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  4/2/2003
  Argumentaire concernant la condamnation par la Commission : Audition de l'audition de Jean-Michel Lemétayer


La seconde crise de l'ESB a débuté à l'automne 2000. Plus grave que celle de 1996, elle a durablement déstabilisé le secteur de l'élevage.

La chute de la consommation a perduré sur toute l'année 2001. Les prix à la production ont chuté de – 20 % en moyenne, et jusqu'à – 30 % au plus fort de la crise.

C'est dans ce contexte qu'à éclaté l'épidémie de fièvre aphteuse, achevant de désespérer les éleveurs.

Cette crise s'est répandue dans toute l'Europe. Mais les spécificités de l'élevage français, où le troupeau allaitant occupe une place très importante, expliquent qu'elle ait pris chez nous un caractère plus dramatique.

De plus, au moment où la France essayait de lutter contre la crise en prenant Des mesures de dégagement du marché, d'autres pays, comme l'Allemagne ou les Pays Bas, choisissaient d'exporter leur crise en inondant le marché de viande à bas prix issue de troupeaux laitiers.

Enfin, l'exaspération des producteurs était à son comble quand ils constataient que l'effondrement des cours à la production n'avait aucun retentissement sur les prix à la consommation. Au contraire, ces derniers augmentaient de 5 %, comme si la distribution avait décidé de compenser les baisses de volumes par des augmentations de prix.

Certes, des mesures ont été prises pour limiter les effets de cette crise, tant au plan communautaire qu'au niveau national. Ces mesures ne sont pas insignifiantes, mais force est de constater qu'elles n'ont pas permis, à court ou à moyen terme, de rétablir l'équilibre des marchés et la confiance des consommateurs.

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A partir de la mi-octobre 2001, les éleveurs exaspérés de constater que les prix de marchés étaient inférieurs au prix de destruction, ont lancé toute une série d'actions : blocages d'abattoirs, contrôle de camions sur presque tout le territoire français.

Ces actions ont pris parfois un tour violent. Il ne s'agit pas de justifier cette violence. Mais il faut bien comprendre que ce sont les éleveurs les plus fragiles, spécialisés en viande bovine, dont le revenu avant la crise était déjà parmi les plus faibles des agriculteurs français, qui ont subi les contrecoups les plus forts. 

Devant cette situation, la FNSEA aurait pu " laisser faire le terrain ". Elle a considéré que ce n'était ni l'intérêt des éleveurs, ni celui de la filière, ni celui du pays. Elle a donc pris ses responsabilités. Elle y était d'ailleurs fortement invitée par le gouvernement français qui n'avait pas d'autre carte à jouer, car il savait bien qu'on ne règle pas par le recours à la force publique un conflit avec des personnes qui n'ont plus rien à perdre.

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L'accord du 24 octobre 2001 n'avait pas d'autre objet que de canaliser un mouvement de révolte, de sortir d'une impasse dans laquelle les acteurs s'étaient enfermés.

Plus que son contenu, qui ne pouvait avoir aucun effet contraignant, c'est sa médiatisation qui était importante, afin d'adresser un signal positif aux éleveurs et de permettre le rétablissement de l'ordre public.

Je voudrais insister sur 2 points dont la commission nous fait grief : la suspension des importations et la prorogation secrète dont l'accord du 24 octobre aurait fait l'objet.

Sur la suspension des importations, nous sommes prêts à reconnaître que cette clause était de nature à choquer la commission, comme elle a pu choquer nos partenaires des autres pays. Sans vouloir à tout prix justifier cette clause, il convient d'observer ceci :

  • les pays européens n'ont pas eu la même stratégie face à la crise. Certains, et notamment la France, essayaient de maîtriser l'offre, d'autres se lançaient dans une politique d'exportation à bas prix ;

  •   la clause n'a eu aucun effet décelable sur les courants d'importation ;

  • la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvions, nécessitait des mesures symboliques fortes.

En ce qui concerne la prorogation de l'accord, je tiens à souligner que la FNSEA est une organisation syndicale dont la mission est de défendre les agriculteurs. Il est donc parfaitement légitime qu'elle demande pour les éleveurs, des prix de vente qui soient au moins égaux aux prix de destruction fixés par la réglementation communautaire. Nous sommes là dans le stricte domaine de l'action syndicale. Si la grille de prix a pu continuer de s'appliquer après le 30 novembre 2001, c'est en raison de l'action syndicale, et non d'une entente secrète.

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Dans toute cette affaire, la FNSA a agi en organisation responsable. Par son action elle a canalisé un mouvement de révolte et évité que des atteintes graves ne soient portées à l'encontre des personnes et des biens. Elle a su gérer une sortie de crise, remplissant ainsi la fonction qui doit être celle d'un corps intermédiaire dans une démocratie moderne.

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Source : FNSEA

Source : FNSEA
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