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  31/1/2011
  Un millier d’éleveurs de porcs sur la pelouse des Invalides à Paris


Succès pour la mobilisation des producteurs de porcs à l’appel de la FNP, des Fdsea et des JA le 26 janvier à Paris et avec le soutien de la Fnsea. Venus du Grand Ouest, mais aussi des autres régions de France, ils étaient plus d’un millier à s’être rendu sur la place des Invalides à Paris. A un jet de pierre de l’Assemblée nationale, ils entendaient interpeller les parlementaires sur les graves difficultés auxquelles ils sont confrontés. Quatre ans de crises ont épuisé leurs trésoreries. Aujourd’hui les producteurs font face à de nouvelles hausses des coûts de production alors que les précédentes n’ont pas été répercutées dans les prix de vente.

Conséquence de la flambée du prix des céréales, le coût de production s’établit actuellement à 1,55/1,60 €/kg de carcasse, pour un prix moyen du porc commercialisé de 1,25/1,30 €/kg de carcasse. Soit une perte de 25 à 30 € par porc, estime Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine. Et la situation risque de s’aggraver encore avec l’annonce de nouvelles augmentations de 30 à 40 €/t sur le prix de l’aliment.

A cela est venu s’ajouter depuis quelques semaines la crise de la dioxine en Allemagne qui a plongé le marché européen de la viande porcine dans une nouvelle tourmente. Les prix allemands ont perdu 0,36 €/kg en quelques semaines. Jusqu’à présent la filière française a résisté à la contagion allemande. Jusqu’à quand ?

La présence massive des éleveurs à Paris signifiait clairement que les industriels et les distributeurs devaient jouer la carte française. A savoir la mise en place "immédiate" de la mention d’origine conformément à l’accord interprofessionnel du 15 décembre dernier et l’affichage du logo VPF sur tous les produits répondant au cahier des charges. Il était prévu que ces dispositions se mettent progressivement en place dans le courant du 1er semestre 2011, mais Jean-Michel Serres entend accélérer le processus pour échapper à la pression allemande. Les Belges ont adopté la même démarche : ils encouragent les consommateurs à acheter national.

La FNP plaide également pour le déclenchement rapide d’un stockage privé qui permettrait d’alléger le marché. "Mais avec l’obligation d’exporter" insiste le président de la FNP pour ne pas retrouver sur le marché communautaire dans quelques semaines ou quelques mois les viandes qui ont été retirées. Bruxelles n’exclut pas la première mesure, mais se refuse à imposer la seconde.

Le soutien des parlementaires

 Au-delà des mesures urgentes de soutien du marché, la FNP plaide pour la mise en œuvre "d’une année blanche" pour tous les éleveurs. C'est-à-dire le report en fin de tableau d’amortissement des annuités de remboursement.

Message reçu par la représentation nationale. Les éleveurs réunis à Paris ont reçu le soutien d’un certain nombre de députés. Et notamment de Marc Le Fur, le député des Côtes d’Armor à l’origine de l’amendement sur les installations classées. Lors de la séance des questions orales, mercredi après-midi, il devait interpeller le ministre de l’Agriculture sur la détresse des éleveurs et les moyens d’y faire face.



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