Chaque année, à l’heure des
déclarations PAC, notre Fdsea est tiraillée entre plusieur
s
tendances. Faut-il communiquer sur la PAC ou ne le faut-il pas ?
Communiquer, c’est véhiculer des
informations dont on sait pertinemment qu’elles sont compliquées, contraignantes
voire parfois tout simplement idiotes. Et on ne le sait d’autant plus que dans
les mois qui ont précédé, nous avons, dans chaque Fdsea et dans tout le réseau
jusqu'à la
Fnsea, débattu et combattu ces mêmes réglementations face aux
pouvoirs publics, chacun à son niveau.
Alors, est-ce que communiquer revient
à cautionner ? Non, certainement pas, et c’est même tout le
contraire ! Nous avons observé ce qui se passe lorsqu’on pratique
la politique
de la chaise vide. C’est simple, le conseil
« parapluie » se met en place ! Chaque conseiller va donner
l’interprétation sécurisante de la réglementation et s’il garantit à
l’agriculteur une certaine tranquillité, cette tranquillité a un prix et on doit
le peser. J’en prends pour exemple l’interprétation sur les cultures
industrielles et les bandes enherbées en 2009 : hors des cours d’eau, pour
limiter les surfaces à implanter en bandes enherbées, on devait implanter des
cultures industrielles. Deux modes de calcul existaient pour déterminer
la part de
cultures industrielles, et dès lors qu’un agriculteur respectait le plus bas des
deux seuils, il était tranquille. C’est la Fdsea de la Somme qui avait fait valider cette interprétation
par la Ddaf, qui
ne la pas
contredite. Et cette souplesse représentait une surface de l’ordre de 2 à 3% de
la SAU sur
laquelle on pouvait choisir la
culture ou le débouché. A 100 € par hectare,
de marge supplémentaire sur ces surfaces, ceux qui ont choisit de nous faire
confiance, ont gagné 200 ou 300 € pour 100ha de SAU, soit quasiment leur
cotisation syndicale. Le conseil « parapluie » consistait à dire aux
agriculteurs « mettez en un peu plus, et vous serez tranquille, le résultat
est double : d’un côté, ces agriculteurs ont perdu directement sur leur
exploitation, et de l’autre, notre département collégialement est allé au delà
de l’exigence réglementaire. Une double aberration. Cet exemple parmi d’autres
nous incite à nous réaffirmer sur le sujet de la PAC, car il ne suffit pas de combattre, de
discuter ou d’améliorer les réglementations pour avoir rempli notre
mission : il faut plus que jamais le faire savoir !
Car à quoi négocier et obtenir une
avancée, si personne ne l’utilise ! C’est pour cela qu’au travers cette
lettre à l’adhérent, nous vous proposons de trouver des points de repères
réglementaires fiables établis par nos conseillers spécialisés, qui animeront
par ailleurs les 6 réunions d’information relative à la PAC.
Soyez certains que leur compétence à
vous renseigner dans ce document, ou dans les pages pratiques de l’Action
Agricole Picarde, ils la déploient avec la même application et la même énergie tout au long
de l’année pour défendre, avec vos élus, les mêmes dossiers et les mêmes
problématiques.
Communiquer, même sur une
réglementation que l’on combat, cela fait partie de notre devoir
syndical.
A vos
côtés.
Laurent
Degenne
Président de la
Fdsea