Le dossier des droits à paiement unique (DPU) que reçoivent en ce
moment les agriculteurs, est assurément un gros morceau dans lequel le
syndicalisme s'investit beaucoup... Tant pour le rendre compréhensible que pour
le gérer au mieux, en proposant par exemple des clauses à insérer dans les
contrats, et ce afin d'éviter trop de DPU dormants.
C'est dans ce cadre que le bureau de la Fdsea a proposé que
les douze réunions d'information qui seront conduites dans
le département, en concertation avec la Chambre d'Agriculture et avec l'appui de
la Ddaf, se déroulent le plus rapidement possible, soit dès le début
novembre.
Se voulant performants sur un sujet reconnu difficile, tous les animateurs
de la Fdsea ont suivi une formation sur les DPU, a encore annoncé Jean-Michel
Serres qui a souhaité par la même occasion une concertation étroite sur ce thème
entre toutes les OPA concernées du département.
Commentant la conjoncture -dépeinte par beaucoup comme morose- Christophe
Buisset, secrétaire général de la Fdsea, s'est inquiété d'une trésorerie
difficile dans beaucoup d'exploitations et s'est fait le relais de plusieurs
demandes du syndicalisme. Le paiement des aides PAC ne doit pas être repoussé,
comme prévu, le 1er décembre 2005 mais avancé le plus tôt possible et pourquoi
pas au 16 octobre, comme cela était le cas auparavant. Un marché céréalier
désastreux et les incidences du choc pétrolier justifient pleinement cette
demande, a commenté Christophe Buisset qui a proposé également que le
remboursement par l'Etat des 5 c d'euro par litre de fioul (annoncé par
Dominique de Villepin le 13 septembre au Space) soit appliqué avec effet
rétroactif, dès le 1er janvier 2005. Christophe Buisset a fait part au bureau
d'une campagne nationale d'affichage à l'initiative de la Fnsea et des JA
.
Cette campagne, orientée
vers le grand public, vise à mieux valoriser l'agriculture alors que celle-ci
est sous les feux de l'actualité avec le vote de la loi d'orientation et les
négociations à l'OMC. Un bon millier d'affiches seront placardées vers la fin
octobre dans le département.
Des achats groupés pour les
adhérents
Concernant les dossiers locaux, Jean-Michel Serres
s'est arrêté sur celui du canal Seine-Nord et les protocoles sondage en cours de
discussion (voir page 5). La Fdsea y est représentée par François Cousaert et
Hervé Nuttens, présidents des cantons de Péronne et Nesle, les deux cantons a
priori les plus touchés par ce grand ouvrage.
Vincent Démarest, secrétaire
général adjoint de la Fdsea et représentant des agriculteurs à l'agence de l'eau
Artois-Picardie, a fait part d'une réflexion régionale sur la gestion de l'eau
que l'agence organise fin octobre. Il s'agit là, a-t-il commenté, d'un sujet qui
intéresse au premier chef les agriculteurs. Il a aussi insisté pour que ceux-ci
répondent avant le 2 novembre en grand nombre à l'enquête sur l'eau qui avait
été jointe à l'AAP du 23 septembre.
Toutes les actions en cours
à l'initiative de la Fdsea et visant grâce à des achats groupés de réduire les
coûts pour les agriculteurs syndiqués ont fait aussi l'objet d'un long
développement lors du bureau du 7 octobre. Christophe Buisset a relaté que
l'opération "diagnostic amiante" se révélait un franc succès, plusieurs
centaines d'agriculteurs ayant souscrit un diagnostic. Rappelons que celui-ci
doit être normalement réalisé par tous les propriétaires de bâtiments agricoles
d'ici le 31 décembre
2005.
Quant à l'opération achat groupé de fioul,
celle-ci est en cours de finalisation et pourra être proposée très prochainement
à l'ensemble des adhérents de la Fdsea.
Le bureau s'est achevé par un échange
sur les biocarburants, montrant la difficulté actuelle à s'y retrouver entre des
déclarations d'intention, des textes législatifs en cours de discussion ou
d'instruction (utilisation des huiles végétales dans la loi d'orientation,
défiscalisation en loi de finances,...), des projets d'implantations
industrielles en attente de l'appel d'offres que devrait faire Dominique
Bussereau le 15 octobre et surtout du déblocage du refus des pétroliers
d'incorporer de l'éthanol à l'essence. Bref, si les perspectives de débouchés
s'annoncent favorables à moyen terme, bien que les niveaux sont flous, de
valorisation, le court terme reste creux.
Certes, a conclu Jean-Michel Serres
qui reconnaît pourtant que le lobbying intense réalisé par les organisations
agricoles depuis quelques années finit pourtant par payer. Pour preuve
l'augmentation significative des semis de colza réalisés par nombre de
producteurs ayant intégré la démarche des biocarburants. Il reste néanmoins
beaucoup à concrétiser et le syndicalisme devra y veiller au jour le jour, a
poursuivi le président de la Fdsea.
Daniel Rigaux