La réduction du nombre d'éleveurs de moutons dans
la Somme - un peu plus de 250 aujourd'hui détiennent plus de 10 brebis primées -
amène la section ovine et ses responsables à se positionner au cœur de tous les
débats professionnels. Marc Dubiquet, son président, a suscité une nouvelle fois
la réflexion en organisant une journée "moutons" en parallèle à
l'assemblée générale de la section ovine.
L'initiative a plu car ce sont près de 35 éleveurs qui se sont retrouvés le 28 février dernier à
Domart-en-Ponthieu.
Au programme, un jugement d'agneaux en vif, issus
de l'élevage de Hervé Bellart, vice-président de la section et cheville ouvrière
de la journée, avec contrôle des carcasses plus tard dans l'après-midi à
l'abattoir Petit. Cet exercice pédagogique permettait de revenir à l'acte de
vente de l'éleveur qui "apprécie" ses animaux au moment de la vente et de faire
le rapprochement avec le paiement à la qualité selon le classement et l'état
d'engraissement. Globalement les éleveurs se sont montrés à la hauteur. Dans le
prolongement de cet exercice, Marc Dubiquet avait convié à cette journée, Madame
Pouchou, directrice de la coopérative l'Agneau d'Or, David Delavenne, animateur
de l'association ovine Nord-Picardie, Thierry Duflos, boucher à St
Léger-les-Domart, et bien sûr Franck Petit, directeur de l'abattoir.
Ces différents intervenants devaient permettre de répondre à la
question : "Que produire pour conforter notre revenu ?". Ils ont
expliqué que les besoins s'exprimaient davantage en terme d'approvisionnement
tout au long de l'année que sur une qualité précise. En fait, les éleveurs
savent ce qu'il faut mettre en marché : des agneaux de 18 à 22 kg de carcasse,
sur des lots homogènes voire standardisés inscrits éventuellement dans des
démarches authentiques de proximité. En fait chaque interlocuteur, de l'abatteur
au boucher a orienté sa réponse sur le besoin de s'approvisionner tout au long
de l'année sur un nombre d'agneaux régulier. C'est, semble-t-il, le reproche
fait aux producteurs qui s'occupent peu de produire au moment ou le boucher ou
la grande surface ont vraiment besoin des agneaux. Car un marché se caractérise
par des prix mais aussi par des volumes. Le problème est que c'est toujours sur
le plus bas des apports que les débouchés se structurent. Le reste du temps, on
est dans le conjoncturel avec des hausses mais aussi des baisses ! Cela étant il
semblerait que les intervenants de la filière ne soient pas prêts à
contractualiser des apports en période creuse préférant s'appuyer sur des
marchés où il existe des marges de manœuvre qui ne se traduisent pas forcément
en marge supplémentaire pour l'éleveur !
Remettre un
technicien spécialisé
On retiendra, entre autres de la partie
statutaire de l'assemblée, à laquelle participaient Vincent Démarest, secrétaire
général de la Fdsea et Martine Letellier, présidente de l'Ede, la demande
formulée une nouvelle fois à la Chambre d'Agriculture de remettre en place un
technicien spécialisé dans la production ovine. Martine Letellier a assuré
les participants "d'une réorganisation prochaine de l'Ede dans ce
sens". Ce dossier est essentiel selon Marc Dubiquet qui a mis ce problème
en perspective d'une diminution du nombre de brebis primées dans le département.
"La production ovine génère du revenu, accompagne les projets
environnementaux et bénéficie d'une excellente image" affirme-t-il. Et de
poursuivre " ce serait dommage que tous les partenaires de la production
ovine, élus et administration, reconnaissent son importance, et que la
profession agricole elle-même l'ignore
!".
Michel Wibart
Le nouveau bureau de
la section ovine
Président :
Marc Dubiquet de Cléry sur Somme
1er Vice-président : Hervé Bellart de Domart en Ponthieu
2ème
Vice-président : François Bizet de
Ponthoile
Secrétaire :
Jean-Pierre Testu de Mons-Boubert
Trésorier : Jean-François Bernard de Ailly le Haut-Clocher
5
membres complètent ce bureau : Régis Dupays, André
Mora,
Manuel Verscheure, Vincent Oliveira et Pascal
Drouvin