La plaine a bien changé au cours de la semaine
écoulée. En quelques jours, la quasi-totalité des blés mûrs a été moissonnée. Au
moment où nous bouclions ce numéro (mercredi soir), il restait encore de l'ordre
de 20 % des surfaces de blé à l'Est, 50 % à l'Ouest et la récolte des blés était
à peine commencée dans les secteurs les plus tardifs. Globalement, de l'avis des
responsables de coopératives consultés, la satisfaction est de mise. "C'est
une bonne moisson
", entend-on dire. Les rendements en bonnes terres sont estimés en
moyenne proches des 100 quintaux. "La régularité de ce niveau de rendement
atteint par les agriculteurs est remarquable", a-t-on souligné à l'Ucara. Cela
étant, nous nous en tiendrons à une prévision située entre 90 et 95 quintaux par
hectare de moyenne départementale tant que tout n'est pas rentré. Certains
secteurs du sud Est d'Amiens connaissent d'ailleurs des rendements hétérogènes,
notamment avec en blé sur blé dont les parcelles "décrochent" par rapport aux
autres. En petites terres, plus légères et plus séchantes, la performance est
moindre de l'ordre d'une dizaine de quintaux.
Le poids spécifique est exceptionnellement bon.
Il ne devrait pas y avoir de réfaction sur ce critère cette année, s'accordent à
dire les responsables de coopératives. Dans de nombreuses situations, il
atteint une moyenne de l'ordre de 80 kgs alors que les réfactions s'appliquent
en dessous de 76 kilos. En revanche, le taux de protéines est en
retrait cette année, tout en restant supérieur à 11 dans une grande majorité de
cas.
Grise mise en
zones grêlées
Tous ces blés ont été récoltés mûrs et secs,
ce qui est plutôt rassurant pour les collecteurs-stockeurs. Des orages ayant
éclaté ici ou là en fin d'après-midi de mardi ont provoqué un arrêt momentané
des fauchages. Mais comme chacun sait, les orages sont très localisés et
nombreux sont les agriculteurs qui auront pu effectuer leur moisson sans être
interrompus par la pluie. Par contre, le manque de maturité de certaines
variétés pour les plus tardives a contraint à laisser les batteuses dans leurs
hangars pendant quelques temps. A l'heure où ces lignes sont lues, il est fort
probable que cette attente sera terminée et que les machines auront repris leurs
rondes.
Dans la zone du Santerre la plus touchée par les grêles,
c'est-à-dire du côté de Rosières, Caix et Vrely, il restait en milieu de semaine
40 % des surfaces à moissonner et les agriculteurs font grise mine. Dans les
parcelles de blé situées à l'épicentre de la mini-tornade, il ne reste qu'une
quinzaine de quintaux à l'hectare à récolter. Dans celles un peu plus éloignées
de ce point central, il ne faut guère compter récolter plus de 40 à 50 quintaux.
Pour les autres parcelles touchées moins sévèrement, il manquera au final une
quinzaine de quintaux environ.
A noter toutefois que la qualité des grains n'a
pas été altérée, qu'ils soient issus de variétés précoces ou tardives. Ce qui
est frappant dans ce secteur, c'est le rythme très ralenti de la moisson avec
des machines qui n'atteignent que le tiers de leur capacité horaire compte-tenu
des verses importantes en raison du vent violent accompagné de grêles. Pour
cette même raison, bien des parcelles en pois protéagineux de cette zone ne
seront pas récoltées.
Une moisson éclair
"Toutes graines confondues,
la récolte se passe très bien",
a expliqué Yves Defente, responsable de la production de Semences de
graminées fourragères : chez Laboulet Semences à Airaines.
A peine perturbée en juillet lors de la
récolte du dactyle et de la fétuque rouge par la pluie, la moisson s'effectue en
un temps record à raison de 800 tonnes par jour. "
A noter une grande satisfaction en ray-grass anglais dont certaines parcelles
atteignent des rendements exceptionnels".
Patrick Desmedt
Inquiétude sur
les prix
Si globalement la récolte
de céréales semble satisfaisante en volume et qualité (exception faite bien
entendu des accidents comme la grêle), demeure une forte inquiétude sur sa
valorisation. La tendance des cours est fortement baissière compte tenu de l'annonce de
fortes récoltes dans de nombreux pays exportateurs et du retour de l'Ukraine sur
les marchés.
Actuellement,
la discussion entre organismes stockeurs de la Somme n'avait pu encore se faire. Et
on peut craindre, tout comme pour les orges que le montant des acomptes pour les
blés 2004 sera en sensible retrait par rapport à ceux de l'an dernier .
Nous ne manquerons pas d'y revenir en détail prochainement
