Comment mieux prendre en compte l'agriculture
en zone périurbaine ? Tel était le thème du débat proposé le 6 septembre à
Amiens aux membres de la Chambre d'Agriculture de Picardie; Pour l'introduire,
le président de la Chambre d'Agriculture de la Somme, Daniel Roguet, a fait
référence à l'association "Terres en villes" à laquelle adhère Amiens Métropole.
Cette association d'élus et de responsables
agricoles regroupe de grosses agglomérations désirant mieux intégrer
l'agriculture périurbaine dans la politique de la ville. Pour ce faire, "Terres
en villes" a pour mission de favoriser les échanges de savoir-faire et
d'expériences. Des échanges qui assurément ont été instructifs dans le cadre
d'une démarche initiée dès 1999 sur la place de l'agriculture périurbaine au
sein de l'agglomération amiénoise.
C'est pourquoi est apparue très tôt la nécessité
d'un travail en commun et la mise en place d'une instance de dialogue à travers
une charte d'objectifs. Plusieurs axes de travail ont ainsi été définis, a
rappelé Daniel Roguet, dont le développement économique de l'agriculture
périurbaine et la communication ville-campagne.
Premier signe concret de cette démarche,
après présentation aux exploitants et propriétaires, un protocole cadre a été
signé le 1er septembre 2003 entre Gilles de Robien, président d'Amiens
Métropole, Daniel Roguet, Jean-Michel Serres et Jean-Jacques Objois, présidents
de la Chambre d'Agriculture, de la Fdsea et de l'UPA.
Ce protocole, a précisé Vincent Thellier, chargé
de ce dossier à la Chambre d'Agriculture inclut quatre volets, celui de
l'indemnisation, un volet foncier en vue de la redistribution de terrains aux
propriétaires évincés, un volet économique pour prendre en compte les effets
secondaires et aider à la reconversion des agriculteurs expropriés et enfin un
volet communication-animation auprès des exploitants et propriétaires
concernés.
Dans l'exemple d'Amiens Métropole, Daniel Roguet s'est félicité de
cette démarche de coopération qu'il a qualifiée d'exemplaire, la négociation
s'étant faite par zone avec l'appui de représentants exploitants et
propriétaires, dans le cadre d'une démarche concertée inter OPA, et validée au
fur et à mesure par les différentes parties. Le tout dans un climat d'ouverture
avec les représentants d'Amiens Métropole et de la CCI. Joseph Debart,
représentant Amiens Métropole lors des négociations, a d'ailleurs témoigné en ce
sens. Il a ainsi précisé que "cette méthode a permis de rapprocher les points de
vue et les attentes légitimes de chacun"... ce qui permet "d'espérer un
aboutissement satisfaisant", en faisant référence à la conclusion prochaine
de la partie financière du protocole-cadre. "L'agriculture périurbaine est
en devenir" a conclu Joseph Debart, avant que n'intervienne Gérard
Pagat, exploitant 72 ha à Pont de Metz dont 50 concernés par le pôle
Europamiens. Son témoignage illustrant un vécu pas toujours facile à vivre
-"depuis 15 ans, j'ai une épée de Damoclès au dessus de la tête"-
a démontré
l'intérêt et la nécessité de disposer d'un protocole-cadre le plus large
possible, et "gagnant-gagnant" comme l'avait qualifié Daniel Roguet. Gérard
Pagat a souligné combien les projets urbains à long terme mettaient les
exploitants en difficulté en bloquant tous les investissements. S'il espère
qu'en 2005, la situation avec la signature d'accords avec Amiens Métropole va
pouvoir se débloquer, il n'en demeure pas moins que l'emprise urbaines sur son
exploitation va ramener sa surface d'exploitation à 22 ha et donc l'obliger à
prendre une nouvelle orientation...
Ce qui pourrait être prise en compte en partie
dans le cadre d'une convention particulière de l'accord-cadre.
Daniel Rigaux
L'AGGLOMERATION
* 27 communes
* Près de 174 000 habitants
*
l 277 km2 dont plus de 110 urbanisés
* Densité moyenne 627
hab/km2
* Consommation d'espace : près de 10 km2 d'ici 2015
L'AGRICULTURE
* Environ 150 exploitations dont 47
concernées par les nouvelles emprises
* Espaces agricoles : 59 % de
l'aire du SDAU
* Taille moyenne : un peu moins de 100
ha
* Profil : systèmes céréaliers simplifiés (investissements réduits
car incertitudes...)