Le 26 octobre dernier, Michel Sappin, préfet de
la Somme et de Picardie, a mis en place le comité départemental de surveillance
de la grippe aviaire réunissant les responsables des différents services de
l'Etat concernés (services vétérinaires, office de la chasse, affaires
sanitaires et sociales notamment). "Il faut avoir une attitude raisonnable et
réaliste mais sans dramatiser pour autant. Il faut prendre des mesures et se
préparer à de nouvelles", a déclaré le préfet lors d'une conférence de presse
donnée le même jour à Amiens. Rappelons que la veille, le ministre de
l'Agriculture avait décidé le confinement des volailles de plein air dans 21
départements dont la Somme, une mesure étendue à 5 autres départements le 27
octobre.
Les mesures nationales et
départementales s'appliquent à deux échelles.
Les oiseaux
"domestiques" : l'objectif est d'éviter qu'ils entrent en
contact avec des oiseaux sauvages. C'est ainsi que tout propriétaire d'oiseaux
doit prendre les mesures nécessaires. En premier lieu le confinement des
volailles en bâtiment. Quand ce n'est pas possible, une dérogation peut être
accordée après la visite de l'élevage par un vétérinaire. De plus, l'utilisation
des plans d'eau est interdite pour le lavage et l'abreuvage des oiseaux. Les
élevages des professionnels sont facilement identifiables et contrôlables. En
revanche, ce n'est pas le cas pour les milliers de particuliers qui possèdent
une basse-cour. Pour bien informer ces derniers, un travail est en cours avec
les maires du département, ce qui permettra également de réfléchir à
l'application de ces mesures pour les parcs des villes et les zoos.
Les oiseaux
sauvages : les chasseurs sont en première ligne avec
l'utilisation des appelants. Pour le préfet, la présence dans la Somme de 2 200
huttes et de nombreux chasseurs est une réelle chance. "Ils représentent un
potentiel de surveillance extraordinaire", a-t-il souligné. Les mesures prises
s'efforceront de trouver un équilibre entre surveillance et maintien de la
chasse.
Michel Sappin a aussi précisé les stades
d'évolution de la grippe aviaire. Il y a d'abord la contamination entre oiseaux,
c'est ce qui se passe à l'échelle mondiale pour l'instant. Ensuite, la
contamination entre l'animal et l'homme, un stade qui a pu être atteint en Asie,
dans des conditions particulières d'hygiène. Enfin, hypothèse qui n'a
heureusement pas été mise en évidence jusqu'ici, la contamination d'homme à
homme.
Hélène Chambellan