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  10/3/2002
  Sanglier : la bête noire

Dans le département de la Somme, le problème des dégâts de sangliers n’est pas nouveau. Mais depuis deux ans, ceux-ci prennent souvent des proportions qui deviennent très inquiétantes

Patrick Objois, à Méricourt-sur-Somme. Il nous donne son témoignage.
 
"Le problème s'aggrave d'année en année. Les sangliers ne s'attaquent plus seulement aux parcelles de maïs en lisière de bois. Toutes les cultures sont touchées, et cela, qu'elles soient situées en bordure de bois ou au beau milieu de la plaine. Blé, pois, escourgeons, betteraves, maïs, etc. Tout est bon pour satisfaire l'appétit insatiable de cet hôte peu désirable, et cela malgré la pose des clôtures électriques. Ces clôtures n'ont d'ailleurs en rien changé les données du problème sanglier. D'une part, parce ce que leur entretien nécessite beaucoup de temps pour nous agriculteur. Surtout, quand pratiquement toutes vos parcelles sont clôturées. Pour moi, cela représente environ 15 kilomètres de clôtures à surveiller. Il est donc impossible d'être attentif jour et nuit à leur état. Dans ce cas, à la moindre faille du système - chevreuil qui c'est pris dans un fil, etc. - les sangliers en profitent pour investir la parcelle et commencer leurs quêtes de nourritures destructrices. D'autre part, cela complique considérablement le suivi cultural des parcelles équipées de ce système (perte de temps, bris de matériel etc.).
Certes ces dégâts sont indemnisés, mais l'indemnisation n'est pas du tout satisfaisante. Tant par la méthode d'évaluation que pour le montant de la compensation financière. Car comment voulez-vous juger l'étendue véritable des dégâts dans une culture avant même sa récolte. Le système actuel nous impose de déposer notre déclaration 10 jours avant la date d'enlèvement de la récolte. Alors, parce que l'on aura déposé sa déclaration, les sangliers vont aller comme par enchantement se nourrir ailleurs pendant les 10 jours qui précèdent la récolte ? Bien souvent on découvre sur la machine, au moment de la récolte, d'autres dégâts qui n'ont pas été vus pas l'estimateur.
Enfin, après avoir estimé de manière approximative ces dégâts, vient le problème du prix. La Fédération des chasseurs nous indemnise sur la base d'un tarif très inférieur au prix que l'on aurait pu obtenir en vendant sa récolte à la coopérative ou à un négociant. Sachant que sur cette somme en décalage avec la réalité économique, on va encore nous prélever une somme forfaitaire de 5% pour on ne sait quelles raisons. De surcroît, comme si cela ne suffit pas, on va nous imposer des délais de paiement à rallonge. On est en face d'un réel problème de surpopulation. Quant une espèce animale menace tout un équilibre écologique et la pérennité de certaines exploitations agricoles, il est urgent d'intervenir. Arrêtons les beaux discours pour des actions concrètes, qui permettront à tous, agriculteurs, chasseurs et sangliers de cohabiter".
Propos recueillis par Laurent Janocka
 
 
INDEMNISATION / LE PRIX DU BLE FIXE à 61 F/QL
 
Comme tous les ans, la commission départementale d'indemnisation des dégâts de grand gibier (1) s'est réunie afin de fixer les prix d'indemnisation des céréales. En donnant ses propositions de prix, la Fédération des chasseurs a spécifié qu'il s'agissait de la fourchette maximale fixée par la commission nationale et qu'elle ne pourrait donc aller outre. Le représentant de la Fdsea, Gilles Dhiers, s'est tout de suite élevé contre ce procédé, estimant que les prix proposés ne correspondaient en rien aux cours réels du marché. "Les prix dictés par la commission nationale ont été fixés le 24 juillet dernier au moment où le marché était au plus bas. Or, depuis les cours ont fortement progressé", a-t-il argumenté.  "La Fédération des chasseurs se base sur le prix d'acompte, a-t-il poursuivi. Or, chacun sait que des compléments s'y ajoutent en cours ou en fin de campagne. Depuis quelques années, ces compléments tournent autour de 10 F le quintal, mais on peut augurer qu'ils seront plus élevés cette campagne étant donné le faible montant de l'acompte".

Gilles Dhiers a d'autre part rappelé qu'un abattement de 5% est pratiqué et que souvent l'agriculteur s'aperçoit au moment de la récolte que les dégâts sont plus importants que ce qu'il a déclaré. Il a fait aussi observer que de nombreux agriculteurs ne sont plus indemnisés à cause du relèvement de la franchise de 150 à 500 F. 
   
Pour toutes ces raisons, le représentant de la Fdsea s'est donc opposé fermement au prix d'indemnisation proposé. Gilles Dhiers a par ailleurs déploré que la population de sangliers ne cesse de croître dans le département et de causer davantage de dégâts. En 1990, les chasseurs ont prélevé 180 sangliers, dix ans plus tard c'était 1 466 et il est prévu d'en prélever 2 000 en 2003 ! Dans certains secteurs du département l'équilibre agro-sylvocynégétique n'est plus respecté.

Face à l'opposition de la profession agricole, le directeur de la Ddaf a proposé aux membres de la commission de se prononcer par vote. Le prix de 61 F le quintal a été approuvé à l'unanimité moins une voix, celle du représentant de la Fdsea.
Odile Dalle
 
(1) Participent à cette commission : le directeur de la Ddaf, des représentants de la Fédération des chasseurs, des intérêts agricoles et sylvicoles, de l'Office national de la chasse et de l'Office national des forêts.
 
BAREME DU PRIX UNITAIRE DES DENREES
 
Blé tendre  61,00 F  - 9,30 euros
Orge de mouture  55,00 F - 8,40 euros
Orge de brasserie de printemps 75,76 F - 11,55 euros
Orge de brasserie d'hiver 59,95 F  - 9,14 euros
Avoine 68,88 F - 10,50 euros
Triticale 55,00 F -  8,40 euros
Seigle 55,00 F  - 8,40 euros
Colza alimentaire 137,75 F - 21,00 euros
Colza diester 131,19 F-  20,00 euros
Pois 82,65 F  - 12,60 euros
Féveroles 75,76 F  - 11,55 euros
 
Pour toute autre céréale spécifique, y compris les cultures "bio", l'agriculteur doit produire le contrat et les justificatifs de paiement correspondants.

Source : FNSEA
Theme : Autre

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