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  10/10/2002
  RACHAT DE BEGHIN SAY : LE PROJET REEXPLIQUE AUX PLANTEURS D'ABBEVILLE

Sdhf (Sucreries et distilleries des Hauts de France) et l’Asbs (Association syndicale betteravière de la Somme) ont organisé, à l’intention des planteurs d’Abbeville, quatre réunions complémentaires d’information sur le rachat de Beghin Say. Au cours de ces réunions, les responsables des deux structures ont répondu aux nombreuses questions des planteurs, sur le fond du dossier mais aussi sur des aspects plus concrets. Retour sur les principales réponses apportées lors de la réunion de Poix.

Quel est l'avenir du règlement sucre : quotas et prix ?
Jusqu'en 2011, on n'a pas trop a craindre du côté du règlement sucre. Les quotas devraient être maintenus. Une baisse du prix est néanmoins possible, mais dans quelle mesure ? Le montage de la reprise des usines d'Abbeville et Pont-d'Ardres par Sdhf a tenu compte d'une baisse plausible de 2,5 %. En tout état de cause, quelle que soit la baisse, le système coopérateur devrait, grâce à ses compléments de prix, être plus avantageux pour le producteur que le privé
.
Pourquoi est-on obligé d'engager 100 % de son quota ?
D'abord, parce qu'on ne peut pas être coopérateur qu'a 50 %. L'engagement de l'ensemble de la récolte est statutairement obligatoire, sauf pour les planteurs mixtes qui s'engagent au prorata de leur quota notifié par Abbeville.
Ensuite parce qu'on a besoin de l'adhésion d'un maximum de quota pour que l'opération globale de rachat de Beghin-Say soit réalisable.

Il y a aura-t-il un engagement suffisant des planteurs ?
Sur l'usine de Chevrière, 80 % du quota est prêt à s'engager. Le projet de Sdhf étant plus "intéressant" puisque les planteurs seront coopérateurs dès la première année, il n'y a donc aucune raison pour qu'ils ne souscrivent pas.
 
Que va devenir la Sica Pulpic d'Abbeville ?
Sdhf va racheter la Sica et remboursera ensuite les parts sociales aux actuels détenteurs. Il proposera à tous les adhérents de la Sica de racheter leurs parts sociales à la valeur nette comptable, qu'ils soient ou non adhérents de la coopérative d'Abbeville.
Les deux entités existantes sont à priori rentables. Mais Béghin et Sdhf réunis le resteront-ils ?
Il est bien entendu impossible d'augurer de l'avenir du futur groupe. Mais, puisque les hommes restent en place (notamment à Abbeville), que la volonté de réussir est grande, que le secteur du sucre est fiable et que les outils sont compétitifs, on ne peut qu'attendre de bons résultats.
Pendant cette période transitoire de 5 ans, les coopératives d'Abbeville et de Pont-d'Ardres auront chacune un administrateur à Sdhf, plus un stagiaire.
 
Qu'en est-il des débouchés non-alimentaires ?

Si le marché du non-alimentaire se développe, les coopérateurs de Sdhf en profiteront.
 
Quel sera le fonctionnement de la coopérative d'Abbeville ?
Abbeville deviendra une coopérative d'apport, gérée comme toutes les autres, avec par conséquent un conseil d'administration désigné en assemblée générale. Elle aura une durée de vie de 5 ans, avant d'être intégré au groupe Sdhf.
Par contre la société anonyme constituée des deux usines et nécessaire pour le rachat sera dissoute au bout de 18 mois (environ).
 
L'actuel planteur de Sdhf engage-t-il des fonds dans l'opération ?
Oui, en investissant 120 millions d'euros dans le rachat, somme qui constitue actuellement la "réserve" de la coopérative Sdhf.
 
Simon Huet
 
 
Trésorerie et économie de charges : les conséquences du rachat
 
Lors de ces réunions (voir ci-contre), les responsables de Sdhf ont présenté une simulation des conséquences du rachat pour un planteur, tant au niveau de sa trésorerie que des économies de charge (impôt et MSA). Voici en quelques chiffres cette estimation, qui peut-être légèrement différente de celle présentée parce que nous sommes partis sur des hypothèses différentes. 
en compte courant et de l'intérêt (43 – 6,44 – 0,58)  35,98
Remboursement du 1/5 en compte courant 6,44
Intérêt de compte courant  (moyenne des 5 années) 0,58
Complément de prix  3,00
Avoir fiscal 0,75
Soit un total de  46,75
 
Le complément  de prix  et l'avoir fiscal dépendent de la décision du conseil d'administration. Néanmoins, l'hypothèse est réaliste et raisonnable puisqu'elle est inférieure à ce qu'ont touché les adhérents de Sdhf depuis 5 ans et que les plans de financement permettent son versement.
Le planteur devra par ailleurs rembourser l'emprunt correspondant à l'achat de parts sociales et l'avance en compte courant.
Le montant du remboursement est de 8,11 euros par tonne sur la base d'un prêt en 5 ans au taux de 4,65 %. Il se décompose en 6,98 euros de remboursement de capital, et 1,13 euro en intérêt moyen sur 5 ans.
En l'espèce, la trésorerie sera de  (en eutos/t)
 
Recettes 46,75
Annuité - 8,11
Recette disponible 38,64
 
Par rapport à l'année précédente, la planteur devra supporter un déficit de trésorerie de 4.36 euros par tonne ( 43 euros - 38.64 euros)
 
Par contre, il pourra réaliser une diminution de son impôt sur le revenu  et de ses charges sociales .
 
 
Au cours de la campagne 2003/2004, et les quatre suivantes, le planteur ne sera pas imposé sur la totalité de ces recettes provenant de la sucrerie. En effet, l'avance en compte courant remboursée chaque année n'étant pas un produit d'exploitation, elle ne sera pas soumise à l'impôt sur le revenu ni aux charges sociales. En l'espèce, sur la recette de 46,75 ¤/tonne, 6,44 euros ne seront pas imposable.
Prenons l'hypothèse d'une tranche marginale de l'impôt (1) à 19,74 % et de 28 % pour les charges sociales.
 
Base de calcul : 6,44 (remboursement du compte courant) + 1,13 (intérêt du prêt) = 7,57 euros
   soit  7,57 euros x 28 % = 2,11 euros en charges sociales
           7,57 euros x 19,74 % = 1,49 euros en impôt
 
 
(1)  tranche d'imposition pour trois parts et des revenus allant de 24 726 euros  (162 190F) à
43 518 euros (285 460F).
 
L'impact sur le revenu est donc le suivant(en euros/t)
 
Recettes disponible                           38,64
Incidence de l'impôt sur le revenu  +  1,49
Incidence des charges sociales      +  2,11
                                                        42,24
 
La recette ainsi que les "gains" en impôt et MSA ramènent la tonne de betteraves à 42,24 soit 0,76 euros de moins que le prix interprofessionnel estimé dans notre exemple à 43 euros/t.
 
Stéphane Lefever
 
 
 

Source : FNSEA
Theme : Autre

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