Mal connu, parfois oublié, souvent boudé, le
Sénat est pourtant la deuxième chambre du Parlement français.
Son rôle est important car il participe
directement à l'exercice du pouvoir législatif. Ses membres ont en effet
l'initiative des lois, les discutant et les votant.
Néanmoins, l'Assemblée Nationale, la première
chambre, peut faire adopter une loi sans l'accord du Sénat On parle alors de l'
"infériorité" du Sénat, ce qui contribue à sa moindre notoriété.
L'origine du Sénat
remonte à 1875. Depuis il représente principalement les collectivités locales,
puisque 95% des électeurs sont des délégués des conseils municipaux. La seconde
chambre doit être en effet, selon la conception traditionnelle "le grand conseil
des communes de France".
Cette conception
découle de la défiance, manifestée depuis la Révolution, envers tout ce qui
pourrait remettre en cause le principe d'unité nationale : les communes
apparaissent moins dangereuses que des collectivités plus vastes.
LE
MANDAT REDUIT DE 9 A 6 ANS
Historiquement établi et politiquement
stable (son existence n'a été menacée qu'à deux reprises, toujours sauvée par
référendum), le Sénat n'échappe pas à la critique, notamment concernant son mode
d'élection perçu comme compliqué. En effet la composition et le renouvellement
du Sénat se distinguent par des règles bien spécifiques : c'est un scrutin
universel indirect. Pour répondre à la critique générale, la loi du 30 juillet
2003 a actualisé la répartition des sièges en tenant compte du recensement
général de la population de 1999. Ainsi, plusieurs changements majeurs sont
apparus : 25 sièges supplémentaires ont été institués ; l'âge d'éligibilité a
été abaissé de 35 à 30 ans ; la durée du mandat a été réduite de 9 à 6 ans, le
scrutin majoritaire a été établi dans les départements élisant 3 sénateurs. Ces
évolutions traduisent bien le désir de moderniser l'institution.
VINGT
TROIS CANDIDATS
Dans le
département de la Somme, les trois sénateurs seront élus par 1 716 grands
électeurs : 6 députés, 19 conseillers régionaux, 46 conseillers généraux et 1
645 délégués des conseils municipaux. Les sénateurs sortants Fernand Demilly
(Rassemblement Démocratique et Social Européen), Marcel Deneux (Union centriste)
et Pierre Martin (Union pour un Mouvement Populaire) ont annoncé leur nouvelle
candidature. Vingt autres personnes ont posé leur candidature. Ce sont (dans
l'ordre d'inscription) : Claude Deflesselle (Udf) Brigitte Lhomme (Ump), Jacques
Fleury (Ps), Christian Manable (Ps), Annie Roucoux (Ps), Alain Gest (Ump),
Christian Vlaeminck (Dvd), Olivier Bondois (Dvd), Jean-Christophe Parisot (Div),
Hubert Henno (Ump), Jacques Pecquery (Pc), Colette Finet (Pc), Brigitte Descamps
(Pc), Daniel Dubois (Udf), Jacques Mournad (Div), Marion Lepresle (Verts),
Jean-Philippe Jardin (Fn), Jean-Francis Bocquillet (Exd), Marie-Claire Bouvet
(Exd), Claude Dauby (Exd). On n'avait jamais encore vu un aussi grand nombre de
candidats !
Paul Rigaux
Dans la Somme, les
sénateurs encore élus pour 9 ans
Malgré la loi du 30 juillet 2003 dite
"de modernisation du Sénat", les sénateurs de la Somme seront encore élus pour 9
ans au lieu de 6.
En effet, les trois séries A, B et C n'en
formeront plus que deux : 1 et 2. De manière transitoire, l'actuelle série C à
laquelle appartient notre département a été scindée en deux pour se répartir
équitablement dans les deux séries.
Par tirage au sort, la Somme a été rattaché à la
série 2 renouvelable en 2013. Les sénateurs seront donc élus pour 9 ans pour la
dernière fois.