De la
pomme de terre Agata lavée au prix de 1,49 euro les dix kilos (à peine un franc
le kilo), c'était la promotion programmée par les magasins Intermarché du jeudi
28 octobre au samedi 30 octobre inclus. Estimant que ce prix ne pouvait
rémunérer correctement les producteurs et considérant que l'enseigne ne
respectait pas l'accord interprofessionnel des bonnes pratiques commerciales
signé le 15 juin 2004 et qui prévoit que les actions promotionnelles doivent
rester cohérentes avec les conditions économiques de la production,
les responsables de l'Unpt (Union nationale des
producteurs de pommes de terre) se sont mobilisés très tôt jeudi matin chez un
expéditeur dans la banlieue d'Arras pour obtenir l'arrêt de cette promotion.
Devant la pression des producteurs et l'éventualité d'une
manifestation devant leurs magasins, les dirigeants du groupe ont lâché
prise.
Ils ont
accepté que l'annonce à la radio soit stoppée à compter du vendredi à 17 h et
que l'affichage en rayons soit corrigé pour ramener le prix de la promo à 2 e le
sac de 10 kg. Encore fallait-il que les directeurs de magasins mettent en
pratique cet accord. En délégation, Jean-Michel Damay, président de la section
pommes de terre de consommation de la Fdsea, a rencontré les directeurs des
Intermarché de Ham, Roye, Péronne, Rosières et Moreuil à qui il a appris
l'information et qui ont accepté de faire les modifications attendues. "Si nous
ne nous étions pas déplacés nous-mêmes dans les magasins, l'accord n'aurait pas
été respecté", s'est-t-il indigné en relatant l'action syndicale à laquelle il a
participé dès son origine devant les délégués cantonaux réunis à Amiens le
vendredi 29 octobre.
Une
présence marquée des producteurs dans d'autres Intermarché, notamment à Amiens,
aurait permis de mieux quadriller le département et de donner encore plus
d'ampleur à cette action syndicale.
Jean-Michel Damay a fait appel à la vigilance des producteurs, les incitant à ne
pas hésiter à communiquer au siège de la Fdsea toute information sur les
promotions de produits agricoles afin qu'elle puisse être dénoncée à temps si
elles s'avèrent abusives.
Jean-Michel Serres, président de la Fdsea, qui participait
à la réunion de la section pommes de terre, a expliqué que dans le cas présent
"laisser faire aurait eu un effet d'entraînement assuré. Les grandes
surfaces sont obsédées actuellement par le succès grandissant des magasins
hard-discounts. Mais si les fournisseurs pour cette promotion sont français
(ndlr : ce qui est le cas), la profession ne pourra pas faire l'économie d'un
débat en interne
", a-t-il indiqué.
Patrick Desmedt