Les règlementations en vigueur (règlement
sanitaire départemental, installations classées, directive nitrate) portent sur
la maîtrise des effluents d'élevage. Elles ne doivent pas être confondues avec
le Pmpoa qui est un programme d'aides à la mise
en conformité des bâtiments d'élevage. Il comporte un volet bâtiment dans le but
de constater les éventuels "fuites" d'effluents vers le milieu et un volet
agronomique visant à valoriser au mieux les engrais organiques
produits.
Quels élevages
auront des travaux à réaliser ?
Les éleveurs ovins n'ont pas de travaux à
réaliser. Quant aux éleveurs de bovins viande, pour les modes de logement en
aire paillée intégrale, il n'y a pas non plus de travaux à prévoir.
Les
travaux concernent donc prioritairement les éleveurs laitiers, soit environ 600
à 700 éleveurs. Ces travaux ne sont pas forcément conséquents et peuvent varier
d'une exploitation à l'autre.
Alors, pourquoi rentrer dans le Pmpoa2 quand
il n'y aura pas de travaux à réaliser ?
Pour 3 raisons principales : faire
constater l'absence de travaux, pouvoir continuer à prétendre aux aides
publiques à l'investissement sur l'exploitation et pour le projet agronomique,
qui peut parfois engendrer de sérieuses économies d'engrais
!
En élevage laitier :
des pistes pour la mise
aux normes à coût réduit
Bien souvent, dans le cadre du Pmpoa1, des travaux
de modernisation, souhaités par l'éleveur, accompagnaient la mise aux normes :
évolution de la taille des troupeaux sans adaptation des bâtiments. Quelles sont
les perspectives pour les élevages de petite à moyenne dimension qui rentrent
aujourd'hui dans le Pmpoa2 ?
Les systèmes des bâtiments sont généralement plus
simples pour les élevages de petite à moyenne dimension et génèrent moins de
travaux de mise aux normes. Compte tenu d'une disponibilité en paille et en
main-d'œuvre plus importantes, le logement en aire paillée est
dominant.
Pour un troupeau de 30 vaches laitières en aire
paillée :
Coût de mise aux normes hors
modernisation (aides déduites) : -
- Aire paillée intégrale : 9 000
euros
- Aire paillée avec aire d'exercice couverte : 20 000 euros
- Aire
paillée libre-service : 27 000 euros
Soit : de 4,8 à 14,5 euros pour 1 000
litres (0,03 à 0,10 francs / litre).
Le libre-service peut encore avoir
sa place car c'est un système souple, économique en terme de temps de travaux et
de mécanisation. Pour les troupeaux de taille modérée, il est toujours
d'actualité à condition que les surfaces extérieures ne soit pas trop
importantes. Pour un troupeau de 30 vaches, le passage en système distribué
engendre un investissement supplémentaire de 29 000 euros, sans compter la
mécanisation nécessaire !
La validation prochaine de dispositifs de
traitement des eaux brunes apportera également des perspectives pour ces
systèmes.
Mise aux normes de l'existant : des économies
sont possibles. Pour la mise aux normes de l'existant, il y a des possibilités
de réduction des coûts de mise aux normes existent (exemple : élevage de 30 VL
en aire paillée avec aire d'exercice couverte raclée derrière l'auge)
:
- par une participation aux
travaux :Elle est possible pour l'ensemble des travaux excepté la fosse de
stockage des effluents liquides. Dans ce cas, les économies
d'investissement possibles s'élèvent à 7 000 euros.
- par le choix de
solutions techniques moins onéreuses :
La couverture d'une fumière pour des
petites surfaces engendre un surcoût important de 6 000 euros.
-
réduire les coûts de maçonnerie :
Ce qui est possible pour les parois de
fumière. La fosse en géomembrane, au lieu du 100% béton permet une économie de 9
000 euros.
- par le choix de solutions alternatives au "100% stockage" :
Si le traitement des effluents peu chargés est choisi, l'investissement de
départ n'est pas forcément réduit, mais l'économie porte sur les coûts et le
temps d'épandage.
Pour autant, le besoin de modernisation en complément
de la mise aux normes reste conséquent : l'état du parc de bâtiment est
vieillissant.
La modernisation est importante pour la qualité
de vie des éleveurs, la qualité des produits, et le bien-être animal...donc pour
la pérennité des élevages.
Le choix d'un système de bâtiment ne se raisonne
pas uniquement en terme de d'économies d'investissement. C'est un compromis en
terme de coûts d'investissement, coûts de fonctionnement et temps de travail
induit, et parfois, il s'agit d'un pari sur l'avenir (délocalisation). Des
exemples de modernisation réussies, à investissements maîtrisés
existent.