Beaucoup d'agriculteurs se plaignent des
dégâts causés aux cultures par les sangliers. Quels moyens allez vous prendre
pour faire face à ce problème qui prend de l'ampleur chaque année
?
Votre question m'amène avant d'y répondre à préciser deux éléments
qui me se semblent importants et qui nécessitent de bien recadrer le contexte
réel des dégâts de grand gibier. En 2002, ce sont environ 450 agriculteurs qui
ont perçu une indemnisation à ce titre. Cela représente un peu moins des 10 %
des exploitations professionnelles. Pour 87 % d'entre eux, l'indemnisation était
inférieure à 500 €.
Le problème des dégâts ne prend pas d'ampleur d'année en
année. Certains secteurs sont plus sensibles que d'autres, j'en conviens mais
c'est en travaillant ensemble, avec une compréhension mutuelle que nous
parviendrons à obtenir des résultats. La problématique nécessite
l'entretien de bonnes relations entre les chasseurs et les agriculteurs et vice
versa.
Quels moyens allons-nous prendre
?
Nous avons longuement réfléchi aux possibilités d'actions qui
tiendraient à responsabiliser davantage les chasseurs sur la gestion des
populations de sangliers. Jusqu'alors, en ce qui concerne la répartition des
charges afférentes à la gestion de l'espèce, notamment les coûts de prévention
et d'indemnisation des dégâts, nous faisions marcher la notion de solidarité
entre tous les chasseurs de grand gibier. En 2002, il s'avère qu'en fonction des
zones dans lesquelles on se trouvait, le coût de revient d'un bracelet sanglier
attribué était tel que l'écart entre le plus bas et le plus haut était de 1 à 15
et qu'ainsi, il ne peut plus être envisagé d'aligner l'ensemble des chasseurs
sur une moyenne des coûts mais de leur faire prendre conscience des
déséquilibres agro cynégétiques constatés ici ou là et de les associer à leurs
rétablissements.
Aussi, à compter de
cette saison, la gestion du sanglier s'adaptera en fonction des zones que nous
avons voulu calquer sur l'image "sécurité routière" (Voir encadré).
Une clôture nécessite un minimum
d'entretien
L'aspect qualitatif du plan de chasse viendra donc, plus
que les années antérieures compléter l'aspect quantitatif. A partir d'une
population estimée d'environ
3 000 sangliers avant chasse
(3 200 en
2002), l'objectif de prélèvement que nous nous sommes fixés est de 1 885 animaux
soit environ 65 % de la population. Ce sont approximativement 4 000 bracelets
qui vont être attribués aux détenteurs de plans de chasse au lieu de 3 600 en
2002.
Un autre
moyen lié à la prévention a été mis en œuvre dès ce printemps. Il s'agit de
l'établissement d'une liste de communes "sensibles" aux dégâts et qui sont
prioritaires en cas de demande de poses de clôtures. En effet, chaque année,
plusieurs centaines de km de clôtures sont installés à la demande des
exploitants en des endroits pas toujours stratégiques en terme de dégâts. Il
nous arrive alors de manquer de matériel pour répondre à des demandes plus
objectives et justifiées. Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour
rappeler aux exploitants qu'une clôture installée nécessite un minimum
d'entretien. L'objectif prioritaire est de lutter contre les dégâts, ne nous
éloignons pas ! Trop de câbles électriques baignent dans la végétation quelques
semaines après leur installation. Quel impact peut avoir la clôture dans ces
conditions !
Plus généralement, il existe un
contentieux entre agriculteurs et chasseurs sur les dégâts de gibier
(indemnisations...). Comment comptez vous le résoudre
?
L'indemnisation des dégâts de grand gibier est régie par un décret
ministériel de juin 2001 qui a modifié le code rural. Ce décret prévoit une
comptabilisation des opérations de prévention et d'indemnisation des dégâts de
grand gibier ; il définit les rôles et prérogatives des commissions nationales
et départementales d'indemnisation ; il arrête les conditions d'indemnisation
des dégâts ; enfin il explicite les procédures d'indemnisation.
C'est une des rares missions
de service public qui a été confiée aux fédérations et c'est pourquoi, il est
incontournable que les textes soient respectés en termes de
procédure.
Pour des prix d'indemnisation
régionalisés
Il n'existe pas dans le département de
contentieux au sens propre du terme. La quasi totalité si ce n'est la
totalité des dossiers sont signés de gré à gré entre l'agriculteur et la
fédération des chasseurs. Néanmoins, j'en suis conscient, il est quelque fois
difficile de trouver des accords mutuels lors de l'élaboration des barèmes
d'indemnisation (prix des denrées) sachant que notre marge de manœuvre est très
étroite dès l'instant où les barèmes indicatifs nous sont imposés par la
commission nationale.
Je souhaite personnellement que ces barèmes évoluent
vers des propositions de prix qui soient régionalisés (prix du blé
Aisne/Oise/Somme) et qui puissent à l'avenir tenir compte, en plus des prix
acomptes versés sitôt la moisson, des compléments de prix perçus l'année
précédente. Il n'est pas dans l'esprit de la Fédération des chasseurs de léser
qui que ce soit mais au contraire de faire en sorte que la perte de récolte soit
indemnisée à sa juste valeur.
Là encore, il semble impératif de travailler en
bonne relation en privilégiant le bon sens et en écartant les situations
extrêmes car, soyez-en assurés, elles existent.
Propos recueillis par Gérald Le
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TROIS ZONES POUR
LA GESTION DU SANGLIER
ZONE
ROUGE
Coût s'un sanglier attribué supérieur à
140 €
Danger : nécessité impérative de baisser les
populations
Attributions de bracelets SAI (sanglier indifférencié) et SAA
(sanglier > 65 kg)
Coût du bracelet : 60 €
ZONE
ORANGE
Coût d'un sanglier attribué compris
entre 80 et 140 €
Zone à risques : attention à la maîtrise des
populations (ne pas développer davantage l'espèce)
Attribution unique de
bracelets SAI (sanglier indifférencié)
Coût du bracelet : 50
€
ZONE
VERTE
Coût d'un sanglier attribué inférieur
à 40 €
Zone tranquille
Attribution de bracelets SABR (sanglier bête
rousse £ 50 kg) et SAI
Coût du bracelet : 40
€.