Anne-Catherine Prévost,
présidente du canton d'Abbeville (1er collège exploitants), témoigne de
l'engagement des élus.
Comment concevez vous
votre rôle de présidente cantonale ?
Un président intervient d'abord pour répondre
aux nécessités imposées par l'actualité. Par exemple, lors des inondations en
2001 notre réseau a permis de déclencher un plan d'urgence pour les sinistrés.
Mais notre action ne s'arrête pas là. Nous devons observer ce qui se passe dans
le milieu agricole et tenter d'apporter une réponse aux problèmes soulevés.
L'élu MSA est avant tout un relais social pour le monde rural.
A quoi vous a conduit
votre observation du milieu agricole ?
J'entends autour de moi :
"ha, vivement la retraite !" et j'observe des personnes qui vivent très mal leur
retraite. J'ai pensé que l'on pouvait faire quelque chose en Picardie Maritime
pour aider à franchir ce passage difficile. Nous avons travaillé avec l'échelon
local de la MSA et le docteur Legendre. Ce travail a abouti à l'organisation en
février dernier de deux réunions sur le thème "seniors, soyez acteurs de votre
santé, soyez acteurs de votre retraite".
Il est important de
prendre du temps pour réfléchir à sa retraite ?
Oui, bien sur.
Lors de ces réunions, le docteur Delahaye, gériatre à Abbeville, a expliqué
l'impact du vieillissement sur la santé et ce que les retraités doivent faire
pour vivre au mieux le passage de la soixantaine. Vieillir n'est pas une
maladie, c'est un phénomène naturel, il faut se préparer physiquement bien sur ;
mais le plus important est de continuer à exister socialement. La retraite,
c'est le retour à une vie "libérée". Il faut saisir les occasions de se faire
plaisir, rencontrer des gens toutes les semaines, sortir, se tenir informés de
l'actualité.
Lors des réunions, des élus MSA ont témoigné
de leurs activités et de leur manière de concevoir cette nouvelle vie.
L'assistance a été convaincue qu'une préparation préalable de quelques mois est
souhaitable pour une retraite bien vécue.
Votre action vers les
aînés s'arrête-elle à ces deux réunions ?
Bien sur que non. La
MSA a lancé en avril 2003, en partenariat avec les aînés ruraux, une action
destinée à favoriser un bon usage du médicament par la personne âgée. D'autres
élus de la MSA prévoient de reconduire l'opération en 2005.
Dans les cantons de Saint-Valéry et
Friville-Escarbotin, un réseau gérontologique expérimente le maintien à domicile
des personnes âgées dépendantes qui permet en outre de réduire le coût moyen
mensuel des soins par rapport à un patient placé en établissement. 80 personnes
âgées sont suivies par ce réseau. Vous voyez, la MSA est vraiment soucieuse de
ses aînés.