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    Actualités / 2002-2007 / 2002 / Novembre
 
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  11/28/2002
  ZONES VULNERABLES: LES POUVOIRS PUBLICS DEVRAIENT BIENTÖT PRENDRE POSITION . La FDSEA REAFFIRME SON OPPOSITION AUX ZONES VULNERABLES;


Lors de  sa séance du 21 novembre, le conseil d'administration de la Fdsea s'est à nouveau penché sur l'éventuel classement du département de la Somme en zone vulnérable.
A cette occasion, il a réaffirmé son opposition très nette à tout classement .
 
Les pouvoirs publics vont-ils maintenir leur projet de classer les deux tiers de la Somme en zones vulnérables, soit une bonne moitié Est ainsi que le Nord Ouest du département (cf AAP du 18 octobre). Les incidences d'un tel classement ne sont pas neutres, c'est pourquoi le conseil d'administration de la Fdsea en a longuement débattu lors de sa séance du 21 novembre.
Le président de la Fdsea, Jean-Michel Serres, a rappelé les exigences de la commission européenne de voir classée en zones vulnérables la majeure partie des départements limitrophes de la Manche et de la Mer du Nord pour cause d'eutrophisation. Répondant à cette injonction, le préfet de la Somme, s'appuyant sur des mesures en teneur en azote des captages d'eau, préconise de retenir 60% du territoire de la Somme en zone vulnérable (voir AAP du 18 octobre).

Ce qui aurait pour résultantes d'imposer un certain nombre d'obligations et de contraintes supplémentaires aux agriculteurs concernés (voir ci-après). Par ailleurs, le Pmpoa 2 étant lié aux zones vulnérables -un lien jugé pervers par le syndicalisme- seuls les éleveurs situés en zones vulnérables pourraient bénéficier des aides de ce programme (voir AAP du 22 novembre).
Et quand on constate qu'une bonne partie des élevages sont implantés hors des zones vulnérables préconisées par l'administration, on mesure les ambiguïtés de ces réglementations.
Tous les agriculteurs et notamment les éleveurs ne seront pas situés à la même enseigne dès lors que le siège de leur exploitation sera ou non en zone vulnérable. Une situation qui ne sera pas toujours facile à gérer sur le terrain, ont estimé plusieurs présidents cantonaux !
Du débat très riche qui s'est instauré à cette occasion au sein du conseil, on peut en retenir les conclusions suivantes.
La profession reste résolument hostile à toute classification, même partielle du département en zone vulnérable.
 
Une spirale croissante de contraintes
Cette classification entraîne en effet les agriculteurs dans une spirale croissante de contraintes. Si certaines d'entre elles (ex : plan prévisionnel de fumure) peuvent être assumées par une majorité d'exploitants, d'autres, (comme l'interdiction d'aides en cas de certains investissements -voir ci-après-) sont plus redoutables.

Enfin, comme l'a souligné Pierre Mille, rien n'interdit à Bruxelles d'imposer demain de nouvelles contraintes supplémentaires aux zones vulnérables ; alors autant ne pas y rentrer !
D'autant, a plaidé Alain Jumelle, que la profession n'a pas attendu après les zones vulnérables pour réaliser de gros efforts sur l'environnement. Tous les exploitants a-t-il poursuivi, sont conscients, que leurs produits devront répondre à davantage d'exigences qualitatives. Une classification en zone vulnérable s'avère donc inopérante.

Cela étant, certains éleveurs pourraient regretter de se voir écartés des aides Pmpoa 2 dès lors que leur élevage ne se situe pas en zone vulnérable. Cette objection est certes recevable mais pourquoi imposer de nouvelles contraintes à des éleveurs qui ne sont pas demandeurs pour en satisfaire d'autres. Surtout a fait remarquer Daniel Roguet que les aides du Pmpoa 2 sont bien loin d'égaler celles du Pmpoa 1 et que d'autres soutiens en provenance de collectivités territoriales peuvent en partie y pallier.

Cette position de rejet des zones vulnérables a été reprise à la fois par le Conseil général et le Conseil régional consultés tous deux pour avis par les pouvoirs publics sur le classement éventuel du département de la Somme en zone vulnérable.

Rappelons qu'à l'issue de cette consultation (Conseils général et régional, comité départemental d'hygiène, agence de bassin et chambre d'agriculture) il reviendra au préfet coordonnateur de l'agence Artois-Picardie (le préfet du Nord) de prendre sa décision...qui pourrait encore être éventuellement remise en cause par BRUXELLES.
 
 
 
 
Les conséquences d'un classement en zone vulnérable
Celles-ci sont de trois ordres : les obligations qui s'imposeront aux exploitants d'une part, les restrictions concernant l'accès à certaines aides à l'investissement d'autre part et enfin la possibilité pour les éleveurs d'accéder aux aides du Pmpoa 2.

Les obligations s'imposant aux exploitants.
Elles sont à définir dans un "programme d'action". A titre indicatif, le second programme d'action adopté pour les anciennes zones vulnérables du département prescrivait :

- l'obligation d'équilibrer la fertilisation azotée et de ne pas épandre plus de 170 unités d'azote/ha provenant de matières organiques,
- l'obligation, pour garantir cet objectif, d'établir un plan prévisionnel de fumure azotée et de tenir un cahier d'épandage,
- l'obligation de respecter des périodes d'interdiction d'épandage
- l'obligation pour les éleveurs de disposer de capacités de stockage d'effluents permettant de couvrir les périodes d'interdiction d'épandage,
- l'obligation de respecter certaines prescriptions spécifiques : pas d'épandage de matières organiques sur sol gelé ou sur sol à forte pente ou bien encore proche d'un cours d'eau.
Par ailleurs, la mise en place de couverts végétaux intermédiaires, à l'automne, qui évitent la migration dans la nappe de l'azote résiduel du sol, est vivement recommandée.

Les restrictions concernant l'accès à certaines aides à l'investissement.
En zone vulnérable, les aides à l'investissement pour les productions porcines et avicoles sont interdites même s'il n'y a pas d'augmentation de capacité de production. Pour les productions porcines cette interdiction est levée si l'exploitant est engagé en production biologique, dans une démarche qualité homologuée par un signe officiel de qualité ou dans un circuit court de commercialisation. L'interdiction est, en production avicole, également levée s'il n'y a pas d'augmentation de capacité de production. Dans le cas contraire, l'interdiction n'est levée qu'en cas de production biologique.
En production de viande bovine, les aides à l'augmentation de production ne sont autorisées, en zone vulnérable, que si l'exploitant intègre une démarche qualité homologuée par un signe officiel de qualité.
Pour les éleveurs situés en zone vulnérable dont les installations ne seraient pas aux normes et qui n'auraient pas adhéré au programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole (Pmpoa) avant le 31 décembre 2002, toute aide publique à l'investissement sera interdite tant que leur exploitation ne sera pas aux normes.
 
Le Pmpoa
A la suite d'un début de contentieux engagé par la Commission sur ce programme qui avait démarré en 1993 et qui a permis, dans le département de la Somme, d'aider 545 éleveurs à se mettre aux normes (participations financières de l'Etat et de la Région au titre du CPER, du département et de l'Agence de l'Eau), la France a, en 2001, négocié une profonde réforme.
Il en résulte que le Pmpoa est désormais :
- principalement réservé aux éleveurs situés en zones vulnérables
- réservé aux éleveurs ayant déposé une déclaration d'intention d'engagement avant le 31 décembre 2002
- complètement révisé pour ce qui concerne les investissements éligibles et les taux d'aide.
Il doit également être achevé (toutes décisions d'aides prises) avant le 31 décembre 2006
.
(Source Ddaf)
 
Le Conseil régional et le Conseil général émettent un avis défavorable sur une délimitation de zones vulnérables dans la Somme
 
Consultés sur la proposition du préfet de délimiter des zones vulnérables dans la Somme, ces deux collectivités territoriales ont émis un avis
défavorable. Pour le Conseil général "cette mesure réglementaire aura pour effet d'accroître les contraintes qui pèsent sur les activités agricoles et ne reconnaît pas les efforts accomplis par la profession agricole".
En outre, le Conseil général "estime arbitraire le découpage (Est et Nord Ouest du département - ndlr) reposant davantage sur des considérations financières du fait de l'insuffisance du budget prévu pour la miseaux normes des bâtiments d'élevage, et non pas uniquement sur la prise en compte des préoccupations environnementales".

Source : FNSEA
Theme : Autre

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