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  20/5/2011
  Sécheresse : le département se mobilise


Aucune des prévisions météorologiques laissant espérer la pluie n’a tenu ses promesses depuis trois semaines, et c’est à chaque fois une chance de moins de voir les situations se rattraper.

Dans ces conditions, la Fdsea et les Jeunes Agriculteurs ont réuni l’ensemble des organisations professionnelles agricoles cette semaine pour dresser un tableau complet de la situation, et organiser les réponses à apporter aux agriculteurs.

 

L’élevage, des possibilités d’action

 D’une manière générale, et en témoignent les sondages faits auprès des présidents cantonaux de la Fdsea, les dégâts sur les cultures sont vécus avec une forme de résignation, voire d’impuissance, malheureusement bien légitime au regard des conditions climatiques.

Cependant, la capacité d’intervention existe encore pour trouver des palliatifs aux déficits fourragers. L’urgence porte avant tout sur l’anticipation des besoins des éleveurs, sur la base de bilans fourragers. Si les conseillers des différentes structures, chambre d’agriculture et ELC3 notamment, proposent régulièrement cette prestation, un accent sera particulièrement mis sur ces éléments au cours des prochaines semaines, auprès des éleveurs laitiers et allaitants.

Dans la gradation des priorités, l’urgence est d’autant plus grande pour les systèmes fourragers les plus dépendants de l’herbe. CER France Somme aide au repérage de ces cas type, un axe de travail spécifique leur sera consacré.

Concernant les systèmes davantage basés sur le maïs, il faudra attendre encore quinze jours pour appréhender au mieux le potentiel de cette culture cette année.

 

Produire de nouvelles références

La situation actuelle modifie les habitudes, que ce soit en conduite de troupeaux et en logique d’alimentation. Pour s’assurer de faire de bons choix d’adaptation, des références vont être réactualisées et diffusées aux éleveurs permettant chacune d’influer sur l’équilibre entre besoin des animaux et disponibilités fourragères, et ce sur la période allant de ce printemps jusqu’à la mise à l’herbe 2012. Ensilage de céréale immature, nourriture des génisses sur une base de paille, décalage d’insémination, cultures dérobées… autant de pistes à explorer pour en mesurer la faisabilité et la pertinence sur chaque exploitation.

 

CIPAN ou cultures dérobées

 La moisson qui s’annonce exceptionnellement précoce peut permettre de revoir l’interculture. Avec de surcroît l’obligation de couverture hivernale en zone vulnérable, la possibilité de mettre à profit l’interculture pour produire un complément fourrager, certes, à condition que ces cultures puissent lever… Dès lors, là encore, de nouvelles questions apparaissent : quelles sont les espèces les plus appropriées compte tenu des objectifs de l’éleveur et des périodes de semis/récolte/retournement ? Y a t- il des conséquences réglementaires ou des dispositions à prendre ? Pour la première question, la chambre d’agriculture apportera des éléments dans l’Action Agricole Picarde dès la semaine prochaine, et la Fdsea sur la seconde.

 

Redéfinir les barèmes et les conditions

 Les contacts sont déjà nombreux pour se fournir en paille notamment, entre céréaliers et éleveurs. Pour permettre aux différentes parties de prendre position, la Fdsea a réuni ses commissions pour actualiser les barèmes des pailles et fourrages (voir ici). Par ailleurs, compte tenu de la situation, l’accent est mis sur les échanges paille fumier qui ont au moins l’intérêt d’éviter les mouvements de trésorerie, et de préserver le potentiel humique et fertilisant des terres. La base usuelle de discussion est le un pour deux (une tonne de paille contre 2 tonnes de fumier). Les marges de discussion portent sur les services annexes (enlèvement, épandage, distance…).

 

 Organiser la mise en relation

 La paille demeurant une denrée précieuse pour les éleveurs et mobilisable dans le département, la Fdsea lance une opération de mise en relation. Les offreurs et demandeurs peuvent renvoyer leurs éléments au service syndical (fax 03 22 53 30 51, mail  secheresse2011@fdsea80.fr  ou directement ici).

 Ils seront recontactés pour préciser leurs demandes ou mises à disposition, et mis en relation les uns avec les autres.

La Fdsea établit par ailleurs un contrat type d’achat/vente de paille en andain, ainsi qu’un guide des bonnes pratiques entre vendeur et acheteur pour appuyer les contrats qui seront passés.

 Par ailleurs, des contacts sont pris avec les industriels concernés pour envisager la valorisation des fanes de pois verts, mais là, avec une organisation plus forte des travaux de récolte. Selon les distances à parcourir et les souhaits des uns ou des autres, les ETA et les Cuma seront à leur tour sollicitées dans les jours à venir.

 

 Communiquer régulièrement

 Tous ces éléments feront l’objet d’une communication chaque semaine dans l’Action Agricole Picarde : références techniques, solutions culturales, aspects réglementaires, témoignages, recensement… un plan de communication permettra à chacun d’avoir une information cohérente pour l’aider dans ses choix.

 Par ailleurs, les conseillers de l’ensemble des organisations agricoles, conseil, service, coopératives seront autant d’interlocuteurs vers qui on peut se tourner. La situation va générer bon nombre de questions et c’est la coordination de tous qui permettra de produire chez chacun les bonnes réponses. Un principe fort que défendent la Fdsea et les Jeunes Agriculteurs.



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