Plan
de soutien : à consommer…avec prudence

Le président de la
République veut aller vite. Très bien. Son plan de soutien à l’agriculture
annoncé le 27 octobre entre dans sa phase opérationnelle. Dans l’urgence, les
services du ministère sont sommés d’imaginer des mécanismes pour que les
dossiers soient traités dans les meilleurs délais, et c’est ainsi que les fonds
attribués à la bonification des prêts seront consommés au fur et à mesure que
les dossiers seront remplis. Premier arrivé, premier servi, en quelque sorte !
Quand on sait qu’il n’y a pas de quoi traiter en tout 300 dossiers de prêts, on
s’interroge sur le bon sens d’une telle organisation. Par ailleurs, je suis tout
de même un peu méfiant : un prêt de trésorerie ou de consolidation, c’est une
énorme bouffée d’oxygène immédiate, mais c’est aussi une échéance supplémentaire
pour les cinq ans à venir. En démarrant en 2011, on finira de rembourser en
2015, ce qui fera passer deux réformes de la PAC… attention au retour de bâton !
La seule et véritable urgence pour l’agriculture, c’est de retrouver de la
compétitivité, et pour y parvenir la loi de modernisation dont on parle tant
sera sans doute plus importante que le plan de soutien à l’agriculture, tout
comme les discussions pour la PAC d’après 2013 qui démarrent en début d’année.
Gageons que l’Etat français aura autant d’énergie à renforcer dans les textes
son agriculture qu’il n’en a pour la rapiécer en quelques
semaines…