Les producteurs de lait
effectuent depuis plusieurs années des enquêtes sur certains produits laitiers
"premiers prix". Depuis près de trois ans, le prix de l'emmental
préemballé et râpé "premier prix" le plus courant
est de 5,18 e/kg soit 1,04 e pour le sachet d'emmental râpé de 200
g. Certains prix observés aujourd'hui et particulièrement dans
les enseignes Aldi, Lidl et Leclerc sont de 4,99
e/kg voire 4,95 e/kg (0,99 e le sachet de 200 g d'emmental
râpé).
Situation jugée inacceptable par les responsables de l'Uplp (Union
des producteurs de lait de Picardie) et des Jeunes Agriculteurs.
Les récents accords passés entre les producteurs
et les distributeurs sous l'égide du ministre de l'Economie prévoient certes une
baisse des prix à la consommation, mais en préservant la spécificité des
produits agricoles. Or, le prix du lait à la production diminue déjà du fait des
marchés difficiles sur les produits industriels. Selon Philippe Mabille,
président de l'Uplp, "il est intolérable que cette baisse soit accentuée par une
diminution des prix des produits de grande consommation. On observe déjà depuis
plusieurs mois des baisses de prix de vente sortie usine malgré un certain
maintien des prix à la consommation. Les marges des transformateurs étant
faibles, il est inévitable qu'une baisse des prix à la consommation accentue
cette évolution et se répercute également sur le prix à la
production".
Trois magasins
contrôlés
Répondant à l'appel de la Fnpl
(Fédération nationale des producteurs de lait), une quinzaine de producteurs de
lait de la Somme ont contrôlé lundi 5 juillet trois magasins, à Abbeville,
Amiens et Montdidier représentant les trois enseignes. Après avoir constaté les
mêmes dérives, les producteurs ont rencontré les responsables de ces magasins
afin de faire remonter ces prix. En raison de l'organisation commerciale de ces
magasins, un petit délai technique était nécessaire. Les choses devraient être
redevenues normales cette fin de semaine.
La démarche prend tout son sens au
moment où, au niveau national, les négociations sur la fixation du lait pour le
second semestre ont repris.
Michel Wibart

Hervé REGNIER de Belloy Sur Somme
voit rouge devant le rayon d'emmental du magasin Lidl à
Amiens