HORNOY :Une
dynamique positive face à la PAC
L'assemblée générale du syndicat du canton
d'Hornoy-le-Bourg, qui a rassemblé près de 50 adhérents le 12 janvier à
Dromesnil, a débuté par l'élection d'un nouveau président, Ludovic Cauchois
ayant fait part de son souhait de quitter la présidence du canton dès cette
année. Ont donc été élus Xavier Henquenet et Bruno Ségaert respectivement
Président et Vice-Président du syndicat cantonal. Pour mener à bien l'animation
syndicale du canton, ils pourront toujours compter sur le soutien actif de
Ludovic Cauchois, qui reste membre du bureau cantonal.
Parmi les sujets
d'actualité, Jean-Bernard Crété, vice président de l'Asbs, a fait une mise au
point pour les planteurs de la sucrerie d'Abbeville : "chacun a le droit de
procéder au report de betteraves tel qu'il l'entend, le respect du plafond de
12% de report s'appliquant à l'usine dans sa globalité". Néanmoins, il ne
faut pas nier l'évolution de la filière sucre, avec des campagnes qui
s'allongent, le souhait de lisser au mieux les volumes de betteraves à traiter
chaque année, avec en toile de fond la modification du règlement sucre, dont les
contours se préciseront avant l'été.
Après une synthèse des travaux des filières de
production, un éclairage positif a été fait sur la réforme de la PAC. Si, sur le
canton d'Hornoy comme ailleurs, la mise en place de cette réforme et des
contrôles ne manque pas de désabuser les agriculteurs, l'intervention d'Emile
Foirest, membre d'une Cuma intégrale et d'un assolement commun, a permis de
dégager des marges de progrès considérables. La structure, regroupant 5 associés
sur 360 hectares, s'est bâtie avec la première réforme de la PAC, d'où un
parallèle inévitable avec le contexte actuel. "En 1992, nous nous sommes
associés pour produire bien et au meilleur coût, avec la meilleure qualité de
vie possible, mais surtout, avec la ferme intention de rester paysans et d'en
vivre ; et nous y sommes parvenus !", affirme-t-il, sans éluder toute la
difficulté de mise en place d'un système associatif : comment comptabiliser les
temps de travaux de chacun, l'entrée et la sortie d'associé, la partage du
pouvoir de décision... Les adhérents du canton ont particulièrement apprécié ce
témoignage empreint de "vécu".
Enfin, quelques précisions ont été données sur
les règles de conditionnalité qui s'appliquent dès cette année. Vincent
Démarest, secrétaire général de la Fdsea, a insisté sur le côté injuste des
contrôles, et a plaidé pour un système de franchise, faisant en sorte que la
première anomalie mineure n'engendre pas de pénalités.
François Magnier
ALBERT :
réglementation européenne
Les agriculteurs sont venus nombreux à
l'assemblée générale du canton d'Albert le 12 janvier. Celle-ci s'est déroulée à
la mairie d'Albert sous la présidence de Thierry Paruch. Rapidement, les débats
se sont orientés vers la réforme de la PAC et les nombreuses incertitudes
qu'elle entraîne. Concernant la mesure couvert environnemental, faut-il mettre
une bande enherbée au bord d'un fossé noté en trait plein bleu sur la carte IGN
? Aujourd'hui, on parle de trait plein et demain ce sera les traits pointillés ?
L'évolution incessante de la réglementation et des contraintes imposées aux
exploitations fait d'autant plus problème que nous ne sommes pas égaux face à
nos voisins européens. La manifestation qui a eu lieu le 11 janvier à Arras
contre les sanctions encourues en cas d'anomalie mineure a été remarquée par les
agriculteurs du canton.
La mise aux normes des élevages situés en zone
vulnérable est une inquiétude. Marcel Herbert a rappelé que les investissements
peuvent être réalisés par l'exploitant pour un coût amoindri. De plus, il existe
des outils très intéressants pour les éleveurs comme le pré diagnostic, avant de
rentrer dans une démarche de mise aux normes. Le thème des sociétés laitières a
également été abordé, un décret devrait être discuté par le gouvernement dans
les prochains mois. Le problème de la restructuration des exploitations et des
difficultés d'installations des jeunes agriculteurs, nombreux lors de
l'assemblée, a mené les discussions vers les choix stratégiques des
exploitations : faut-il orienter leur production vers un marché mondial ou au
contraire local.
Michel Randjia, vice-président de la
Fdsea, a conclu sur l'importance de retrouver un pouvoir de décision fort de la
part de la profession. Arnaud Boitel
ABBEVILLE :
interrogations sur la réforme du règlement sucre
L'assemblée générale du syndicat cantonal
d'Abbeville s'est tenue le 14 janvier dernier à la salle de la mairie de Cambron
sous la présidence de Didier Boutté.
Après une rapide rétrospective des
moments clés de l'année écoulée et une présentation des mouvements fonciers sur
le canton, les questions relatives à la mise en place de la PAC ont rapidement
été au centre de toutes les discussions.
A ce propos, les agriculteurs de la
région d'Abbeville se sont interrogés sur la pression des contrôles qui plane,
sur leurs impacts, ainsi que sur certaines incompatibilités entre les
contraintes liées à l'éco-conditionnalité et certaines spécificités locales
(comment entretenir les jachères et les bandes enherbées face aux chardons quand
il est souvent difficile d'entrer dans les marais avant le 15 juin, comment
gérer la prolifération des roseaux face aux contraintes de Natura 2000...).
Beaucoup de craintes pour lesquelles les agriculteurs attendent encore des
réponses.
Il en va de même pour les producteurs de betteraves qui
s'interrogent sur les conséquences de la prochaine réforme du règlement sucre.
Réforme qui, malgré le bon fonctionnement du marché européen, émane des
pressions de l'OMC, du panel sucre et des craintes face aux accords avec les PMA
(pays les moins avancés).
Philippe Descamps, président de la coopérative
betteravière d'Abbeville, a expliqué que cette réforme se fera sur trois piliers
(les quotas de production, les contingents d'importation et les droits de douane
ainsi que les limites aux exportations.). Cette proposition semble prévoir entre
autre un maintien des quotas A et B, un transfert possible de quota entre Etat
membre, une augmentation des quotas isoglucoses, une suppression des prix
d'intervention remplacé par un prix de référence, une baisse du prix minimum de
la betterave compensée à 60 %, la mise en place d'un plan de restructuration
pour les industriels qui veulent arrêter la production et une libéralisation du
raffinage.
Christophe Buisset, secrétaire général
adjoint de la Fdsea, a conclu cette journée en rappelant que 2005 serait une
année charnière et que face à des évolutions toujours plus rapides, il était
nécessaire de ne pas se diviser sur le terrain. "Il faut retrouver de la
valeur ajoutée sur nos exploitations et se regrouper même si cela n'est pas
toujours facile. Les biocarburants peuvent être un débouché important dans
l'avenir, c'est pourquoi nous devons absolument faire pression sur l'Etat pour
obtenir le financement de nouvelles usines".
La matinée s'est
achevée autour d'un verre de l'amitié et d'un repas partagé.
Gaspard de Colnet
MOREUIL : des
contrôles trop stricts
L'assemblée générale du canton de Moreuil s'est
déroulée le mardi 11 janvier sous la présidence de Francis Quillet accompagné du
vice président cantonal Olivier Damay. Une trentaine d'adhérents ont participé à
cette réunion. Jean-Michel Serres, président de la Fdsea, a fait un tour
d'horizon des questions d'actualité nombreuses en ce début d'année 2005. Que ce
soit la réforme de la PAC, les biocarburants, la loi de modernisation agricole
ou encore les élections MSA, les sujets ne manquent pas...
Localement, les
nombreux projets d'installations d'éoliennes suscitent des interrogations sur
leurs impacts à la fois techniques, économiques et environnementaux.
Le
débat s'est vite orienté sur la dureté des contrôles PAC et le manque de moyens
de défense pour les agriculteurs. Les participants se sont montrés d'autant plus
inquiets que l'application de la conditionnalité devrait être assortie de
sanctions (pénalités sur les aides) en cas de manquement et ce dès la première
anomalie. Jean-Michel Serres a réagi en précisant que des négociations ont
actuellement lieu avec l'administration pour obtenir un délai afin de prévenir
les exploitants et ne donner qu'un avertissement en cas d'anomalie mineure.
D'autre part, la Fdsea de la Somme développe de nouveaux services pour
accompagner ses adhérents.
Jean-Michel Damay, président de la section pommes
de terre de consommation de la Fdsea, s'est inquiété du fait que les producteurs
ne puissent bénéficier de DPU (droits à paiement unique) en cas d'arrêt de leur
production de pommes de terre, endives ou autres légumes. Jean-Michel Serres a
rappelé le rôle important de la réserve nationale pour ré-attribuer des DPU. Il
a néanmoins déploré que les différents choix des Etats membres quant à
l'application de la réforme de la PAC et le durcissement des règles européennes
par la France contribuent une fois de plus à handicaper les agriculteurs
français face à ceux d'autres pays européens.
Arnaud Boitel
CRECY EN
PONTHIEU : quelle agriculture pour demain ?
L'assemblée générale du canton de Crécy en
Ponthieu s'est déroulée le 12 janvier dernier à Estrées-les-Crécy sous la
présidence de Rémi Baudel, avec la participation de Jean-Michel Serres,
président de la Fdsea, et une trentaine d'exploitants du canton. Après un point
sur les DPU (Droits à Paiements Unique), Laurent Merchat de l'association
Alternatech (la structure régionale chargée de favoriser la recherche en
Picardie) est venu exposer le projet APIA (voir notre prochain numéro). Celui-ci
s'articule autour de sept scénarios qui imaginent l'agriculture en 2025. Chaque
scénario a suscité l'étonnement de chacun : de la Picardie entièrement
urbanisée, à une Picardie occupée par les agro-industries en passant par le
tourisme, les exploitants ont eu du mal à retrouver leur métier mais aussi leurs
racines à travers cette projection. Jean-Michel Serres a fait part de sa volonté
de voir apparaître un huitième scénario... celui des agriculteurs. Cependant les
professionnels sont conscients que les activités de services (en particulier
celles liées à l'environnement ou au tourisme) seront de plus en plus présentes.
L'assemblée a été également l'occasion pour les
exploitants de manifester leur mécontentement vis-à-vis des contrôles. En effet,
les futurs contrôles suscitent beaucoup d'inquiétudes. Les contrôles passés,
eux, suscitent la colère ! Les témoignages où les contrôleurs sont venus sur les
exploitations sans équipement sanitaire ou auraient contrôlé en l'absence de
l'exploitant sont récurrents. Les exploitants sont prêts à accepter les
contrôles... si les efforts sont partagés et si les conditions de mise en œuvre
de ces contrôles sont explicites et respectées de tous.
Hélène Chambellan