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La seconde crise de
l'ESB a débuté à l'automne 2000. Plus grave que celle de 1996, elle
a durablement déstabilisé le secteur de l'élevage.
La chute de la
consommation a perduré sur toute l'année 2001. Les prix à la
production ont chuté de – 20 % en moyenne, et jusqu'à – 30 % au plus
fort de la crise.
C'est dans ce contexte
qu'à éclaté l'épidémie de fièvre aphteuse, achevant de désespérer
les éleveurs.
Cette crise s'est
répandue dans toute l'Europe. Mais les spécificités de l'élevage
français, où le troupeau allaitant occupe une place très importante,
expliquent qu'elle ait pris chez nous un caractère plus
dramatique.
De plus, au moment où
la France essayait de lutter contre la crise en prenant Des mesures
de dégagement du marché, d'autres pays, comme l'Allemagne ou les
Pays Bas, choisissaient d'exporter leur crise en inondant le marché
de viande à bas prix issue de troupeaux laitiers.
Enfin, l'exaspération
des producteurs était à son comble quand ils constataient que
l'effondrement des cours à la production n'avait aucun
retentissement sur les prix à la consommation. Au contraire, ces
derniers augmentaient de 5 %, comme si la distribution avait décidé
de compenser les baisses de volumes par des augmentations de
prix.
Certes, des mesures ont
été prises pour limiter les effets de cette crise, tant au plan
communautaire qu'au niveau national. Ces mesures ne sont pas
insignifiantes, mais force est de constater qu'elles n'ont pas
permis, à court ou à moyen terme, de rétablir l'équilibre des
marchés et la confiance des consommateurs.
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A partir de la
mi-octobre 2001, les éleveurs exaspérés de constater que les prix de
marchés étaient inférieurs au prix de destruction, ont lancé toute
une série d'actions : blocages d'abattoirs, contrôle de camions
sur presque tout le territoire français.
Ces actions ont pris
parfois un tour violent. Il ne s'agit pas de justifier cette
violence. Mais il faut bien comprendre que ce sont les éleveurs les
plus fragiles, spécialisés en viande bovine, dont le revenu avant la
crise était déjà parmi les plus faibles des agriculteurs français,
qui ont subi les contrecoups les plus forts.
Devant cette situation,
la FNSEA aurait pu " laisser faire le terrain ". Elle a
considéré que ce n'était ni l'intérêt des éleveurs, ni celui de la
filière, ni celui du pays. Elle a donc pris ses responsabilités.
Elle y était d'ailleurs fortement invitée par le gouvernement
français qui n'avait pas d'autre carte à jouer, car il savait bien
qu'on ne règle pas par le recours à la force publique un conflit
avec des personnes qui n'ont plus rien à perdre.
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L'accord du 24 octobre
2001 n'avait pas d'autre objet que de canaliser un mouvement de
révolte, de sortir d'une impasse dans laquelle les acteurs s'étaient
enfermés.
Plus que son contenu,
qui ne pouvait avoir aucun effet contraignant, c'est sa
médiatisation qui était importante, afin d'adresser un signal
positif aux éleveurs et de permettre le rétablissement de l'ordre
public.
Je voudrais insister
sur 2 points dont la commission nous fait grief : la suspension
des importations et la prorogation secrète dont l'accord du 24
octobre aurait fait l'objet.
Sur la suspension des
importations, nous sommes prêts à reconnaître que cette clause était
de nature à choquer la commission, comme elle a pu choquer nos
partenaires des autres pays. Sans vouloir à tout prix justifier
cette clause, il convient d'observer ceci :
-
les pays européens
n'ont pas eu la même stratégie face à la crise. Certains, et
notamment la France, essayaient de maîtriser l'offre, d'autres se
lançaient dans une politique d'exportation à bas
prix ;
-
la clause n'a eu aucun effet décelable sur les
courants d'importation ;
-
la situation
exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvions, nécessitait des
mesures symboliques fortes.
En ce qui concerne la
prorogation de l'accord, je tiens à souligner que la FNSEA est une
organisation syndicale dont la mission est de défendre les
agriculteurs. Il est donc parfaitement légitime qu'elle demande pour
les éleveurs, des prix de vente qui soient au moins égaux aux prix
de destruction fixés par la réglementation communautaire. Nous
sommes là dans le stricte domaine de l'action syndicale. Si la
grille de prix a pu continuer de s'appliquer après le 30 novembre
2001, c'est en raison de l'action syndicale, et non d'une entente
secrète.
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Dans toute cette
affaire, la FNSA a agi en organisation responsable. Par son action
elle a canalisé un mouvement de révolte et évité que des atteintes
graves ne soient portées à l'encontre des personnes et des biens.
Elle a su gérer une sortie de crise, remplissant ainsi la fonction
qui doit être celle d'un corps intermédiaire dans une démocratie
moderne.
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