Enfin, comme
l'a souligné Pierre Mille, rien n'interdit à Bruxelles d'imposer demain de
nouvelles contraintes supplémentaires aux zones vulnérables ; alors autant ne
pas y rentrer !
D'autant, a plaidé Alain Jumelle, que la profession n'a pas
attendu après les zones vulnérables pour réaliser de gros efforts sur
l'environnement. Tous les exploitants a-t-il poursuivi, sont conscients, que
leurs produits devront répondre à davantage d'exigences qualitatives. Une
classification en zone vulnérable s'avère donc inopérante.
Cela étant, certains éleveurs
pourraient regretter de se voir écartés des aides Pmpoa 2 dès lors que leur
élevage ne se situe pas en zone vulnérable. Cette objection est certes recevable
mais pourquoi imposer de nouvelles contraintes à des éleveurs qui ne sont pas
demandeurs pour en satisfaire d'autres. Surtout a fait remarquer Daniel Roguet
que les aides du Pmpoa 2 sont bien loin d'égaler celles du Pmpoa 1 et que
d'autres soutiens en provenance de collectivités territoriales peuvent en partie
y pallier.
Cette position de rejet des zones
vulnérables a été reprise à la fois par le Conseil général et le Conseil
régional consultés tous deux pour avis par les pouvoirs publics sur le
classement éventuel du département de la Somme en zone vulnérable.
Rappelons qu'à l'issue de cette
consultation (Conseils général et régional, comité départemental d'hygiène,
agence de bassin et chambre d'agriculture) il reviendra au préfet coordonnateur
de l'agence Artois-Picardie (le préfet du Nord) de prendre sa décision...qui
pourrait encore être éventuellement remise en cause par BRUXELLES.
Les
conséquences d'un classement en zone vulnérable
Celles-ci sont de
trois ordres : les obligations qui s'imposeront aux exploitants d'une part, les
restrictions concernant l'accès à certaines aides à l'investissement d'autre
part et enfin la possibilité pour les éleveurs d'accéder aux aides du Pmpoa 2.
Les obligations s'imposant aux
exploitants.
Elles sont à définir dans
un "programme d'action". A titre indicatif, le second programme d'action adopté
pour les anciennes zones vulnérables du département prescrivait
:
-
l'obligation d'équilibrer la fertilisation azotée et de ne pas épandre plus de
170 unités d'azote/ha provenant de matières organiques,
- l'obligation, pour
garantir cet objectif, d'établir un plan prévisionnel de fumure azotée et de
tenir un cahier d'épandage,
- l'obligation de respecter des périodes
d'interdiction d'épandage
- l'obligation pour les éleveurs de disposer de
capacités de stockage d'effluents permettant de couvrir les périodes
d'interdiction d'épandage,
- l'obligation de respecter certaines
prescriptions spécifiques : pas d'épandage de matières organiques sur sol gelé
ou sur sol à forte pente ou bien encore proche d'un cours d'eau.
Par ailleurs, la mise en place
de couverts végétaux intermédiaires, à l'automne, qui évitent la migration dans
la nappe de l'azote résiduel du sol, est vivement recommandée.
Les restrictions concernant l'accès à certaines aides à
l'investissement.
En zone vulnérable, les aides à l'investissement pour les
productions porcines et avicoles sont interdites même s'il n'y a pas
d'augmentation de capacité de production. Pour les productions porcines cette
interdiction est levée si l'exploitant est engagé en production biologique, dans
une démarche qualité homologuée par un signe officiel de qualité ou dans un
circuit court de commercialisation. L'interdiction est, en production avicole,
également levée s'il n'y a pas d'augmentation de capacité de production. Dans le
cas contraire, l'interdiction n'est levée qu'en cas de production
biologique.
En production de viande bovine, les aides à l'augmentation de
production ne sont autorisées, en zone vulnérable, que si l'exploitant intègre
une démarche qualité homologuée par un signe officiel de qualité.
Pour les éleveurs situés en zone vulnérable dont les
installations ne seraient pas aux normes et qui n'auraient pas adhéré au
programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole (Pmpoa) avant le 31
décembre 2002, toute aide publique à l'investissement sera interdite tant que
leur exploitation ne sera pas aux normes.
Le Pmpoa
A la suite d'un début de contentieux engagé par la
Commission sur ce programme qui avait démarré en 1993 et qui a permis, dans le
département de la Somme, d'aider 545 éleveurs à se mettre aux normes
(participations financières de l'Etat et de la Région au titre du CPER, du
département et de l'Agence de l'Eau), la France a, en 2001, négocié une profonde
réforme.
Il en résulte que le Pmpoa est désormais :
- principalement
réservé aux éleveurs situés en zones vulnérables
- réservé aux éleveurs ayant
déposé une déclaration d'intention d'engagement avant le 31 décembre 2002
-
complètement révisé pour ce qui concerne les investissements éligibles et les
taux d'aide.
Il doit
également être achevé (toutes décisions d'aides prises) avant le 31 décembre
2006
.
(Source Ddaf)
Le Conseil régional et le Conseil général
émettent un avis défavorable sur une délimitation de zones vulnérables dans la
Somme
Consultés sur la proposition du préfet de délimiter des zones
vulnérables dans la Somme, ces deux collectivités territoriales ont émis un avis
défavorable. Pour le Conseil général "cette mesure réglementaire aura pour
effet d'accroître les contraintes qui pèsent sur les activités agricoles et ne
reconnaît pas les efforts accomplis par la profession agricole".
En outre,
le Conseil général "estime arbitraire le découpage (Est et Nord Ouest du
département - ndlr) reposant davantage sur des considérations financières du
fait de l'insuffisance du budget prévu pour la miseaux normes des bâtiments
d'élevage, et non pas uniquement sur la prise en compte des préoccupations
environnementales".