157 000 tonnes de pommes de terre à 19,6 % de
richesse en fécule ont déjà été réceptionnées à la féculerie Roquette de
Vecquemont entre l'ouverture de l'usine le 30 août et le 3 octobre. Ce tonnage
représente 178 200 tonnes à 17 de richesse soit un taux de réalisation supérieur
à 28 %. Les conditions de récolte globalement favorables, même si certains
secteurs commencent à connaître des difficultés à cause de la sécheresse, ont
permis de tenir la tare totale à 12 % en moyenne depuis le début des arrachages.
Quelques dizaines de camions seulement ont été soit pénalisés, soit refusés.
Pourtant, la crainte liée au mildiou très présent dans certaines parcelles était
bien réelle au sein du comité de liaison réuni à Vecquemont le 20 septembre.
Pour l'instant, Roquette suit le planning prévu et n'a pas eu à intervenir en
"pompier" pour sauver des silos en difficultés.
La suite des réceptions montre que la teneur en fécule
continue de progresser et devrait atteindre 20 de moyenne en fin de campagne. Au
final, le pourcentage de réalisation du contingent devrait être proche de 105 %.
Si les résultats
techniques s'annoncent globalement satisfaisants, les producteurs ont fait
savoir par écrit à la direction générale de Roquette que le contexte est à
l'augmentation des charges et que ceci nécessite une compensation de la part de
l'industriel. L'année 2005 verra l'application de la modulation de 3 % sur les
aides Pac alors que le coût de production a été fortement alourdi par la
protection intensive contre le mildiou et le prix de l'énergie qui renchérit le
coût du transport.
"L'amidonnerie est en crise", ont
expliqué d'une même voix Marie-Laure Empinet, représentante de la direction
générale, et Clément Robert, directeur de Vecquemont. Des usines et des
amidonneries ferment, la croissance du secteur est terminée, ont-ils expliqué.
"Le nouveau régime européen du sucre qui se profile et le développement des
biocarburants perturbent fortement la filière européenne de la fécule", a
souligné Marie-Laure Empinet.
Roquette est dans l'attente d'indication sur les
orientations de la politique agricole en Europe car son avenir dépendra aussi
des choix de filières agricoles alors que la reconduction des contingents n'est
pas certaine au-delà de deux ans.
Patrick
Desmedt
Quatre recommandations
pour éviter le risque mildiou
* Maintenir impérativement une
protection fongicide pour les parcelles encore en végétation jusqu'à la
dessication complète du feuillage.
* Défaner chimiquement toutes les
parcelles dont les enlèvements auront lieu à partir de la mi-novembre.
* Ne
pas infester les silos lors de l'arrachage en mélangeant les tubercules sains
avec d'autres issus de zones de la parcelle où l'eau aura pu stagner. Isoler les
tubercules arrachés dans les passages de roues de ceux du reste de la parcelle.
La présence d'erwinia et de terre humide dans un silo peut faire exploser la
pourriture de ce silo.
* Limiter la largeur des silos en plaine pour
favoriser une bonne aération et recouvrir ces silos d'un voile de type Top Tex
pour les protéger de l'humidité. Ventiler les stockages sous
abri.