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    Actualités / 2002-2007 / 2003 / Janvier
 
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  1/23/2003
  BRUXELLES PROPOSE UNE NOUVELLE REFORME DE LA PAC


La Commission européenne a présenté ce 22 janvier ses propositions formelles de réforme de la Pac qui, selon Franz Fischler, le commissaire chargé du dossier, poursuivent "un seul objectif" : "donner un sens aux subventions, pour nos producteurs, nos consommateurs et nos contribuables".
 
Ces textes, qui seront soumis aux ministres de l'agriculture des Quinze le 27 janvier, permettront aussi de "maximiser le capital de négociation de l'UE au sein de l'OMC", a souligné Franz Fischler, alors que reprennent aujourd'hui également à Genève les pourparlers sur la libéralisation des échanges agricoles mondiaux.
Parmi les aspects saillants de ce dispositif figurent la réduction de 5 % du prix d'intervention des céréales, la diminution des prix de soutien du lait, la mise en place d'un système de découplage des aides aux agriculteurs par rapport au produit, l'instauration à compter de 2006 d'une dégressivité des aides allant jusqu'à 19 % en 2012 pour les tranches supérieures à 50 000 euros perçus, le gel des terres correspondant à 10 % des surfaces ainsi que l'application du principe de conditionnalité des aides.

Bon nombre de propositions ont, par avance, suscité des réactions négatives du monde agricole, notamment en France. Dans une "lettre ouverte" président de la Fnsea Jean-Michel Lemétayer a demandé à Jacques Chirac et Gerhard Schroeder de s'opposer à ce qu'il considère être une réforme de fond de la Pac.
Les propositions de la Commission, qui s'écartent peu du projet élaboré par les services du commissaire à l'agriculture( voir AAP du 3/1/03) sont pour l'essentiel les suivantes :
 
Cultures arables
- Réduction de 5 % du prix d'intervention des céréales, à 95,35 euros/t, à partir de 2004/05 compensée par une augmentation de 63 à 66 euros/t de l'aide directe.
- Abolition du système des majorations mensuelles.
- Suspension des restitutions à la production pour les produits amylacés.
- Conversion du supplément de 9,5 euros/t pour les protéagineux en une aide spécifique à la superficie de 55,57 euros/ha versée dans la limite d'une nouvelle surface maximale garantie (SMG) de 1,4 million d'ha.
- Inclusion de 50 % de l'aide directe de 110,54 euros/t pour les producteurs de pommes de terre de fécule dans l'aide au revenu, le reste étant maintenu en tant qu'aide spécifique ; abolition du prix minimum.
 
Lait
- Prorogation jusqu'à la campagne 2014/15 d'un système réformé de quotas laitiers.
- Mise en œuvre anticipée d'une année des décisions de l'Agenda 2000 (diminution des prix d'intervention et augmentation de 1,5 % des quotas) qui couvriraient donc la période 2004-2006.
- Réduction des prix de soutien également en 2007 et 2008 avec une augmentation annuelle de 1 % des quotas sur la base des quantités de référence résultant de l'application de l'Agenda 2000.
- Remplacement de la réduction uniforme de 5 % par an des prix d'intervention prévue dans l'Agenda 2000 par des diminutions annuelles de 3,5 % pour la poudre de lait écrémé et de 7 % pour le beurre sur la période de cinq ans, soit, au total, une baisse de 35 % pour le beurre et de 17,5 % pour la poudre de lait écrémé correspondant à une réduction globale de 28 % du prix indicatif du lait.
- Compensation additionnelle en 2007 et 2008 par le biais d'aides directes, selon la même méthode de calcul que dans l'Agenda 2000. Intégration de toutes les paiements laitiers dans l'aide unique au revenu.
 
Découplage
(instauration d'une aide au revenu)
- Remplacement de la plupart des aides directes (cultures arables, viande bovine, lait, ovins, fécule de pomme de terre, légumineuses à grains, semences, fourrages séchés) par un paiement unique par exploitation sur la base du montant global d'aides reçu sur la période de référence 2000-2002.
- Division de ce montant par le nombre d'hectares de l'exploitation (excepté les récoltes permanentes, les forêts ou les surfaces utilisées à des fins non agricoles au 31 décembre 2002) pour obtenir la valeur du droit au paiement.
 
Conditionnalité des aides
- Instauration d'un système obligatoire de sanctions (réduction partielle ou totale de l'aide) pour les agriculteurs qui ne respectent pas certaines normes réglementaires en matière d'environnement, de sécurité alimentaire, de santé et de bien-être des animaux, de sécurité de l'emploi sur l'exploitation.
- Obligation pour les bénéficiaires de l'aide de maintenir leurs terres dans de bonnes conditions agricoles.
 
Gel des terres environnemental à long terme
Obligation pour les agriculteurs actuellement soumis au régime de gel des terres de mettre en jachère non rotationnelle l'équivalent de 10 % de leur superficie Cop (Céréales-Oléoprotéagineux) sur dix ans sans l'utiliser à des fins agricoles ou pour la commercialisation de produits.
 
Soutien des productions énergétiques (crédit carbone)
- Aide de 45 euros/ha pour les cultures énergétiques dans la limite d'une SMG de 1,5 million d'ha.
- Octroi de l'aide uniquement pour les surfaces dont la production est couverte par un contrat entre l'exploitant et l'industrie de transformation (sauf si celui-ci procède lui-même à la transformation).
- D'ici cinq ans, présentation par la Commission d'une rapport sur la mise en œuvre de ce nouveau régime.
 
Dégressivité des aides
- Réduction des paiements accordés à un exploitant, au-delà d'une franchise de 5 000 euros d'aides reçues, de :
- pour la tranche d'aide de 5 001 à 50 000 euros : 1 % en 2006, 3 % en 2007, 7,5 % en 2008, 9 % en 2009, 10,5 % en 2010, 12 % en 2011 et 12,5 % en 2012.
- au-delà de 50 000 euros : 1 % en 2006, 4 % en 2007, 12 % en 2008, 14 % en 2009, 16 % en 2010, 18 % en 2011 et 19 % en 2012.
- D'ici là, possibilité pour les États membres de transférer des fonds du soutien direct vers le développement rural par le biais d'une modulation volontaire.
 
Développement rural
Instauration de nouvelles mesures bénéficiant du soutien du Fonds agricole européen et pouvant être mises en œuvre par les États membres qui le souhaitent.

Source : FNSEA
Theme : Autre

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