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départements français étaient visés par des mesures de restriction d’eau au 10
mai en raison de la sécheresse que connaît la France depuis plusieurs semaines,
selon le ministère de l’Ecologie. Les rendements de la première coupe de
fourrage ont chuté de 30 à 50 %, indique la Fnsea. Les faibles pluies et les
températures élevées devraient se poursuivre et dégrader aussi le potentiel des
prairies dans de nombreuses régions. En outre, les rendements risquent de
baisser et les disponibilités de paille d’être faibles dans les régions
céréalières car les récoltes sont en pleine formation, comme en blé, orge ou
colza. Alertée par son réseau sur les pénuries de fourrage que rencontrent
nombre d’éleveurs souffrant déjà de graves difficultés économiques, la Fnsea a
décidé d’interpeller le gouvernement. Dans un courrier daté du 10 mai et adressé
à Bruno Le Maire, son président, Xavier Beulin, demande au ministre de
l’Agriculture de mettre en oeuvre "très rapidement (…) l’autorisation de
récolter le couvert des jachères et d’y faire pâturer les animaux".
Urgence
Cette
utilisation des jachères équivaut à une dérogation des règles d’entretien
minimal des terres fixées dans le cadre de la conditionnalité des aides PAC.
L’interdiction de fauchage des jachères est normalement fixée pour une période
de 40 jours consécutifs compris entre le 1er mai et le 15 juillet. Le président
de la Fnsea précise aussi que cette autorisation "doit rester sans incidence"
sur la prise en compte des jachères "comme particularités topographiques ou
comme bandes tampons". Une autre solution consisterait à laisser les
agriculteurs déclarer leurs surfaces gelées en prairies temporaires, mais la
Fnsea ne la retient pas.
Xavier
Beulin explique au ministre de l’Agriculture dans sa lettre qu’"au-delà de la
"paperasserie" inutile et incompréhensible" qu’elle génèrerait, cette procédure
"risque de freiner les agriculteurs spécialisés en grandes cultures dans la mise
à disposition de leurs jachères". Or il y a urgence, souligne la profession
agricole.
Les
départements touchés par les restrictions d’usage de l’eau les plus importantes,
l’irrigation agricole étant concernée, sont ceux de la région Poitou-Charentes.
Les prélèvements d’eau d’origine agricole y sont parfois réduits d’au moins 50
%. Mais des départements comme la Vendée, la Dordogne, le Lot, l’Oise, le Doubs,
le Rhône, l’Isère ou la Nièvre sont concernés également.
Dans
plusieurs régions, les précipitations du mois d’avril ont été inférieures de 80
% par rapport à la normale.
Tension
inflationniste sur les marchés
Cette
sécheresse de printemps atypique s’est installée sur toute l’Europe du Nord et
pourrait durer de "quelques semaines" à "quelques mois", selon l’Organisation
mondiale de la météorologie. Alors que le coût de l’alimentation animale a
grimpé ces douze derniers mois, la prévision de faibles bilans de récolte en
raison de la sécheresse fait craindre des cours durablement élevés sur les
marchés céréaliers. La société Agritel de gestion du risque des prix explique
aussi que des éleveurs "se voient contraints d’entamer d’ores et déjà des
réserves fourragères, normalement utilisées uniquement à
l’automne"