Les discours et la réalité ! 
Entre les discours d’intention et la réalité du terrain, le fossé est tel
que le monde agricole est en droit de douter des réelles intentions de nos
dirigeants. Premier exemple : l’assurance récolte. Chacun s’accorde à y voir une
piste pour stabiliser les à-coups des revenus après 2013. Au final, l’Etat ne
réassure pas à la hauteur nécessaire, et pour les agriculteurs le système est
brouillon : la grande majorité a perçu l’aide à l’assurance récolte sans la
moindre explication et quelques dizaines n’ont rien perçu à ce jour, suite à des
contrôles administratifs sur lesquels aucune administration locale n’a
d’information. Ces agriculteurs, non seulement on ne les prévient pas, mais une
fois de plus, on ne leur verse rien, selon le principe vicieux qui laisse croire
que tout agriculteur contrôlé est coupable. Autre exemple, les aides du second
pilier : l’Etat nous le présente comme vecteur de la ruralité et demande aux
agriculteurs de s’y engager massivement. Sur tous les dossiers déposés au 15 mai
2010, à peine un tiers sont versés à ce jour, et le reste devrait arriver dans
la semaine des 4 jeudis. Pas de quoi inciter de nouveaux candidats au 15 mai
prochain… Enfin, toutes les têtes bien pensantes mettent en avant les bienfaits
de l’élevage pour les équilibres territoriaux et pour substituer les engrais
organiques aux engrais chimiques. Soit. Mais quand il s’agit de rediscuter les
règles des directives nitrates, sur quoi tape-t-on en premier ? Sur les
effluents d’élevage ! De quoi décourager plus d’un éleveur et de quoi dissuader
tous les agriculteurs de recourir à des engrais organiques ! L’Etat doit
comprendre que si les agriculteurs sont perdus, désabusés et méfiants, il en est
en grande partie responsable. Qu’il fasse coller les actes aux discours, et le
fossé se réduira peut-être !
Christophe Buisset Président de la FRSEA
Picardie