserver un patrimoine vivant et la gestion de l'espace naturel par le pastoralisme. Ces animaux sont mis en valeur dans des concours ou en attelage. Des races locales à faibles effectifs : vaches rouges Flamandes, vaches Nantaises, chevaux Trait du nord et Boulonnais, ont été réintroduites dans les 70 hectares de prairie humides qui ont tendance à se reboiser. Le conservatoire national des sites naturels a apporté son aide dans le cadre de son action visant à faire retrouver à la Vallée de la Somme son paysage d'antan.

 
Les jachères faunistiques, les bandes-abris et les cultures intermédiaires
Ces jachères sont en gel pertinent, permanentes
. Ce sont des lieux de quiétude, propices pour la nourriture et la reproduction de la faune sauvage. Elles constituent une zone tampon entre le bois et les cultures, ce qui permet d'augmenter la biodiversité et d'attirer les insectes pollinisateurs. Elles sont composées de trèfles incarnat, de phacélie et de seigle forestier.
 
Les bandes abris se situent au milieu des parcelles. C'est un corridor biologique, qui sert de réserve au gibier. Ces bandes ralentissent l'érosion et fixent les substances actives des produits de traitement. Les cultures intermédiaires améliorent la porosité et la structure du sol, limite le lessivage des nitrates ainsi que le ruissellement.
2,3 kilomètres de haies
 
Ces haies sont des clôtures naturelles utiles pour abriter et nourrir la faune. Elles permettent également de protéger du vent, d'intercepter les dérives de pulvérisation. Enfin, elles améliorent le paysage. Les promeneurs, tout comme la faune, apprécient les fruits et les baies qu'ils trouvent sur les arbustes composant ces haies.
 
 
123 variétés anciennes de pommes à cidre
Les deux vergers comportent des pommiers (pommes à couteau et à cidre) qui mesurent environ 1,50 mètres. Ils sont pâturés par les vaches. Situés à flanc de coteau, ces vergers sont difficilement mécanisables. Ce sont donc des élèves du lycée qui viennent faire la cueillette manuellement et l'argent gagné leur permet d'organiser leur voyage annuel. Les pommes servent à la fabrication d'un cidre agro-bio commercialisé.
 
Au niveau financier, "l'exploitation ne roule pas sur l'or, mais est loin d'être en faillite !", explique Philippe Gribauval. "Je trouve anormal que les chemins de plaine soient réduits ; si on veut que la société soit en accord avec les paysans, il faut que ceux-ci fassent des efforts. L'image d'une ferme pédagogique en bordure de ville est très importante, il faut éduquer les collectivités à cohabiter ensemble". Et de conclure enfin, "la morale de cette histoire est AVENIR : agriculture volontairement environnementale innovatrice et responsable".
Fanny Demalle

 

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Des races locales ont été réintroduites comme les vaches Nantaises qui paturent dans les vergers ou dans les prairies humides. 123 variétés anciennes de pommiers à cidre ont été plantées dans les vergers à flanc de coteau. La récolte est effectuée par des élèves du lycée qui organisent avec l'argent gagné , un voyage d'étude chaque année

 


Source : FNSEA
Theme : Autre

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