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  6/4/2004
  LES CANDIDATS AUX EUROPEENNES A L'ECOUTE DES FDSEA

Le 28 mai, les FRSEA Nord-Bassin Parisien et Normandie échangeaient avec les candidats aux européennes. Le er Juin , la tête de liste UDF était dans la Somme.

"L'actualité agricole européenne, avec sa nouvelle PAC, ses baisses de prix, sa politique ultra libérale associée à une complexité administrative sans précédent, inquiète beaucoup les agriculteurs. Le terrain est triste...". C'est en ces termes peu engageants que Marcel Herbet, éleveur laitier à Grandcourt près d'Albert, accueillait mardi 1er juin dans sa ferme quelques ténors de l'UDF venus échanger avec des responsables professionnels de la Somme sur la politique agricole européenne. Et ce bien entendu dans le cadre de la campagne pour les élections européennes du 13 juin. Jean-Louis Bourlanges, député européen sortant et tête de liste UDF pour la circonscription Nord-Ouest (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Haute et Basse Normandie) était accompagné de Brigitte Fourré, maire d'Amiens et numéro deux sur la liste UDF ainsi que Marcel Deneux, sénateur et Stéphane Demilly, député maire d'Albert, tous deux parlementaires UDF.
Jean-Michel Serres et Christophe Buisset, président et secrétaire général adjoint de la Fdsea leur ont fait part des nombreuses incompréhensions des agriculteurs vis-à-vis de la politique agricole conduite par Bruxelles.
Après avoir reconnu l'intérêt des compromis communautaires en 2002 sur le financement de la PAC et en 2003 sur la réforme, Jean-Louis Bourlanges n'en a pas moins admis que ces compromis étaient très imparfaits, notamment avec le principe du découplage entre l'aide et la production. "Le découplage ayant le double inconvénient d'être humainement humiliant pour les agriculteurs et de fragiliser à terme une aide au revenu qui sera comme suspendue dans le vide".
 
Remettre à plat la PAC
Jean-Louis Bourlanges s'est dit également convaincu que la politique agricole de Bruxelles avait atteint ses limites. "Contestée sur le plan international, elle ne garantit le revenu que pour quelques années et ne facilite pas les installations des jeunes ".
Face à cette situation complexe, le candidat aux européennes a alors suggéré que dans les 4 à 5 années à venir, un gros travail de réflexion puisse être entrepris au niveau français, voire européen sur les finalités et les modalités de la PAC. " Il faut tout mettre à plat et examiner les perspectives que nous voulons... sans rien laisser dans l'ombre : garantie et équité des soutiens au revenu agricole, politique des prix et organisation des marchés, liaison entre activité agricole, préservation de l'environnement et développement rural, valorisation des productions de qualité, clarification de notre politique à l'égard des OGM, sécurité alimentaire, politique des structures et installation des jeunes, relation avec la grande distribution, présence de l'agriculture française sur le marché mondial et soutien aux agricultures des pays en retard de développement".
Jean-Louis Bourlanges a conclu son propos en assurant que cette réflexion devra être conduite en étroite concertation avec les responsables professionnels.
C'est dans le même esprit qu'une autre rencontre avec les candidats a été organisée le 28 mai. Jean-Luc Poulain, président de la Frnbp (1)  et  Arnold Puech d'Alissac, président  de la Frsea Normandie, ont invité les douze têtes de liste de la région chez un producteur laitier de l'Oise, Alain Battaglia. Tous n'ont pas répondu à l'appel.
Yves Butel, président de la Fédération des chasseurs de la Somme, tête de liste du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et membre de Cpnt (Chasse pêche nature et tradition) était présent, ainsi que Patrice Hernu, tête de liste de l'Europe des Nations de Charles Pasqua. Tokia Saïfi (Nord), tête de liste pour l'UMP, était représentée par Jean-Pierre Kaldairou (candidat pour le Calvados), et Jean-Louis Bourlanges, tête de liste pour l'UDF, par Marcel Deneux, sénateur de la Somme. Martine Alvoet et Jean-Michel Serres, président des Fdsea de l'Oise et de la Somme étaient également présents.
Cette rencontre a été l'occasion pour les responsables professionnels d'interpeller les candidats sur les attentes des agriculteurs vis-à-vis de l'Europe.
 
Rappeler la préférence communautaire
Pour l'UMP, il est d'abord important de rappeler que l'Europe technocratique n'existe pas : il y a avant tout une responsabilité politique, le Conseil des ministres et le Parlement européen. Les élus doivent donc prendre leurs responsabilités et agir pour que l'Europe fonctionne mieux là où ça ne va pas.
Yves Butel (MPF) considère que ces sujets révèlent à eux seuls les défauts d'une Europe supranationale et ultra-libérale : "il faut réussir à calmer cette Europe qui est devenue boulimique" . Patrice Hernu juge que plus on ira vers un Etat fédéral, plus on ira vers des intérêts contraires aux intérêts agricoles français. Pour l'UDF enfin, il faut reconnaître que la vision agricole française est souvent mise en minorité en Europe. Ce qui est important aujourd'hui c'est de rappeler les principes fondamentaux d'une politique agricole européenne et en premier lieu la préférence communautaire.
Après ces échanges instructifs, une clause de rendez-vous périodique a été convenue pour faire le point, régulièrement, avec les élus européens de lacirconscription.                         DANIEL RIGAUX
Laurent Mingam
 
(1) Frnbp : Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles du Nord et du Bassin Parisien (Nord-Pas de Calais, Picardie, Ile-de-France, Eure, Eure-et-Loire, Aube, Marne, Yonne).

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Source : FNSEA
Theme : Autre

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